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DE CHIMIE

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TOME PREMIER.

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BROWN COLLECTION È 2 DE 7 | |

ÉLÉMENTAIRE E CHIMIE, PRÉSENTÉ DANS UN ORDRE NOUVEAU ET D'APRÈS LES DÉCOUVERTES MODERNES;

Avec Figures :

Par M. LA FOISIER,; (ge l'Académie des Sciences, de la Société Royale de Médecire, des Sociétés. d'Agriculture de Paris & d'Orléans , de la Société Royale de Londres | de l'inflirur de Bologne ; de la Société Helyérique de Bafle , de celles de Philadelphie, Harlem , Manchefler 3 Padone , Gc. ;

TOME PREMIER

\ «( Chez CucuerT, Libraire 5 rue & hôtel Serpeñte, , | D: PODECLEXXVEX | Rss de Privilège de l Académie des Sciences & de La Le Rs wSovieré Royale de Médecine. / Tes A: ] dE L

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DISCOUR'S

PRÉLIMINAIRE.

| J E n’avois pour objet forfque j'ai entre- pris cet ouvrage, que- de donner plus de CÉSAR NPRE au Mémoire que jai lu . à dla éance publique de l’Académie des Sciences du mois d'Avril 1787, fur la néceflité de réformer & de perfettionner la Nomenclature de la Chimie.

C’eft en m'occupant de ce travail, que

jai mieux fenti que je ne l’avois encore fait jufqu'alors , l'évidence des principes

_ qui ont.été pofés par l'A de Condillac

dans fa logique, & dans quelques autres de fes ouvrages. Il y établit que sous ne

penfons qu'avec le fécours des mots ; que les langues font de véritables méthodes ana-

lyriques ; que l'algèbre la plus Ji impie , da

plus exaële & la mieux GAspte a Jon

objet de toutes les manières de s'énoncer.s,

ef à-la- -fois. une langue & une mérhode au.

vi Drscours analytique ; enfin que l'art de. raifonner fe réduit & une”langue bien faire, Et en effet tandis que je croyois ne m'occuper que de Nomenclature , tandis que je n’a- vois pour objet que de perfeétionner le langage de la Chimie, mon ouvrage s'eft transformé infenfiblement entre mes mains , fans qu'il n'ait été poflible de m'en défendre , en un Traité élémentaire de Chimie.

L'impofhbilité d'ifoler Îa SOnect. ture de la fcience & la fcience dela Nomenclature , tient à ce que’ toute fcience phyfique eft néCeffairement formée de trois chofes : la férie des faits qui conftituent la fcience; les idées qui les rap- pellent ; les mots qui les expriment. Le mot doit faire naître l'idée ; l’idée doit peindre le fait: ce font trois empreintes d'un même cachet; & comme ce font les mots qui confervent les idées & qui les tranfmettent , il en réfulte qu'on re peut perfectionner le langage fans perfec- tionner la fcience ,' ni la fcience fans le fangage,& que élue certains que fuffènt

DSi

PRÉLIMENAIRE. vi les faits, quelque juftes que fuflent les idées qu'ils auroient fait naitre, ils ne tranfmettroient encore que des impref- fions faufles, fi nous n'avions pas des expreflions exaétes pour les rendre:

La:première partie de ce Traité four- _nira à ceux qui voudront bien le méditer, des preuves fréquentes de ces vérités; mais comme je me. fuis-vu forcé d'y fui- vre un ordre qui diffère effentiellement de-celui. qui a été adopté jufqu'à préfene dans tous les ouvrages de Chimie, je dois compte des motifs qui.:m'y ont dérerminé.

C'eftunprincipe bien conftant, & dont la généralité eft bien reconnue dans les mathématiques, comme dans tous les -genres:.de.connoifflances , que nous ne pouvons |procéder pour nous-inftruire , que du,connu à l'inconnu. Dans notre prémière enfance nos idées viennent de nos-befoins ; la fenfation de nos. befoins fait naître. l'idée des :objets propres à les fatisfaire ,1&-infenfiblement par une fuite -de fenfations, d'obférvations &. d’ana- _<lyfes, il fe forme une génération fuc- ai

vii] E Dir SEC OURS ceflive d'idées toutes les unes aux

autres ,.dont un obfervateur attentif: peut

même es à un certain point, retrouver Le fil & lenchaïinement, & qui conftituent Tenfemble de ce que nous favons. Hone nous nous livrons pour la première fois à l'étude d'une fcience , nous fommes par rapport à cette fcience, dans un état très-analogue à celui dans

lequel font les enfans , & la marche que

nous avons à fuivre eft précifément celle que fuit la nature:dans la formation de

deurs-idées. De même que dans l'enfant

l'idée eft un effet de la fenfation, que

c'eft la fenfation qui fait naître l'idée ; de même aufli pour celui qui commence à, fe livrer à l'étude. des fciences phyfiques, es idées ne doivent être qu'une-confé-

quence , une fuite immédiate d'une-ex- périence ou -d'une-obfervation.

Qu'il me foit permis d'ajouter que celui quientre dans la carrière des fciences, eft dans une fituation moins avantageufe que l'enfant même qui acquiert fes pre- mières idées ; fi Fenfant s'eft trompé fur

PRÉLIMINAIRE. 1x

les effets falutaires ou nuifibles des objets qui l'environnent, la nature lui donne des moyens multipliés de fe re&ifier, À chaque inftant le jugement qu'il a porté fe trouve redreflé par lexpérience. La privation ou la douleur viennent à la fuite d’un jugement faux; la jouifflance & le plaifir à la: fuite ‘d’un jugement jufte. On ne tarde pas avec de tels maîtres à devenir conféquent, & on raifonne bientôt jufte quand. on ne peut raifonner autrement fous peine de privation ou de fouffrance,

» Il n'en eft pas de même dans l'étude “&cidans Îa pratique des fciences ; les faux jugemens que nous portons , wintéreffent ui notre exiflence, ni notre bien-être ; aucun intérêt phyfque ne nous oblige Inous: rectifier: l'imagination au con- trairesquitend à nous porter continuel- lement au-delà du vrai; lamour-propre & la confiance en nous-mêmes, qu'il fait f bien nous infpirer , nous follicitent à tirer des conféquences qui ne dérivent pas-immédiatement des faits : en forte que nous fommes ‘en quelque façon intéreflés

x Drscouvers

à nous féduire nous - mêmes. Il nef donc pas étonnant que dans les fciences phyfiques en général, om'ait fouvent fuppofé au lieu de conclure ; que les fuppofitions tranfmifes d'âge en âge, foient devenues de plus en plus impoñfantes par le poids des autorités qu'ellesontacquifes, & qu’elles ayent enfin été adoptées & regardées comme des vérités fondamenta- les ; même par de très-bons efprits.

Le feul moyen de prévenirces écarts, confifte à fupprimer ou au moins à fim- plifier autant qu'il eft poffible le raifon- nement, qui eft de nous & qui feul peut nous égarer 3 à le mettre continuellement à l'épreuve de l'expérience ; à ne confer. ver que les faits qui ne font que des don- nées de la nature , & qui ne:peuvent nous tromper ; à ne chercher la vérité que dans lenchaînement naturel des expériences & des obfervations , de la même manière que les Mathématiciens parviennent à da folution d’un problème par le fimple ar- tangement dés données, & en :réduifant le raifonnemenñt à des opérations fi: fim-

PRÉLIMINAIRE. x ples , à des jugemens fl'courts, qu'ils ne perdent j jamais de vue l'évidence qui leur fert de guide. :

Convaincu de ces vérités, je me fi impofé la loi de ne procéder jamais que du connu à l'inconnu ,; de ne déduire aucune conféquence qui ne dérive immé. -diatement des expériences & ‘des obfer- vations , & d’enchaïner les faits & les vé- rités chimiques dans l’ordre le plus pro- “pre à en faciliter l'intellisence aux com. mençans. Îlrétoit impoflible qu'en m'aflu- jétifanr à plan , je ne m'écartaffe pas des routes ordinaires, C'eft en effet un défaut commun à tous les cours & à tous Les traités de Chimie , de fuppofer dès les prémiers pas des connoïffances que l'Elève ou le Leëteur ne doivent acqué- tir que dans les leçons fubféquentes. On commence dans prefque tous par traiter “des: principes des CÉCES Rp rpliques Ja table des affinités, fans s'appércevoir qu’on eft obligé de Dar en revue dès le pre- “mier jour: les principaux phénomènes de.

He Chimie, de fe fervir d'expreflions qui

xi Dr sc trs nont point été défiñies, & de fuppofer la fcience acquife par ceux auxquels on fe propofe de l'enfeigner. Aufli eft - il .Feéconnu. qu'on n'apprend que peu de chofe dans un premier cours de Chimie ; qu'une : année fufhit à peine pour familiarifer l'o- .reille avec le langage , les yeux avec les appareils , & qu'il eft prefqu'impoffible de former un Chimifte en moins de trois ow. quatre ans.

Ces inconvéniens tiennent moins à a nature des chofes qu'à la forme de fFenfeisnement, & c'eft ce qui m'a dé- terminé à donner à la Chimie une mar- che qui me paroît plus conforme à celle de la nature. Je ne me fuis pas diffimulé qu'en voulant éviter un genre de dificul- tés je me jettois dans un autre, & quil me feroit impoflible de les furmonter tou-- tesy mais je crois que celles qui reftent appartiennent point à l’ordre que je me füis prefcrit; qu'elles font plutôt une fuite de l'état d'imperfe&tion eff encore la Chimie. Cette fcience préfente des lacu- nes nombreufes qui interrompent la férié

la

PRÉLIMINAIRE. xi des faits , & qui exigent des raccordemens embarraflans & difficiles. Elle wa pas, comme Îa Géométrie élémentaire , Vas vantage d'être une fcience completre ‘& dont toutes lés parties font étroitement Fées entr'elles; mais en même terms fa marche actuelle eft fi rapide ; les faits. s'’arrangent d’une manière fi heureufe dans la doëtrine moderne, que nous pouvons * efpérer, même de nos jours , de la voir s'approcher beaucoup du degré de per- féttion qu'elle eft fufceptible d'atteindre.

Cette loi rigoureufe , dont je n'ai pas m'écarter ,' de rien conclure au- delà de.ce que les expériences préfentent, &, de ne jamais fuppléer au filence des faits , ne m'a pas permis de comprendre dans: cet Ouvrage la partie la Chimie . plus fufceptible , peut-être , de devenir un jour une fcience exacte : c'eft celle qui traite des affinités chimiques ou attraétions rélettives., M. Geoffroy , M. Gellert , M. Bergman , M. Schéele, M. de Mor: veau, M. Kirwan & beaucoup d'autres ont déjà.rafféemblé:une multitudé de faits

xiv Discours particuliers ; qui n'attendent plus que place qui doit leur être affignée ; mais les données principales manquent, ou du moins celles que nous avons ne font en- core ni affez précifes ni affez certaines 3 pour devenir la bafe fondamentale fut laquelle doit repofer uñe partie aufli im- portante de Chimie. La fcience des affinités eft d’ailleurs à la Chimie ordi- naire que la Géométrie tränfcendante ef à la Géométrie élémentaire; & je nai pas cru devoir. compliqueripar d'auffi grandes difficultés des Elémens fimples & faciles qui feront, à ce:que j'efpère ; à la portée d'un très : grand nombre de Leéteurs.

Peut-être un fentiment d’'amour-propré at-il , fans que je m’en rendifle sprapié à moi-même, donné du poids à ces ré: flexions. M..de Morveau eft au moment de publier l’article AFFINITÉ de l'Ency« clopédie méthodique , & j'avois bien des motifs pour redouter de travailler en con currence avec lui.

On ne manquera pas d'être furpris de

PRÉLIMINAIRE, XV ne point trouver dans un Traité élémen: taire de Chimie , un Chapitre fur les parties conftituantes & élémentaires des corps: mais je ferai remarquer ici qué cette tendance que nous avons à vouloir que tous les. corps la nature ne foiene compofés qué de trois ou quatre élémens, tient à un préjugé qui nôus vient originais rement des philofophes grecs. L’admiffion . de quatre élémens qui, par la variété de leurs proportions, compofent tous les corps que nous connoïffons , eft une pure hypothèfe imaginée long tems avant qu'on éût les premières notions de la Phyfique expérimentale & de la Chimie. On n'a voit point encore de faits , & l’on formoir des fyflêmes ; & aujourd’hui que nous avons raffemblé des faits, il femble que nous nous efforcions de les repouñer , quand ils ne quadrent pas avec nos préjugés ; tant il ef vrai que le poids de l'autorité de ces pères de la philofo- phie humaine fe fit encore fentir , & qu'elle pefera fans doute encore fur Les générations à, venir,

xv] Dir eco TRES

Une chofe très-remarquable, c’eft que tout én enfeignant la doétrine des quatre élémens, il neft aucun Chimifte qui par la force des faits nait été conduit à en admettre un plus grand nombre. Les pre- miers Chimiftes qui ont écrit depuis le renouvellement des Lettres, repardoient le foufre & le fél comme des fubflances élémentairés qui entroient dans la com- binaifon d'un grand nombre de corps: ils reconnoifloient donc l'exiftence de fix élémens , au lieu de quatre: Beccher ad- mettoit trois terres, & c’étoit de leur

combinaifon & la différence des pro:

portions que réfultoit , fuivant lui, la différence qui exifte entre les fubftances métalliques. Stahl a modifié, ce fyftême:

tous les Chimiftes qui lui ont fuccédé fe .

font permis d'y faire des changemens,

nême d'en imaginer d'autres , mais tous fe font laiffé entraîner à Lefprit de leur fiècle ; qui fe contentoit d'aflertions fans preuves , ou du moins gui regardoit fou- vent comme telles de très - légères pro- babilités. |

La

Tout

PRÉLIMINAIRE xvi

J

Tout ce qu'on peut diré fur némbre & fur la nature dés élémens & borme fuivant moi à dés difcuffions puremént métaphyfiques : : ce font des problèmes indéterminés qu'on fe propofe de réfou- dre, qui font fufceptibles d’une infinité de folutions ; maïs dont il eft très2 probable qu'aucune en particulier n'eft d'accordavec la nature, Je me contenterat donc de dire que fi par le nom d’élémens; nous entendons défigner les molécules fimples & indivifibles qui compofent les corps; il eft probable que nous ne les Connoiflons pas : que fi au contraire nous. attachons au nom d'élémens de prins cipés des corps l’idée du dernier terme auquel parvient lanalyfe , toutes les fubf fances que nous n'avons encore pu dé- compofer par aucun moyen, font pour nous des élémens ; non pas que nous puillions aflurer que ces corps que nous regardons comme fimples, ne foient pas- eux-mêmes compolés de deux ou même d'un plus grand nombre de principes, mais puifque ces principes ne fe féparent

xvHÿ D xs cou Rues jamais, ou plutôt puifque nous. n'avons aucun moyen de les féparer, ils asiffent à notre égard à la manière des corps fim- ples ; & nous ne devons Îles fuppofer compofés qu'au moment l'expérience & l’obfervation nous en auront fourni la preuve.

Ces réflexions fur la marche des idées, s'appliquent naturellement au choix des mots qui doivent les exprimer. Guidé par le travail que nous avons fait en commun en 1787; M. de Morveau, M, Berthollet, M. de Fourcroy & moi fur la Nomenclature de la Chimie ; j'ai défigné autant que je l'ai pu les fubftances fimples par des mots fimples, & ce font elles que j'ai été obligé de nommer les pre- mières. On peut fe rappeller que nous nous fommes efforcés de conferver à toutes ces fubftances les noms qu'elles portent dans la fociété : nous ne nous fommes permis de les changer que dans deux cas ; le premier à l'égard des fubf= | _ tances nouvellement découvertes & qui n'avoient point encore été nommées , Ou |

| PRÉLIMINATRE ji du moins pour celles qui ne l’avoient été que depüis peu de tems; & dont les.noms €ncore nouveaux n'avoient point été fanc- tionnés par une adoption générale : Æecond lorfque lés noms adoptés foit par les anciens, foit par les modernes ; nous ont paru entraîner des idées évidem: ment faufles ; lorfqu'ils pouvoient faire confondre la fübftance qu'ils défignoient avec d’autres , qui font douées de pro- priérés différentes ou oppofées: Nous navons fait alors aucune difficulté de leur én fubfituer d'autres que nous avons empruntés principalèment du Grec : noué avons fait en forte qu'ils exprimaffent la propriété la plus générale, la: plus: carac: térillique de la fubftance ; & nous y avons trouvé l'avantage de foulager la mémoire es commençans qui retiennent difficile- ment un mot nouveau lorfquil.eft-abfo: lument vuide de fens, & de les accou- tumer de bonne heure à n’admettre aucun mot fans y attacher une idée, À l'égard des corps qui font formés de la réunion de plufieurs fubftances fim- bi

xx D'resNo'0o" viRIS ples , nous lés avons défignés par des noms compofés comme le font les fubf- tances’elles-mêmes ; mais comme Île nom- bre des combinaifons binaires eft déjà très-confidérable , nous ferions tombés dans de défordre & dans la confuñon, fi nous ne nous fuflions pas attachés à former des claffes. Le nom de clafles & de genres eft dans l’ordre naturel des idées, celui qui rappelle la propriété commune à un grand nombre d'individus : celui d'efpèces au contraire , eft celui qui ramène l'idée aux propriétés particulières à quelques individus. | | Cesdiftinétions ne font pas faites comme on pourroit le penfer ; feulement par la métaphyfique ; elles le font par la nature Unenfant , dit l'Abbé de Condillac , appelle du nom d'arbre le premier arbre que nous lui montrons. Un fecond arbre qu'il voit enfuite lui rappelle même idée: ;‘il. lui donne le même nom; de même à un troifième, à un quatrième , ê& voilà le mot d'arbre donné d'abord à un individu , qui devient pour lui un nom

PRÉLIMINATRE.. Xx de clafle ou de genre, une idée abftraite qui comprerd tous les arbres en général. Mais lorfque nous lui aurons fait remar- quer que. tous les arbres ne fervent pas aux mêmes ufages, que tous ne portent pas les mêmes fruits, il apprendra bientôt à les diflinguer par des noms fpécifiques | & particuliers. Cette logique eft celle de: toutes les fciences ; elle s'applique natu- rellement à la Chimie.

Les acides, par exemple, font. Re le deux fubftances de l’ordre de celles: que nous regardons comme fimples, l’une. nu conflitue l'acidité & qui eft commune. à tous; c'eft de cette fubftance. que doit. être emprunté. le nom de claffe ou de genre : l’autre qui eft propre à chaque. acide, qui les différencie les uns des autres , & c'eft de cette fubflance que doit être mr le nom fpécifique:

Mais dans la plupart des acides, les deux _ principes conftituians, le principe acidifiant _& le principe acidifié, peuvent exifter- | dans des proportions différentes, qui conf: _ttuent toutes des points d'équilibre ow de, b üj

Xxij Drscoves. faturation ; c'eft ce qu'on obferve dane l'acide fulfurique & dans l'acide fulfu- ‘Feux ; nous avons exprimé ces deux états du même acide en faïifant varier la ter- minaifon du nom fpécifique,

Les fubftances métalliques qui ont été expofées à l’'aion réunie de lair & du feu, perdent leur éclat métallique , aug- mentent de poids & prennent une appa- rence terreufe ; elles font dans cet état compofées , comme les acides, d'un prin- cipe qui eft commun à toutes, & d’un principe particulier propre à chacune : nous avons égalemeñt les claffer fous. un nom générique dérivé du principe commun, & le nom que nous avons adopté eft celui d'oxide ; nous les avons, enfuite différenciées les unes des autres par: le nom particulier du métal auquel elles appartiennent.

Les fubftances combuftibles qui, dans les acides & dans les oxides métalliques, font un principe fpécifique & particulier, font fufceptibles de devenir à leur tour. un principe commun à un grand nombre,

k

PRÉLIMINANRE, Xxi de fubflances. Les combinaifons fulfu- téufes ont été long-temps les feules con: nues en ce genre : on fait aujourd'hui, d'après les expériences de MM. Vañder- monde, Monge & Berthollet, que le charbon fe combine avec le fer, & peut- être avec plufieurs autres métaux ; qu'il en réfulte, fuivant. les proportions , de l'acier, de la plombagine, &c. On fait également, d'après les expériences de M. Pelletier, que le phofphore fe com- bine avec un grand nombre de fubflances métalliques. Nous avons encore raflem- blé ces différentes combinaifons fous des | noms génériques dérivés de celui de la fubftance commune , avec une terminai- fon qui rappelle cette analogie, & nous les avons fpecifiées par un autre nom dérivé de leur fubftance propre.

La nomenclature des êtres compofés

de trois fubftances fimples , préfentoit un

peu plus de difficultés en raifon de leur

nombre , & fur-tout parce qu'on ne peut

exprimer la nature ds: leurs principes conf.

tituans , fans employer des noms plus com b iv

xxiv D'HscovRrs

pOfés. Nous avons eu à confidérer dans les corpsiqui forment cette claffe ‘tels que les fels neutres, par exemple , 1°, le principe acidifiant qui eft commun à tous : 2°. le principe acidifiable qui conflitue leur acide propre ; 3°. la bafe faline, ter- reufe , ou métallique qui détermine l'ef. pèce particulière de fel. Nous avons em- prunté le nom de chaque clafle de fels de celui du principe acidifiable , commun à tous Les individus de la claffe ; nous avons enfuite: difingué chaque efpèce par le nom dela bafé faline, terreufe, ou mé. tallique, qui lui eft particulière.

_… Un fel, quoique compofé des trois mêmes principes , peut être cependant dans des états très-différens , par la feule différence de leur proportion. La no- menclature que nous avons adoptée au- roit été défettueufe fi elle n’eût pas expri- ces différens états, & nous y fommés principalement parvenus par des change- mens de terminaifon de nous avons rendu uniformes pour un même état. des diffé- rens Sels. |

PRÉLIMINAIRE. XXV

Enfin nous fommes arrivés au point que par le mot feul, on reconnoit fur le champ quelle eft la fubftance combuftible qui entre dans la combinaifon dont il ef queftion; fi cette fubflance combuftible eft combinée avec le principe acidifiant, & dans quelle proportion ; dans quel état eftcet acide ; à quelle bafe il eft uni ; sil y a faturation exacte ; fi c'eft l'acide, ou bien la bafe qui eft en excès.

On conçoit qu'il n'a pas été poffible de remplir ces différentes vues fans blef- fer quelquefois des ufages reçus, & fans adopter des dénominations qui ont paru dures & barbares dans le premier moment ; mais nous avons obfervé que Foreille s’accoutumoit promptement aux mots nouveaux , fur-tout lorfqu'ils fe trou- voient liés à un fyflême général & rai- fonné. Les noms, au furplus, qui s'em- ployoient avant nous, tels que ceux de poudre d'algaroth, de fel alembroth , de pompholix, d’eau phagédénique, de turbith minéral , de colcorhar ; & beaucoup d'au- tres , ne font ni moins durs , ni moins ex-

XXV} Drscours traordinaires ; il faut une grande habitude ê&t beaucoup de mémoire pour fe rappeller les fubftances qu'ils expriment, & fur- tout pour reconnoître à quel genre de combinaifon ils appartiennent. Les noms d'huile de tartre par défaillance , d'huile‘de vitriol, de beurre d'arfénic & d’antimoine , de fleurs de zinc, &c. font plus impro- pres encore, parce qu'ils font naître des idées fauffes ; parce qu'il n’exifte , à pro- prement parler, dans le règne Rad. & fur-tout dans le règne métallique , ni _beurres, ni huiles, ni fleurs; enfin parce que les fubftances qu'on défigne fous ces nomstrompeurs , font de violens poifons. On nous a reproché lorfque nous avons publié notre Effai de Nomenclature chi- mique, d'avoir changé la langue que nos maîtres ont parlée , qu'ils ont illuftrée & quäls nous ont tranfmife ; mais on a ou- blié que c'étoient Bergman & Macquer qui avoient eux-mêmes follicité cette ré- forme. Le favant Profefleur d'Upfal , M. Bergman, écrivoit à M. de Morveau, dans les derniers temps de fa vie : ne faites

PRÉLIMINAIRE. XXVI grace à aucune dénomination impropre : ceux qui favent déia entendront LOUjJours ; ceux quine Javéht pas encore, entendrone plus tôt. | | | _ Peut-être feroit-on plus fondé à me reprocher de n'avoir donné dans lOu- vrage que je préfente au Public, aucun

hiftorique de l'opinion de ceux qui m’ont

précédé ; de n'avoir préfenté que la mienne fans difcuter celle des autres. Il en eft réfulté que je n'ai pas toujours rendu à mes confrères, encore moins aux Chi- miftes étrangers , la juftice qu'il étoit dans mon intehtion de leur rendre : mais Je prie le Le@teur de confidérer que fi lon accumuloit les citations dans un ouvrage élémentaire, fi on sy livroit à de lon- gues difcuflions fur l’hiflorique de la fcience & fur les travaux de ceux qui l'ont profeflée , on perdroit de vue le vé- titable objet qu'on s'eft propofé , & l'on formeroit un ouvrage d'une le&ure tout- à-fait faflidieufe pour les commençans. Ce n'eft ni l'hiftoire de la fcience , ni celle de l’efprit humain qu'on doit faire dans

/

xx hr séouRr",s

un traité élémentaire : on ne doit ycher- cher que la facilité, la clarté ; on en doit foigneufement HA tout ce qui pour- roit tendre à détourner l'attention. C’eft un chemin qu'il faut continuellement ap- planir, dans lequel il ne faut laiffer fub- fifer aucun obflacle qui puiffe apporter le moindre retard. Les fciences préfentent déjà par elles-mêmes affez de difficultés, {ns e nappeller encore qu leur font étrangères. Les Chimiftes s'appercevront facilement d’ailleurs que je n’ai prefque fait ufage dans la première partie que des ex- périences qui me font propres. Si quelque- fois 1] a pu m'échapper d'adopter , fans les citer, les expériences ou les opinions de M. Berthollet, de M. de Fourcroy, de M. de Ia Place , de M. Monge , & de ceux en général qui ont adopté les mêmes principes que moi, c'e que l'habitude de vivre enfemble, de nous communi- quer nos idées, nos obfervations, notre manière de voir , a établi entre nous une: forte de communauté d'opinions dans la- quelle il nous eft fouvent difficile à nous.

PRÉLIMINAIRE xxx mêmes de diflinguer ce qui nous appar- tient plus particulièrement,

Tout ce que je viens d’expofer fur l'or: dre que je.me fuisefforcé de füivre dans la marche des preuves & dés idées , neft applicable qu'à la première partie de'cee ouvrage : c'eft elle feule qui contient l'en: | fembie de la doétrine que j'ai adoptée ; c'eft à elle feule que j'ai cherché À donner la forme véritablement élémentaire:

La feconde partie eft principalement formée des tableaux de la nomenclature des fels neutres. J'y ai joint feulemene des explications très - fommaires ; dont l'objet eft de faire connoître les procédés les plus fimples pour obtenir les différentes efpèces d'acides connus: cette féconde partie ne contient rien qui me foit pres pre; elle ne préfente qu'un abrégé très: concis de réfultats extraits de différéns ouvrages.

Enfin j'ai donné dans la troifième partie une defcription détaillée de toutes les opérations relatives à la Chimie moderne.

Un ouvrage de ce genre paroifloit defiré

six Discôoues

depuis long-temps , & je crois qu'il fera de quelqu'utilité, En général la pratiqué des expériences, & fur-tout dés expé- fiences modernes, n'eft point affez répan- due ; & peut-être fi; dans les différens Mémoires que j'ai donnés àj’ Académie, ; 1e me fufle étendu davantage fur le détail des manipulations ; me ferois-je fait plus fa: cilemént entendre , & la fcience auroit: elle fait des progrès plus rapides: L'ordre des matières dans cette troifième partie n'a paru à-peu-près arbitraire , & je me fuis feulement attaché à clafler dans cha: cun des huit chapitres qui la compofent ; les opérations qui ont enfemble le plus d'analogie. Ons'appercevra aifément que cette troifième partie n'a pu être extraite d'aucun ouvrage, & que dans les articles principaux, je n'ai pu être aidé que de ma propre expérience:

Je terminerai ce Difcours préliminaire en tranfcrivant littéralement quelques paf- fages de M; PAbbé de Condillac, qui me paroiffent peindre avec beaucoup de vé- tité l’état étoit la Chimie dans des

PRÉLIMINAIRE. XX)

temps très-rapprochés du nôtre (1). Ces paffages qui n'ont point été faits exprès, n'en acquerront que plus force, fi l'application en paroît jufte,

« Au lieu d'obferver Les chofes que nous voulions connoître, nous avons voulu les imaginer. De fuppoñition faufle en fuppofition faufle , nous nous fommes égarés parmi une multitude d'erreurs; & ces erreurs étant deves. nues des préjugés , nous les avons prifes par cetre raifon pour des principes: nous nous fommes donc égarés de plus . en plus. Alors nous n'avons fu raifonner que d'après les mauvaifes habitudes que nous avions contrattées. L'art d’abufer des mots fans les bien entendte a été pour nous l’art de raifonner, »..,,,. Quand les chofes font parvenues à ce point, quand les erreurs fe font ainfi accumu- lées , il ny a qu'un Moyen de remettre l'ordre dans la faculté de penfer ; c’eft d'oublier tout ce que nous avors apa

L Poser = . . = n ä

(1) Partie 2, Chapitre I,

xxx Discours, Ga

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LA

pris reprendre nos idées à leur ori- gine, d'en-fuivre largénération, & de refairé,. comme dit Bacon, l’entende- ment humain: 8 F » Ce moyen eft d'autant plus difficile * quon’ fe croit plus inftruit Auf des Ouvrages-où les-fciences feroient tri: tées avec une, grande, netteté une grande précifion;. un. grand ordre.,ine

feroient-ils pas. à la portée de tout le monde: Ceux qui nauroient tien étu-”

dié les entendroïent niieux que: ceux qui.ont fait de grandes études, & fur:

tout que ceux, qui ont écrit PFAUEQUA

fur les fciences »;

M. l'Abbéde Condillae ajoute à la fin du chapitre V : « Mais enfin les. feieñnces 1°)

ont:fait des progrès ; parce querles Philofophes ont mieux obfervé ;& qu'ils ont mis dans leur langage la précifion

& l'exattitude qu'ils avoient mifés dans leurs obfervations ; ils onticorrigé la *

langue , & lon a mieux raifonné », TABLE

XXX11]

TABLE

DES CHAPITRES DU TOME PREMIER.

Discours PRÉITMINAIRE, . page Ÿ

PREMIERE PARTIE.

De la formarion des fuides aériformes ë& de leur décompofiri tions de la combufe

tion des corps fimples & de la formation des acides,

Car. L Des ÉREEES di calorique & de la formation des dry me élafliques aérifor> PES sn ï

Cnar. II. Vues générales fur la Formation confricution de l'atmofphère de la terre, 28

Erar. TT. Analpfe ‘de loir de l'atmofphère ? Ja réloiution en deux fluides élafliques , Pur refpirable , l'autre non refpirable , 33

ë , 3

VSkiv 2 2 A LATE AB À © « " APS IV, Nomenclature des\différenres: parties ot De 20 à de. l'airide da QE.

C4 2ain \ a Os

Cuir, V, De ä chefs OR dire £a ox1ÿ gêné S'par leŸ oufrès 51e phofphore! &! Le charbon 3 Î €de formation des atides en généraly 57

“Che. VI. ‘De la nomerlatie des” Atidès) er général, & particulièrement de ténx'virés du : falpétre Gdusfel'marin, 4 :JIX 4:70

d'Cav:° VIT. la déconipoft Horn Al Gä? 62y- gène par les métaux; 6 da \laïformasionrdes Oxides métalliquess. ass SU &b d' SR

ÿ ès: 0

-“Cuar. VIIL Du principe radita? PEN, & de fa décompofition tire «be scharbon 6 par! le fer, é Sbuol; &i a 87.

Gries IX; De la rss «de “Calorique qui : fe

bre oœnnt ÿ LR sl 105

FSU ES: NRA ELS Combuftion du Charter , y RTS est. SOS Combuflion du Gaz hydrogène; "* x” EH og Formation tde PAcide. rifrique 0e ibid, Combuftion de la Bougie, ILS ‘AZ Combuftion de l'Huile d'olive, 113

CHar. X. De la combinaifon des Subflance

combuflibles les unes avec les autres, 1x

Caa Mann Jés Rita Ecies 14 Acides ü: Plafieurs. bafes 6 fur, daïcompofe £

gion des fratières végéräles ë Gas, 1 23 SHSa TO FA : Ac

Mia XIE De. La décompofe I2O7E des Déiores 2. uégétales &. animules. garL 'aétion. de feu, 122

Es C4

CHAR. XL. De. da décompofisi tion des Oxides AN 12égétaux He fermentation. vineufe 139

LE

DICHAP. XIV, De da fermentation anti) 153

«CE: BOX Pa Ja. fermentation céreufe,;159 DT AN S\DRD 72 Formation des Sels“? hébrres,

8 &@ des différentes fo qui entrent dans js De, KomROftans santé LOL TI 162 pq 3Dede Borafès "1 At qiossh fi 164 | @ De Soude; Na 53 169 * De l'Ammoniaque ; à 179

IS RAT

ù à De la Chaur de Hire ie, de ë Baye ii de “os Mr PE umines, +. 2 t72

É De Subftances néllque, 173

Car. XVIE. Suite. des te de ns bafes i&t falifiables , & ir la ct des. Sels relL- 1 tres, dotéent sh éoflnn 179

SECONDE PARTIE.

De da Corbinaifon des. Acides\, avec le Sbafes fahfiables:, &\de lu «Formarion

des Sels neutres.

AVE RTISS E MENT 3), : ‘Sas 189

T ABLEAU des Subflances. ris ù 192 | Obfervations, Ua r : 193 Tableau des Radicaux on Bas lublees & G

acidifiables, compoés, qui entrent dans les

combinaïfons à à La manière des RS Jr ms

‘ples , 196 Obfervations , He ro7 Obfervations fur Les combinaifons : la lumière du

calorique avec différentes fubfances 1 206 ;

Tublean des combinaïfons binaires de. Î oxygène avec les fubffances métalliques ë non. imétal-

Ziques oxidables &: MAAPERS , | 203 Oëfervations, | M . bi

| Tableau des combinaifons de ? Oxypène avec les radicaux compoféss 208

Obfervations , , » 1 Ce te PE

DES CHAPITRES xvxvi Tartes des combnafons Diraires-de-LAa0re rapee, les Apres JE a dr, EU NEA 2:

f ï 1 ©

| Oëferations , LS | fn 213

Tablean dès combinaifons ds de Hydro- \ogéne avec les fhfènces fe En 216.

Obfervarions s, MSN © Æ Sr 7

Tableau des combrnaijons binaires du Soufré non. QSoxygéné avec les do Jiriples.; * ‘250.

Jervations ;. “y 221

a 2bleau des Lonbinaifons has du Phofphore Ci nor oxy gêné avec les Jubflances JE imples, 202,

=

4 | Obfervarions à 223. Tableau des: combinaifons binaires. du Charbon. |, 707 0x72 géné avec les fubflances Ji tnples, 226:

res Obférvations, 227

1

" Offérvations fur les radicaux imuriatique , fluorique q

boracique ; © fur leurs. combinaifons, 229

*Oéférvations far la combinai{on. des métaux les uns.

‘avec les auires 2 3%

T ableau des eme 2e RAzote ou Rod | mitrique, porté à létas: d'acide RitrerLx par la 54 combiraifon d'une fi uffifante, quantité doxy- gêne; avec les bafes Jal ifables., dans ordre. “de leur affinité avec cet acide, TON23R 227:

œ

HE STATE è L E _ PA amino 2e PRIE & “ment five ‘doxigène, & porté à Pétat d'a- | “eide nirique , ‘avec les Bafes Jan fables, Vans.

Pordre de leur affrnité ayeé Cet” acide ‘232

vDtere li AI à

| Obferrations, DA Dee =:

0

»: ableau des eombinaifèrs de PA jiarique ou, Soufre ox ygéné avec les bafés fat iffables } dans Pordre de leur. affinité ayec çét ‘acides

_ = “at SE 193 par la voie eee | 238. PS Okfervations ; F6 anolinmsdinns 23 ans ‘ago

Tableau des combinaifons PA ide ux

‘avec les bafes Jakfiebles durs ds ordre de leur. affinité avec cet acide, etnonnsNO 243 OBfrvations. n ac amamas 25h anse

T ablean des Mage a pra quidreçu.

‘un Premier degré d'oxypénätion e" ‘qui a été ““porré à l'état. d'Acide Pholphérenx), avec les he Jalifiables dans Pordre de leur afin ävec cet acide, inotouiO 246

T ablean ‘des’ cômbinaïferé cd du: PER faturé d'oxygène, ou Acide Phofphoriquer avec: les

> fabflances -falifables, dans: ec ‘de leur shaffinité avec cet acide, 8508 430473

sas Obfervations, nous 248

nu. ee

DES CHAPHTRES. XXxIX Te bleay. des. «combimailons du Radical carboni=

LS que, OX LÉRÉ 94 (7 Acide. carbonique avec les à vhs filets dans d'ordre de. deux df inité

Obfervations , Nuls sx

ar Lu BTS TU

An

JT. UE des combinaïfons. du Re muriatique,

ET oxyoËrÉ» ou Acide . muriaiique avec les bafes

Jalfables dans Pordre de leur affinité avec À }. cet acide , | r ai Lie

DES Tableau des nn de P Acide muriarique

LS LQgÉtÉ. savecrles différentes bafes, fali ifrables LQYEc : lfquelles : il fe Je Jceptible de s'unir , 254

NAS che Obfervations ; SUN ANEe ss “Tableau des combinaifons de. l Acide ‘nitro- w#uriatique ave les bafes falifiables , rangées So gars ordre alphabétique, attendu. que. les. affi- s\rtés, de cesïacide, ne der Fee affex.con- 3 VHS 55 NE 2125 449 4: bi 15 258 dc S- Opens, - “259 “Tubleanvdes:combinaifons du Radical fluorique zsoxigéné; von Acide fluorique: avecrles-bafes à »+. reg dans se ‘deleur Le àvec

peçet acide , ati 397 np ain 263

Dre Obfervations, - TROIE +4 262 |

HR. 6 A Re pp ,

Fubleau des combinaifons du Radicdt boracique roxigéné, avec les différentes bafes Jalfiables

- S'aurples | ft fujceptible de Suns dhns

:-Pordre de leur affinité avec cet DE 264 Obfervations ; | 26 5

Tableau des combinaifons de rAfée ox gene, e

sou Acide arfénique dvec les? “Pafès Jalifiables mie Pordre de leur. tue avec tet. t âtide, "268

* Oëfervations , ie 7 RAS 65, Fableau des combinaifons du Molybdené oxy- géré; ou. Acide molybdique-aves. les: M.

. falifiables., par ordre rhin sshnm272 Obfervations., | SIN LS vite >

Tableau des: combinaifons du r urnes 0XY+

gêné, Acide cungflique avec, des Me Ja- difiables, AO Obfervations , y 7 275:

T ableau des combinaifons du; Radical Lartareux-

oxygéné , ou Acide tartareux avec les. bafes Jalifables , dans l’ordre de leur affinité avec ‘cel acide , 279

Obferrarigis ls 420 | : S LpS Ie 278 Fablean des combinaifons du Radical malique

S'oxygéné, Acide maliquer avec" les bafes. YEtres 7

? Jalifiables par ordre FRERES D MIE Ofervations , | : Se 282

DES CHapitiRres, x

Tableau: des: combinaifèns. du. Radical, cifiqué , 7. ex aÉtÉ >.24. Acide, ciirique, avec.les, bafes er fiables ». dans l'ordre de leur. affinité ayec cet acide, OUT ET OMR UT EU 204 | Obfervations ; 28$ F4 ableau des: combinailons du tt Pyro>

,igreux .oxpgété ou Acide pyro-ligneux nvavec. les bafes falifiables dans 1 are derleur

.… affinité avec cet acide, er :286

r Obfervationsis k 287

Poste déscombinaifons di Radical PYro-

Véartareux\oxy géné, Acide pyrotartareux sie les différentes bafes falifiables düns l'or- svdrè.de\leur\affinité avec cer acide, 1288 »\: Obfervations } x : RS DE 289 Tableau des combinaifons du Radical pyro-mu- No oxygéné, ou Acide pyrô-muqueux avec

“ls bafes Jati fiables , dans l’ordre de leur affi- \Aarte avec cet acide, SAS 0

r TES Tee F | ; 291 Tableau des combinaifons du Radical oxalique roXyééré sou Acide oxalique avec les bafès falifables, dans l'ordre de leur affinité avec | pceb acide... ER - 202 Obfervations à HAN, Es D 253

xt "es F ÀABAMRO PE « re dbledi SA “cohbinaÿfons du Radical Rx da Pur oi Fer un premier degré d'oxrena-

tion avec les’ bajes Jali ifables, Jivart l'ordre

de leur affinité avec cet acide; 29 $ Oëfervér: On$ Fi Mai 29

Fe ableau ds combinaifons 5) Reda à acéteux 0xygéné par un fecond degré. d'oxygénation ; ou Acide avérique, avec les bafes Jali ifiables, dans l'ordre de ler affinité avec ce see à 298

1h

re à Oùfaiariont; sc d't Fret _295

T ableau. des éombinaifons à Radical Juceinte . due ox géné; Acide fuccinique avec les bafes falifiablés, dans l ordre de leur afaië

‘avec cet acides Fi, ARS 309

Obfervations Au années 25h noel ÿo1

T ableau dés nb di Radical bengoiqué oxypéné, ou Acide benzoïque , avec les difé= rentes bafès falifiables, re par ordre alz phabétique ; | 2 EC

5

: Obfervations EL PSCRRCE PE , TL ableai des combinaïfons di Radical cam np FT

# rique oùygéné, Acide camphorique >. àves les bafes falifables par ordre epholéique 304

ROIBNTA 19) SJ

Obfervations à . 3c$

DES Chartres hi dique We À . ou Acide. gallique , : _aves LA bafes Jülifables rangées par ordre alpha bérique, RDA EL ESS TONER 1306

Obfervations ; Nr -307

k: ableau des combinaijons du Rabat taie A Voxÿgéné , ; Acide ladique ; ; avec ls bajes D : par ordre alphabétique Ro 308

M | Obferraians à ee El net 309

Tableau des cantons à à Rad ere

in

QUE

US

310

6 | STT Tableau des Men du Radical Jormiqué OXYgéÉRÉ ou Acide formique, avec les bafes

4 Jelfables, ‘dans ? ordre de leur affinité is + 'cèt acide ; ; sh s. 31

D NOR LS à

Ÿ

+ Mine + 313

| Tableau dés cofbinaïfons du Radical -bôm- Pique oxygéné, ou Acide bombique , avec Les . fubflarces, Jai ifiables : par ordre alphabëti- PCR TE NES à 314

| Oëferv ervations 3 315

xliv TAgrE., Ge.

Tableau des. combinaïfons du Mar féba: cique oxygêné, ou Acide fébacique | avec les bafès falifiables , dans l’ordre de leur affinicé avec cet acides de 316

Obfervations } 317

Tableau. des combinaifons du Radical lthique oxypéné, Ou Acide Lithique, avec les bafes Jalifiables , rangées par. ordre alphaberi- que ; f 318

Obfervations ; ge 319

T. ableau des corkbitaifons du Radical praffi- que oxygéné, ou Acide pruffique , avec les bafes falifiables ; dans l'ordre de leur affinité avec çet acide; 329

Obfervarions 3 322

}

TRAITÉ ÉLÉMENTAIRE DEGHIMIE.

PREMIERE PARTIE. De la formation des fluides aériformes de leur décompofition ; de la combaf: tion des Corps fimples & la formarion des acides,

A

CHAPITRE PREMIER. Des combinafons du calorique 6 de la foria- ton des fluides élafliques aériformess

Les un phénomène conflant dans la nature & dont la généralité a été bien établie par { Boëérhaaye, que lorfqw'on echauffe un corps À

2 ÉFFETS GÉNÉRAUX DE LA CHALEUR,

quelconque , folide ou fluide , il augmente de - dimenfion dans tous les fens. Les Ée (ur lef quels on s’elt fondé pour reftreindre la géné- ralité de ce principe, ne préfentent que des

réfultats illufoires, du moins dans lefquels fe compliquent des circonflances étrangères qui en impofent : mais lorfqu’on eft parvenu à féparer les effets, & à les rapporter chacun à la caufe à laquelle ils appartiennent, on s’ap- peïçoit que lécaïtement des molécules par la chaleur, ef une loi générale & conflante de la Nature.

: Si après avoir échaufé jufqu'à ‘un “certain point un corps folide, & en avoir ainfi écarté de plus en plus toutes les molécules, on le laïfle refroidir, ces mêmes molécules fe raps prochent les unes des autres dans la même proportion , fuivant laquelle elles avoient été écartées; le. corps repañle par les mêmes de- grés d’extenfon qu’il avoit parcourus; & f on le ramène à la même température qu'il avoit en commençant l’expérience, il reprend fenfi- blement le volume qu'il avoit d’abord. Mais comme nous fommés bien éloignés de pouvoir obtenir un depré de froid abfolu ; comme nous connôifforns aucun degré de rod e que noûs ne puüiflions fuppofer fufceptible d'être augmenté, il en réfulte que nous w’avons

q= |

Loi

NO RS. NC

ATTRACTION ET RÉPULSION 3 Päs encore pu parvenir à rapprocher le plus qu ] ef poffiblé , lés:molétules d'aucun COrps, & que pat conféquent les molécules d'aucun corps ne fe touchent dans la Nature ; conclus fon très-fingulière & à laquellé cépertdant il eft impofible de fe refufer. > PiPau On conçoit que les molécules des COTps étant ainfi continuellement follicitéés par la cha: leur à s’écarter les unes des autres, elles n’au- roiént aucune liaifon ‘entr elles ; & qu'il: n'y auroït aucun cotps folidé, fi elles n’étoient re- tenues par une autre forcé qui téndit à les réuz ir, & pour ainf dire à les enchaîner ; & cette forcé, quelle qu’en foit la caufe; a été nommée attraion | » Aïnf les moléculés:des éorps peuvent être. confidérées comme tobéiffant à deux/forces, lune répulfivé, l'autre: attractive ,; entre lef- quelles’ èllés font en équilibre. Tantiique la dernière dé’tes forces, l’attraion, ef vido: rieufe, corps démeure dans l’état folide:s:f au contraire Pattradion eftrla plus foible:-fr la chaleur à tellement écarté les unes des: autres les moléenles-du corps t,- qu'elles: foient hors de la fphère’ d'adivité de leur-attra@ion elles perdent l’adhérence qu’elles avoient entrelles & le corps cefle d’être un folide. L'eau nous préfente continuellement un À ï

4 TROIS ÉTATS NATURELS DES CORPS: exemple de ces phénômènes : au-deflous de zéro du thermomètre françois, elle eft dans l’état folide, &'elle porte le nom de glace; ai deflus de ce même terme , fes molécules cef- fenit d’être retenues par leur attra&ion récipre- que, & elle devient ce qu’on appelle un liquide: enfin ,-au-deflus de 80 degrés, fes molécules obéiffent à la répulfion occafionnée par la cha- leur ; l’éau prend létat de vapeur ou de gaz, & elle. fe transforme en un fluide aériforme, .. On en peut dire autant de tous.les corps dé‘la Nature ; ils font ou folides,ou-liquides,, ou, dans l'état élafique & aériforme, fuivant le zapport qui -exifle entre la force attradive de leurs molécules & la force répulfive de la cha- leur ou, ce quirrevieht-au même, fuivant le degré de chaleur auquel ils font -expolés. --Il eft difficile de concevoïr ces phénomènes fans admettre qu'ils font Peffer d’une fubflance réélle & matérielle, d’un fluide très-fubtil qui s'infmue à travers les molécules de tous les «corps-& qui les écarte : & en fuppofant même que l’exiftence de ce fluide fût uñe hypothèfe, on. verra dans la fuite qu’elle explique d’une manière très-heureufe les phénomènes de la Natüre. lrY » à

Cette fubflance; quelle qu'elle foit, étant la caufe la chaleur ;-ou en d’autres termes

CALORIQUE. eg la fenfation que nous appellons chaleur, étant l'effet de l’accumulation de cette fubftance , on:

ne peut pas, dans un langage rigoureux, la

défigner par le nom de chaleur; parce que la même dénomination ne peut pas expémer la canfe & l’effer. Cell ce qui. m'avoit.déter… nyné, dans le Mémoire que j'ai publié en 1777, ( Recueil de Academie, page 420, ) à la défi-

gner fous le nom de fluide igné & de matière

de la chaleur. Depuis, dans le travail que nous: avons. fait en commun M, de Morveau, M. Berthollet , M. de Fourcroy & moi, fur la réforme du langage chimique, nous avons cru devoir bannir ces périphrafes qui allongent le difcours, qui le rendent plus traînant , moïns: précis, moins clair, & qui fouvent même ne comportent pas des idées fufifanunent juftes. Nous avons en conféquence défigné la caufe de

|Ja/ chaleur , le fluide éminemment élaftique qui

la produit, par le nom de calorique. Indépen- damment de ce que cette expreffion remplit notre objet dans le: fyflême que nous avons adopté , elle a encoreqn autre avantage , c’eft de pouvoir s'adapter à toutes fortes d'opinions 5 puilque rigoureufement parlant, nous ne fom- mes pas même obligés de fuppofer que le calo- rique foit üne matière réelle : il fuit, comme on le fentira mieux par la ledure de ce qui

A ii

6 Du CALORIQUE ET pe LA‘ LuaèRe,

va fuivre, que ce foit une caufe répulfive quel- conque qui, écarte les molécules de la matière,

& on peut anf en envifager lès effets d'une

manière abftraite & mathématique.

La lumière eft-elle une modification du ca- Jorique , ou bien le calorique eft-il une modi- fication de la lumière ? Ceft fur quoi il eft im- poffible de prononcer dans l’état aduel de nos conneiflances. Ce qu'il y a de certain, c'eft que dans un fyflême lon s’eft fait une loi de madmettre que des faits, & l’on évite au- «ant qu'il eft poflible de rien fuppofer au-delà de ce qu'ils préfentent, on doit provifoirement déligner par des noms différens, ce qui pro- duit des effets différens. Nous diflinguerons donc. la lumière du calorique ; maïs nous n’en conviendrons pas moins que la lumière & le calorique ont des qualités qui leur font com- munes, & que dans quelqués circonftances ils fe combinent à peu près de la même manière, & produifent une partie des mêmes effets _ Ce que je viens de dire fuffiroit déjà pour bien déterminer l'idée qu’on doit attacher au mot de calorique. MA me refle une tâche plus difficile à remplir, c'eft de donner des idées juites de la manière dont le calorique agit fur les corps. Puifque cette matière fub- ile. pénètre à travers les pores de toutes les

OC ER

EFFET DU POIDS DE L'ATMOSPHÈRE, 7

fubflances que nous connoïflons , puifqu'il mexifle pas de vafes à travers lefquels elle ne s'échappe, & qu'il w’en eft par conféquent aucun qui puiffè la contenir fans perte; on ne peut en . connoître les propriétés que par des effets qui, la plupart, font fugiufs & difficiles à faifr. C'eñt fur les chofes qu'on ne peut ni voir, ni palper, qu’il eft fur-tout important de fe tenir en garde contre les écarts de limagination , qui tend toujours à s’élancer au-delà du vrai, & qui a bien de la peine à fe renfermer dans le cercle étroit que les faits lui circonfcrivent.

Nous venons de voir que le même corps devenoïit folide ou liquide, fluide aériforme , fuivant la quantité de calorique dont il étoit pénétré ,-ou, pour parler d’une manière plus xigoureufe , fuivant que la force répulfive du calorique étoit égale à Pattration de fes molé- cules, ou qu’elle étoit plus forte, ou plus foible qu'elle.

Mais s’il n’exifloit que ces deux forces, les corps ne feroient liquides qu'à un degré indi- vifible du thermomètre, & ils pafferoient brufs _quement de l'état de folide à celui de fluide élafique aériforme. Aïnfi Peau , par exemple, à Yinflant même elle cefle d’être glace, com- menceroit à bouillir; elle fe transformeroit en un fluide aériforme , & fes molécules s’écarte-

À. iv

8 Erfen pu Porps DE L'Armosrnère. roient indéfiniment dans Pefpace : sil n'en eft pas ainff, c’eft qu'une troifième force, la preffion de latmofphère ÿ met obflacle à cet cearte- ment, & c'eft par cette raifon que l’eau de- meure dans l'état fluide depuis zéro jufqu’à 80 degrés du thermotnètre françois ; la quantité de calorique qu’elle reçoit dans cet intervalle eft infufñfante pour vaincre l'effort occafñionné par la. preffion de l'atmofphère,

On voit donc que, fans la preffion de lat. mofphère, nous maurions pas de liquide conf. tant; nous ne verrions les corps dans cet état qu'au moment précis ils fe fondent : la moindre augmentation de chaleur qu'ils rece- vioient enfuire, en écarteroit fur le champ les parties & les difperferoit. Il y a plus, fans la prelfion de Patmofphère , nous r’aurions pas

à proprement parler, de fluides aériformes, Eh

effet, au moment la force de Pattration feroit vaincue par la force répulfive du calo-

rique, les molécules s’éloigneroient. indéfini-

ment, fans que rien limitât leur écartement, f ce Welt leur propre pefanteur qui les raffemble-

xoit pour former une atmofphère,

De fimples réflexions fur les expériences les plus connues, fuffifent pour faire appercevoir la vérité de ce que je viens d’énoncer. Elle fe trouve d'ailleurs confirmée d’une manière évi-

d

SUPPRESSION DU POIDS DE E’ATMOSPA, 9 dente par l’expérience qui fuit, dont j'ai déjà donné le détail à l’Académie en 1777. o Voyez Mém. page 426.) |

On remplit d’éther fulfurique (1) un petit vafe de verre étroit, À, planche WII, fig. 17, monté fur fon pied P. Ce vale ne doit pas avoir plus de douze à quinze lignes de diamètre & environ deux pouces de hauteur. On couvre ce vafe avec une veflie humeëtée, qu’on aflu- jettit autour du col du vafe par un grand nombre de tours de gros fil bien ferrés: pour plus grande sureté, on remet une feconde veflie par-deffus la première, & on laflujettit de la même ma- nière. Ce vafe doit être tellement rempli d’é; _ther qu'il ne refle aucune portion d’air entre la liqueur & la veffe ; on le place enfuite fous le récipient B C D, d'une machine pneuma- tique dont le haut B doit être garm d'une boëte à cuir, traverfée par une tige EF , dont l'extrémité F fe termine en une pointe ou lame très-aigue : à ce même récipient doit être adapté un baromètre G H. |

(x) Je donnerai ailleurs la définition de la liqueur qu’on nomme éher, & j'en déveloperai les propriétés. Je me

contenterai de dire dans ce moment, qu’on défgne par ce nom une liqueur inflammable très-volatile, d’une pefanteur fbécifique beaucoup moindre que l’eau , & même que l’efprit-de-vin

1 VAPORISATION DE L'ÉTHER.

Lorfque tout! eft ainf difpofé, on fait le vuide fous le récipient; puis en faifant def- cendre la tige pointue E F, on crève la veffie. Aufli-tôt Péther commence à bouillir avec une étonnante rapidité, il fe vaporife & fe tranf- forme en un fluide élafique aériforme , qui occupe tout le récipient. Si la quantité d’éther eft aflez confidérable pour que , la vaporifation finie, il en refle encore quelques goutes dans la fiole , le fluide élafique qui s’eft produit eff fufceptible de foutenir le baromètre adapté. à machine pneumatique à huit ou dix pouces environ pendant lhiver, & à vingt & vingt- cinq pendant les chaleurs de Pété. On peut , pour rendré cette expérience plus complette, introduire un petit thermomètre dans le vafe À qui contient léther, & on s’apperçoit qu'il defcend confidérablement pendant tout le tems que dure la vaporifation.

On ne fait autre chofe, dans cette expé- Hence, que de fupprimer le poids de l’atmofe phère, qui, dans l’état ordinaire, pèfe fur la farface de l’'éther, & les effets qui en réfultent

prouvent évidemment deux chofes: la première,

qu'au degré de température dans lequel nous vivons , l’éther feroit conflamment dans l'état dun fluide aériforme , f la preffion de l’atmof- phère ny mettoit obflacle. La feconde, que:

CS CCR ES

VAPORISATION DE L'ÉTHER. 11

ce paflage de Pétat liquide à l'état aériforme, eft accompagné d’un refroïdiffement confidé- rable , par la raïfon que pendant la vaporifa- tion, une partie du calorique , qui étoit dans un état de liberté, au moins d'équilibre dans les COIps EnvirONnans , fe combine avec Véther pour le porter à l’état de fluide aéri- forme. | La même expérience réullit avec tous les fluides évaporables , tels que lefprit-de-vin ou alkool , l'eau & le mercure même ; avec cette différence cependant que l’atmofphère d’al- kool qui fe forme fous le récipient, ne peut foutenir le baromètre adapté à la machine pneumatique , en hiver, qu’à un pouce au-deflus de. fon niveau, & à quatre ou cinq en été; que l'eau ne le foutient qu'à quelques lignes, & le mercure à quelques fra&ïions de ligne. Il y a donc moins de fluide vaporifé lorfqw’on opère avec l’alkool, que lorfqw'on opère avec Péther 3 moins encore avec l’eau , & fur- gout avec le mercure : par conféquent moins de calorique employé & moins de refroidiffe- ment; ce qui cadre parfaitement avec le réful- tat des expériences.

Un autre genre d’expérience prouve encore dune manière aufli évidente que Pétat aéri- forme eft une modification des corps & qu'elle

42 VAPORISATION DE L'ÉTHER: dépend du degré de température & de prefors qu'ils éprouvent.

Nous avons fait voir, M. de la Place & moi, dans un Mémoire que nous avons lu à: VAcadémie en 1777, mais qui na pas été ims: primé, que lorfque léther étoit foumis à une: prefion de 28 pouces de mercuré, c’eft-à-dire,, à une preflion égale à celle de l’atmofphère,. il entroït en ébullition à 32 ou 33 degrés du thermomètre de mercure, M. de Luc, qui a: fait des recherches analogues fur Pefprit-de.vin.. a reconnu qu'il entroït en ébullition à 67 de grés. Enfin, tout le monde fait que lea commence à bouillir à 8o degrés. L’ébulli-. tion métant autre chofe que la vaporifation. d’un fluide , ou le moment de fon paflage de: Vétat liquide à celui d’un fluide élaflique aéri-. forme , il étoit évident qu’en tenant conftam-. ment de léther à une température fupérieure- à 33 degrés & au degré habituel de preffion de: Patmofphére , on devoit l'obtenir dans l'état d’un. fluide aériforme ; que la même chofe devoits arriver à l’efprit-de-vin au-deffus de 67 degrés, & à l'eau au-deflus de 80, c’eft ce qui s’eft. trouvé parfaitement confirmé par les expérien=. ces fuivantes (*). [

(°), Mém, Académ, 1780, page 335«

VAPORISATION DE L'ÉTHER, 13

J'ai rempli avec de leau à 35 36 degrés du thermomètre un grand vafe ABCD, plans che VIT, figure 15 ; je le fuppofe tranfparent pour mieux faire fentir ce qui fe pañle dans fon intérieur ; on peut encore tenir les mains affez long-temps dans de l'eau à ce degré fans s’incommoder. J’y ai plongé des bouteilles à gouleau rénverfé F, G, qui sy font emplies, après quoi je les ai retournées de manière qu’elles euffent leur gouleau en en bas, & appliqué contre le fond du vafe.

Les chofes étant ainfi difpofées, j'ai intro duit de léther fulfurique dans un- très-petit matras, dont le col a 8 c étoit doublement re courbé ; j'ai plongé ce matras dans l’eau du vale ABCD, & j'ai engagé, comme on le voit reprefenté daus la fgure 15, extrémité de fon col à 8 c, dans le gouleau d’une des bouteilles F : dès que léther a commencé à reffentir limpreffion de chaleur, il eft entré en ébullition; &:le calorique qui seft combiné avec lui, la transformé en un fluide élafique aériforme, dont j'ai rempli fucceflivement plu- fieurs bouteilles F, G.

Ce w’eft point ici le lieu d'examiner la na- ture & les propriétés de ce fluide aériforme, qui eft très-inflammable ; mais fans anticiper fur des connoiffances que je ne dois pas fup-

4 VAPORISATION DE L’'ÂALKoo!ï; pofer au leéteur. , j'obferverai, en me fixant für Vobjet qui nous occupe dans ce moment, qué Péther , d’après cette expérience ; eft tout prêt de ne pouvoir exifler dans planette que nous habitons que dans l’état aériformie : que fr la pefanteur de notre atmofphère n’équivaloit qu'à une colonne de 20 ou 24 pouces de mercure at lieu de 28 , nous ne pourrions obtenir l’éther dans Pétat liquide, au moins pendant l'été ; que la forz mation de léther feroit par conféquent impof: fible fur les montagnes un peu élevées, & qu'il fe convertiroit en gaz à mefure qu'il feroit formé ; à moins qu'on n’employät des ballons très-forts pour le condenfer & qu’on ne joignît le refroidiflement à la preffion. Enfin, que le degré de la chaleur du fang étant à peu près celui léther pañle de l’état liquide à l’état aériforme, il doit fe vaporifer dans les premières voies, & qu'il eft très-vraifemblable que les propriétés de ce médicament tiennent à cet effet, pour ainfi dire, mécaniqué,

Ces expériences réuffiffent encore mieux avec Véther nitreux , parce qu'il fe vaporife à un de. gré de chaleur moindre que léther fulfurique. À légard de:Palkool ou efprit-de-vin ; l’expé- rience pour lobtenir dans l'état aériforme, de un peu plus de difficulté , parce que ce fluide n'étant fufceptible de fe vaporifer qu'à

_VAPORISATION DE L'ÉAU, à

67 degrés du thermomètre de Réaumur, il faut que l’eau du baïn foit entretenue prefque bouil: lante, & qu’à ce degré il n’eft plus poffible d'y plonger les mains, :: |

Il étoit évident que la même chofe devoit arriver à l’eau; que ce fluide devoit égale- ment fe transformer en gaz en lexpofant à un degré de chaleur fupérieur à celui qui le fäit bouillir 3 mais. quoïque convaincus cette vérité, nous ayons cru cependant, M, de la Place &: moi, devoir la confirmer par üuné expérience diredte, & en voici le réfultat. Nous avons rempli de mercure une jarre de verre À; planche VIT, figure 5, dont louverture

étoit retournée en en bas, & nous avons pañlé

deflous une foueoupe B, également remplie de mercure. Nous avons introduit dans cetté jarre environ deux gros d’eau, qui ont gagné le haut C D de la jarre, & qui fe font rangés au -deflus de la furface du mercure 5: puis nous avons plongé le tout dans ue grande chaudière de fer E F G H, placée fur un four- neau GHTRK : cette chaudière étoit remplie d’eau falée en ébullition, dont 1a tempéra- ture excédoit 8$ degrés du thermomètre ; on faits, en effet, que leau chargée de fels eft fufceptible de prendre un degré de chaleur fupérieur de plufieurs degrés à celui

6 VAPBORISATION DE L'Eau:

l’eau bouillante. Dès que les 2 gros d’eaü; placés dans la partie fupérieure C D la jarre ou tube, ont eu atteint la température 80 degrés ou environ, ils font eritrés en ébullition, & au lieu d’occüper, commeils le faifoiént , le petit efpace À C D; ils fe font convertis en un fluide aériforme , qui Pa remplie toute enx tière : le mercure efl même defcendu un peu au-defous de fon niveau, & la jatré äuroit été renverfée f elle n’avoit été très-épaille , par conféquent fort pefante , & fi elle n’avoit d'ailleurs été affüujettie à la foucoupe par du fil de fer, Si-tôt qu'on retiroit la jare du bain d’eau falée , l’eau fe condenfoit & le mercure remontoit ; mais elle reprenoit l’état aériforme quelques inflans après des Pappareil avoit été replongé:,

Voilà donc un certain nombre de fubftances qui fe transforment en fluides aériformes à des degrés de chaleur très-voifins de eeux dans lefquels nous vivons. Nous verrons bientôt qu'il en eft d’autres, tels que Pacide marin mu- riatique , lalkali volatil ou ammoniaque, l'acide carbonique ou ait fixe, l'acide fulfureux, &ec: qui demeurent conftamment dans l'état aéris forme , au degré habituel de: chaleur & preffion de latmofphère,

Tous ces faits particuliers ; dont il me feroit

facile

SENS DONNÉ AU mor Gaz! F7 facile de multiplier les exemplés, mautorifent à faire un principe général de ce que j'ai déjà ‘aïnoncé plus haut, que _prefque tous les corpsacde la Nour) font fufceptibles d’exif ter dans trois états différéns ; dans l’état folidité, dans l’état de liquidité, & dans Pétac aénfoïme, & que ces trois états d’un même corps dépendent de la quantité de calorique: -qui lui eft combine: Je défignerai dorénavant ces fluides acriformes fous le nom générique | de gax 3 & je dirai en conféquénce que ; dans toute efpèce de gaz, on doit diffinguer le .ca- loriqué ; qui fait en quelque facon Lofficé de diflolvant , & la fubflance qui-eft combinée avec lui & qui forme fa bafe; | C’eft à ces bafes des diférens. gaz me font encore peu connues ; que nous avons été obli- ges de donner des noms. Je les indiquerai dans de Chapitre IV cet. Ouvrâgé, après que J'aurai rendu compte quelques phénomènes gui accompagnent léchauffément & le réfroi : diffement des corps; & que j'aurai. donné-des idées plus précifés fur. la conflitution de. notre tmofphère,

Nous avons vu que les molécules pe tous les corps, de la Nature étoient dans, un, étar équihbre entre lattradtion, qui rend à les rap- rocher les réunir, &les efforts du calo-

U B d

18 ARRANG. DES MOLÉCULES DES Corps,

rique qui tend à les écarter. Ainfr non-feule- ment le calorique énvironne de toutes parts les corps, mais encore il remplit les intervalles que leurs molécules laiffent entr’elles. «On fe formera une idée de ces difpofitions ,.f l'on fe figure un vale rempli de petites balles de plomb & dans lequel on vérfe une fubflance en poudre très-fine, telle que du fablon : on conçoit que cette fubflance fe répandra uni- formément dans les intervalles que les balles laillent entr'elles & les remplira. Les balles , dans cet exemple, font au fablon ce que les

molécules des corps font au calorique ; avec cette différence que, dans l'exemple cité, les :

balles fe touchent , au lieu que les molécules

des corps ne fe touchent pas, & qu’elles font : toujours maintenues à une petite diflance les :

unes des autres par l’eflort du calorique.

‘Si à des balles dont la figure efl ronde , on |

fubilituoit des hexaëdres, des oë&aëdres, ou

des corps d’une figure régulière quelconque & | d’une égale folidité, la capacité des vuides qu'ils laiferoient entreux ne feroit plus la même & lon ne pourrait plus y loger une aufli grande quan! tiré de fablon. La même chofe arrive à l'égard | de tous les corps de la Nature ; les intervalles. qué leurs molécules laïffent entr’elles ne font

pas tous d’une égale capacité : cette capacité |

LEUR CAPACITÉ BOUR LE CALORIQUE. 19 dépend de figure de,ces molécules ; leur grofeur, & de la diflance les unes des autres à liquellé elles font maintenues, füivant le rap- port qui exifle entre leur force d’atiradion, & la force répulfive qu’exerce le calorique.

Ceft dans ce fens qu'on doit éntendré cette exprellion : : capacité des ‘corps pour contenir . matière de la chaleur; exprefion fort juite, introduite per les Phyfciens Anglois, qui ont eu les premiers des notions exades à cet égard, Un exemplé de ce qui fe pañlé dans l'eau & quelques : réflexions far la manière dont fluide mouille & pénètre les corps, rendra ceci

plus intelligible : on fâuroit trop s’aider dans les chofes abllraîtés de comparaifons fenfibles:

Si lon plonge dans lea des morceaux

différens bois, égaux en volume, d’un pied de par exemple; ce fluide s’introduira peu

à peu dans leurs pores; ils fe gonfleront & augmenteront de poids : mais chaque efpèce

de boïs adinettra dans fes pores une quantité d'éau différente ; lés plus légers & les plus po: reux en logeront davantage ; ceux qui. feront compades & ferrés, n’en Lion pénétrer qu’une trés-petite quantité : enfin, la propot- tion d’eau qu’ils recevront dépendra encore de la nature des molécules conflituantes du bois,

de l'affinité plus ou moins grande qu' elles au- Bi

20 EXEMPLE TIRÉ DE L'Eau. font avec l’eau, & les bois très-réfiieux, pat | exemple , quoique très-poreux, én admettront très-peu, On pourra donc. dire que les difé-. tentes efpèces de bois ont une capacité diffé, rente pour recevoir de l’eau; on pourra même. connoître | par Patpgmentation poids, la! quantité qu'ils en auront abforbée ; mais comme: on ignorera la quantité d’eau qu'ils contenoient avant leur immerfion , il ne fera pas pofible de connoïître la quantité abfolue qu'ils en con téndront en en fortant, Les mêmes circonftances ont lieu à Pégard! dés corps qui font plongés dans le calorique 3 en obfervant cependant que l’eau eft un fluide incomprefMible , tandis que Île calorique eff doué d'une grande élaficité, ce qui fignifie « d’autres termes que les molécules du calorique ont une grande téndance à s’écarter les unes des autrés, quand une force quelconque les obligées de fe rapprocher, & lon conçoit qu cette Girconflance doit apporter des change iêns très-notables dans’ les réfultats. Les chofes amences à ce point de clarté | fiiplicité , il me ferataifé de faire enténdié quellés font les idées quon doit attacher” ces expreffions ; : calorique. Libre , &''caloriqu combin ‘yuantiré Jpécifique calorique con tenue” "dans les différens corps, capacité pot

«

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SENS DIVERS DU MOT CALORIQUE. L'ET

eontenir le calorique, chaleur latente, chaleur Jenfible | toutes expreffions qui ne font 'point | {ynonimes ; mais qui, d’après ce que je viens d’expofér, ont un fens flridt & déterminé..C’elft ce fens que je vais chercher. encore à fixer’: Pa quelques définitions.

Le calorique libre eft cel qui n'eft ‘engagé dans aucune combinaifon. Comme noùs vivons au milieu d'un fyflême de corps avec lefauels Le calorique à de l’adhérence, il en réfulte que nous n'obtenons jamais ce principe dans l’état de liberté abfolue, |

Le calorique combiné eft celui qui eft enchaîné dans les corps par la force d’affinité ou- d’at- traction , &.qui confltue une partie de leur _fubflancé , même de leur folidité.

On entend par cette expreMon calorique pécifique des Coëps, la quantité de calorique refpedivement néceffaire pour élever d’un même nombre de, degrés la température de pluñeurs corps égaux en poids, Cette quantité de calorique dépend de la diflance des molécules des COL DS, de leur adhérence plus on moins grande; & c’eft cette, diflance , ou plutôt ef pace qui en réfute, qu'on à nommé , comme je Pai. déjà obfervé, capacité pour, contenir le calorique. |

La chaleur, confidérée comme fenfation, en d'autres termes, la chaleur fenf ble :

B üj

22 ACOERTION DU MOT CHALEUR.

v'eft que leffet produit fur nos organes par le paflage du calorique qui fe dégage des corps environnans, En général nous n’éprouvons de fenfation que par un mouvement quelconque, & l’on pourroit pofer comme un axiome, point de mouvement, point de fenfation. Ce principe général s'applique naturellement au fentiment du froid & du chaud : lorfque nous touchons un corps froid, le calorique qui tend à fe mettre en équilibre dans tous les corps, pafle de notre main dans le corps que nous tou- chons, & nous éprouvons la fenfation du froid. L'effet conraire arrive lorfque nous touchons un corps chaud ; le calorique paffe du corps à notre main, & nous avons la fenfation de la chaleur, Si le corps & la main font du même degré de température , à peu près, nous wéprouvons aucune fenfation, ni de froïd, ni

de chaud, parce qu’alors il »’y a point de.

mouvement, point de tranfport de calorique, & qu'encore une fois 1l n’y à pas fenfation fans un mouvement qui Poccalonne.

Lorfque le thermomètre monte, c'eft une preuve qu'il y a du calorique lib qui £e ré. pand dans les corps enviromnans .: 1e thermo- mètre, qui eft au nombre de cès corps, en reçoit fa part , en raïfon de fa malle, & de Ja capacité qu'il a lui-même pour contenir le

MANIÈRE DE MESURER LE CALORIQUE, 23

calorique. Le changement qui arrive dans le thermomètre, r’annonce donc qu'un déplace- ment de calorique, qu’un changement arrivé à un fyftême de corps dont il fait partie ; il n’in-- dique tout au plus que portion de calorique qu'il a reçue, mais il ne mefure pas la quan- uité totale qui a été dégagée, déplacée ou ab- forbée, Le moyen le plus fimple & le plus

at pour remplir ce dernier objet eft celui imaginé par M. de la Place, & qui eft décrit dans les Mémoires de l'Académie , année r780, page 364 On en trouve auffi une explication fommaire à la fin de cet Ouvrage. Il confifle à placer le corps, ou la combinaifon d’où fe dégage le caloriqie, au milieu d’une fphère creufe de glace : la quantité de glace fondue véft une expreffion exatte de la quantité de ca- lorique qui s’eft dégagée. On peut, à laide de lappareil que nous avons fait conftruire d’après cette idée, connoître , non pas com- me on la prétendu, la capacité qu'ont les corps pour contenir le calorique, mais le apport des augmentations diminutions que reçoivent ces capacités, par des nombres dé- | terminés de degrés du thermomètre. Il efl facile, avec le même appareil, & par diverfes com- binaïfons d'expériences, de connoître la quan- tic de calorique néceflaire pour convertir les.

B

24 DE L'ÉLASTICITÉ DES Corps. corps folides en liquides & ceux:ci en fluides acriformes, & réciproquement, ce que les fluides élafiques abandonnent de calorique quand ils redeviennenteliquides , & ceux-ci quand! ils redeviennent folides. On pourra donc parvenir un jour, lorfque les expériences auront été allez multipliées, à déterniner le rapport de calorique-’qui conflitue chaque efpèce de'gaz. Je rendrai compte, dans un Chapitrespartion- lier, des, principaux réfuhats que nous avons obtenus en ce genre.

Il me refte., en finiffant .cet article, à pHrr

un mot, far la caufe de Félafhoité des gaz.& des, fluides enyapeurs. Il n’eft pas:-difäicile d’apper- cevoir: que cette élaficité tit à celle Au.calo=

rique, qui paroi être le corps éminemment,

élaftique de Ja nature. Rien.de plus fimple.que de conceyoir qu'un corps. devient élaflique,jen

fe combinant avec un autre qui eft lui-méré. doué de cette propriété. Mais il: faut. convenif

que ceft expliquer Pélaficité. par Pélaflicitéss qu'on ne fai, par-là que reculer la difficulté, ._& qu'il refle toujours à expliquer ce que .c’eft que lélañicité., & pourquoi.le, calorique ef. élafique. En confidérant l'élaficité duns un: fens.

abftrait, elle n’eft autre chole que la propriété.

qu'ont Jes. molécules d'uncorps, s'éloigner les unes des autres , lorqu'on les a forcées dé,

æ

es

De L'ÉLASTICITÉ DES Corps. 2

s'approcher. Getite tendance qu'ont les molé- cules du calorique à s’écarter, a lieu même à de fort grandes diflances. On en fera convaincu fi lon confidère que lai eft fufceprible d'un grand-degré de compreffion; ce qui, fuppofe que fes molécules font déjà très-éloignées les unes des autres : car la, poffibilité de fe rap procher, fuppofe une diflance au moins égale à la quantité du rapprochement. Or ces. molé- eules de.lair qui fonu déjà très-éloignées en- telles tendent encore à s'éloigner davantage: en effet, fi on fait le yuide de Boyle dans un

- très-yafle récipient, les dernières portions d’aix

qui y reftent fe répandent uniformément dans toute la capacité. du vale, quelque grand qu'il foi; elles rempliffeñt en, entier &ipreffent contre fes parois : or cet effet ne peut s’expli-

. quer qu’en fuppofant que les molécules. font

un-éfforc en tout. fens pour s’écaiter; & l’on ne connoîtrpoint la diffance à laquelle:ce phéno- mêne s'arrête,

:: AÏiya:donc une véritable répulfion entre les

molécules des fluides élafliques ; ou :du:moins les.chofes.fe paflent de la même manière que fiicete répulfion avoit lieu, & onsnroitiauel que droit d'en conclure,que ies:molécules du calorique, fe repouffent les unese les} autres. Çette force de répulfon-une fois admife, les

7

26 DE L'ÉLASTICITÉ pres Corvs.

explications relatives à la formation des fluides aériformes ou gaz deviendroient fort fimples : mais il faut convenir en même temps qu'une force répulfve, entre des molécules très-pe- ttes, qui agit à de grandes diflances ef diffi- cile à concevoir.

Il paroîtroït peut-être plus naturel de fup- pofer que les molécules du calorique s’attirent plus entrelles que ne le font les molécules des corps, & qu’elles ne les écartent que pour obéir à la force d’attradion qui les oblige de fe réunir, Il fe pañfe quelque chofe d'analogue à ce phénomène , quand on plonge une éponge

“sèche dans de Peau: elle fe gonfle ; fes mo- lécules s’écartent les unes des autres, & l’eau”

remplit tous les intervalles. Il eft clair que cette éponge en fe gonflant a acquis plus de ‘capa- cité pour contenir de l’eau , qawelle n’en avoir auparavant, Mais peut-on dire que Pintroduc- tion de l’eau entre fes molécules leur ait com- muniqué une force répulfive qui tende à les écarter les unes des autres? Non, fans doute : ilny a an contraire que des forces attradives qui agiflent dans ce cas , & ces forces font, 1°. la pefanteur de Peau & lation qu’elle exerce en tout fens, comme tous les fluides ; 2°. la force attradive des molécules de lea les unes à légard des autres ; 3°. la force

DE L'ÉLASTICITÉ pes Corps. 27 attradive des molécules de Péponge entrelles: enfin , l'attraction réciproque. des molécules de Peau & de celles de l'éponge. Il eit aïfé de concevoir que c’eft de l’intenfité & du rapport de toutes ces forces, que dépend l’explication du phénomène. Il eft probable que l'écartes ment des molécules des corps par le calori- que, tient de même à une combinaifon de différentes forces attra@ives, & c’eft le réfultat de ces forces que nous cherchons à exprimer dune manière plus concife & plus conforme à Pétat d’imperfeéion de nos connoiflances , lorf= que nous difons que le calorique communique une force répullive aux molécules des corps,

28 FORMATION DES ATMOSPHÈRE.

BRIE ARE RIRES TE FE LEUR DER TON RESTE ETATS PERS NITE |

ECTLPERTES

G'ERAPMTRE LE

Wues générales fur la formation & La confli= tuUtion de l’atmofphère de la terre.

; 13 confdérations. que je viens de préfenter fur la formation des fluides élafliques aériformes ou gaz, jettent un, grand jour fur la manière dont fe font formées, dans l’origine des chofes,

les atmofphères des planètes , & notamment

celle de la terre. On conçoit que cette der nière doit être le-réfultat & le mélange 1°: de toutes les fubflances, fufceptibles de fe vapo- rifer ou plutôt de refter dans Pétat aériforme. au degré de température dans lequel nous vi-

vons, & à une preflion égale au poids d’une colonne de mercure de 28 pouces de hauteur z 2°. de toutes les fubftances fluides ou concrètes

fufcepübles de fe diffoudre dans cet affemblage de différens gaz.

Pour mieux fixernos idées relativement à cette. matière fur laquelle on n’a point encore afflez

réfléchi, confidérons un moment ce qui arriveroit

aux différentes fubftances qui compofent le glo- |

be, fi la température en étoit brufquement chan gée. Suppofons, par exemple, que la terre fe trouvât tranfportée tout à coup dans une

EE I NE

/ LIMITE DES ATMOSPHÈRES, 29 gion beaucoup plus chaude du fyflême folaires dans la région de mercure, par exemple, la: chaleur habituelle eft probablement fort fupé- rieure à celle de l’eau bouillante : bientôt l’eau , tous les fluides fufceptibles de fe vaporifer à des dégrés voifins de l’eau bouillante, & mercure lui-même, entreroient en expanfion : ils fe transformeroient en fluides aériformes ou gaz, qui deviendroient parties de l’atmofphère. Ces nouvelles efpèces d’air fe méleroient avec celles déjà exiflantes, & il en réfulteroit des décompofitions réciproques, dés combinaifons nouvelles , jufqu’à ce que les différentes afñ- nités fe trouvant fansfaites, les principes qui compoferoient ces différens airs ou gaz, arri- valent à un état de repos, Mais une confidé- ration qui ne doit pas échapper, c’éft que cette vaporifation même auroit des bornes : en effet à mefure que la quantité des fluides élaftiques agmenteroit , la pefanteur de latmolfphère s’accroîtroit en proportion : Or, puifqu'uné preflion quelconque eft un obflacle à la vapo- mfation , puifque les fluides les plus éva- . porables peuvent réfifer, fans fe vaporifer, à une chaleur très-forte , quand on y oppofe une p'eflion propoïtionnellement plus forte encore; enfin ypuifque l’eau ellé-même & tous les li quides , peuvent éprouver dans la machine de

30 FORMATION DES ATMOSPHÉRES Papin, une chaleur capablé de les faire rougit on conçoit que la nouvelle atmofphère arri- veroit à un degré pefanteur tel, que l’eau qui nauroit pas été vaporifée jufqu’alors, cef- feroit de bouillir, & refteroit dans l’état de liqüidité ; en forté que même dans cette fupz pofñtion , comme däns toute autre de même genre ; la pefanteür de l’atmofphère feroit liz mitée & ne pourroit pas excéder un certaii terme: On pourroit porter cés réflexions beau: goup plus loin, & examiner ce qui arriveroït aux pierres, aux fels, & à la plus grande partie des fubflances fufbles qui compofent le globe : on conçoit qi'elles fe ramolliroient, qu’elles entreroient en fufon & forméroïent des fluides; mais ces dernières confidérations fortent de Mon objet, & je me hâte d'y rentrer.

Par un effet contraire, fi la étre fe trouvoit tout à coup placée dans des régions très-froiz des, l’eau qui forine aüjourd’hüi nos fleuves & nos mers, & probablement le plus grand nombre des fluides que noùs connsiflons, fe transformieroit en montagnes folides, en rochers très-dürs, d’abord diaphares, homogènes & blancs comme criflal de roche ; mais qui, ävec le temps, fe mêlant avec des fubflances de différenre nature , deviendroient des pierres opaques diverfement colorées,

ATMOSPHÈRE DE LA TERRE. 3i L’ar, dans cette fuppoñtion, ou au moins une partie des fubflances aériformes qui le com= pofent, cefleroïent fans doute d’exifter dans l'état de vapeurs élafiques , faute d’un degré de chaleur fufifant ; elles reviendroient donc à Pétat de liquidité, & il en réfulteroït de nouveaux liquides dont nous n'avons aucune idée,

Ces deux füppoftions extrêmes font voir clairement 1°. que JoXdiré , liquidité, élaflicité , font trois états diflérens de la même matière, trois modifications particulières, par lefquelles prefque toutes les fubflances peuvent fucceff- vement pañler, & qui dépendent uniquement du degré de chaleur auquel elles font expo fées, c’ell-à-dire, de la quantité de calorique dont elles font pénétrées ; 2°, qu'il eff très-pro- bable que lair eft un fluide naturellement en vapeurs , pour mieux dire, que notre at- mofphère eft un compofé de tous les fluides fufceptibles d’exifler dans un état de vapeurs & d'élaficité conflante, au degré habituel de chaleur & de prefion que nous éprouvons ; 3°. qu'il ne feroit pas par conféquent impolfible quäl fe rencontrât dans notre atmofphère des fubflances extrêmement compaétes, des métaux même, & qu'une fubflance métallique, par exemple, qui feroit un peu plus volatile que le mercure, feroit dans ce cas.

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x : + b e $ 0 : 3 + À 32 ÎDÉE SUR L'AURORE BORÉALÉ.

On fait que parmi les fluides que nous con:

hoïflons , les uns , comme l’éau & l’alkoo! du

éfprit-de-vin, font fufceptibles de fe mêler les uns avec les autres dans toutés proportions : les autres , au contrairé, comme le mercüre, Peart & l'huile , ne petivent contra@er que des adhé- rences mémentanées, 118 fépärent les uns des autres lorfqu'ils ont cté mélangés, & fe iangent en raifon de leur gravité fpécifique. même chofe doit, a moins peut arriver dans l’atmofphère : il eft poffible, il ft même probable qu'il s’'eft formé dans origine & qu'il fe forme tous les jours des gaz qui ne font que difficilement mifcibles à Par de. latmof- phèré & qi s’en féparént ; fr ces gaz font plus légers , ils doivent fe raffembler ‘dans les ré- gions élevées, & y former des couches qui

nagent fur lai atmofphérique. Les pheéno-

nènes qui accoinpagnent les météores ignés me portent à cioire qu'il exife ainf dans le Haut de l’atnsofphère ühe couche dun fluide inflammable, & que c’eft äu point de contatt de ces deux couches d'air que sopèrent les phénomènes de Faurore boréale & des autres météores ignés, Je me propole de développer nes idées à cet ce d dans un Mémoire partis

CHAPITRE

cultér.

mm.

ANALYSE DE L'ATMOSPHÈRE 3

gui e

CHAPITRE II Lnalyfe de l'air de l'atmofphere + Ja réjolution

en deux fluides élafliques ; l’un refpiräble, l'autre mon-refpirable,

1 DUR eft donc à priori, la conflitution de notre atmofphère ; ellé: doit être formée de la: réunion toutes les fubftances fufceptibles de demeurer dans l'état aéfiforme au degré habi: tuel de température & de preflion Que nous éprouvons. :Ces fluides forment une .mafle de nature à peu près homogène ; depuis la fiface ide lalterre, jufqu’à la plus grande hauteur à quelle on foit, encoré parvenu , &-dont la. denfité décroît en raifon inverfé des poids dônt pelle eftichargée ; mais: comme je lai dit; ileft poffiblé que cette première couche foit recou- verté d’une. on de plufieurs autres de fluides: Les: diférenss & | nous refle maintenant à déterminer quel eft émombre & quelle éft la nature des fluides Jañiques qui compofent ceite couche infé:: ienre Re, nous habitons ; & c’eft: fur quoi. expérience va, nous éclairer: La Chimie me- erné 4 fait à cet égard'un grand pas3 & les. étails dans lefquels je vais entrer feront çon- G

34 DÉCOMPOSITION DE L'Arx

noître que Pair de latmofphère eft.peut-être de toutes les fubflances de cet ordre, celle dont Panalyfe eft la plus exaûtement & la plus rigou- reufement faite,

La Chimie préfente en général deux moÿens pour déterminer la nature des parties confii- tuantes d’un corps, la compoñition & la dé- compoftion. Lors, par exemple , que l’on a combiné enfemble de Peau & de lefprit-de- vin alkool, & que par le réfultat de ce mélange on à formé l’efpèce de liqueur qui porte le.nom d’eau-de-vie dans le commerce, on a droit d'en conclure que l’eau-de-vie eff un compofé d’alkool & d’eau : mais on peut arriver à la même conclufon par voie de dé- | compofition , & en général on ne doit être | pleinement fatisfait en Chimie qu’autant qu’on | a pu réunir ces deux genres de preuves.

On a cet avantage dans l’analyfe de Pair de : l'atmofphère ; on peut le décompofer & le : recompofer; & jme bornerai à rapporter ici les expériences les plus concluantes qui aient été faites à cet égard. Il n’en eft prefque au- cunes qui ne me foient devenues propres , foit ! parce que je les ai faites le premier, foit parce | que je les répétées fous un point de vue nouveau , fous celui d’analyfer l'air de l’atmof=

ph Ce

PAR LE MERCURE, 35 Ja pris, planche IT, figure 14, un matras À de 36 pouces cubiques environ de capacité dont le col BCDE étoit très- long , & avoit fix à fept lignes de groffeur intérieürement. Pai courbé, comme on le voit repréfenté ; planche If, pate 2, de matière quil pût êtré placé dans un fourneau MMN N. » tandis qué Vextrémité E de fon col iroit $ engager [ous la cloche F G, placée dans un bain de mercure RRSS. J'ai introduit dans matras quatre Gnces de mercure très-pur, puis en füçant aveé ün fphon que j’aiintroduit (ous la cloche FG, Jai élévé le mercure jufqu'en LL: j'ai marqué | foigneufement cette hauteur avec uné bande

papier collé, & j'ai obfervé exadtement le baroë mètre & le thermomètre,

Les chofes ainfi préparées , j'ai allümé du feu dans le fourneau M MNN, & je lai en- tretenu prefque continuellement pendant douzé jours , de manière que le mercure fut échaufe prefqu’au degré nécefläire pour le faire bouillir,

JL ne’ selt rien pañlé remarquable pén- dant tout le premier jour : mercure quoique non bouillant, étoit dans un état d’évapora- ftion continuelle ; il tapifloit l'intérieur des vai£ Mfeaux de less , d'abord très-fines, qui Ioient enfuite en augmentant, & qui, lorfqu’elles avoient acquis un certain volume,retomboient Ci

36 DÉCOMPOSITION DE L’Arx

d’elles-mêmes au fond du vafe, & fe réumif- {oient au refte du mercure, Le fecond jour, j'ai commencé à voir nager fur la furface du wercure de peutes parcelles rouges, qui, pen: dant quatre cinq jours ont augmenté en nombre & en volume; après quoi elles ont ceflé de groflir & font reftées abfolument dans le même état. Au bout de douze jours voyant que la calcination du mercure ne fifoit plus aucun progrès, j'ai éteint le feu & j'ai laiflé refroidir les vaïfleaux. Le volume de Pair contenu tant dans le matras que dans fon. col & fous la partie vuide de la cloche, réduit à une preffon de 28 pouces 10 degrés du thermomètre, étoit avant l'opération de so pou ces cubiques environ. Lorfque l'opération a été finie, ce même volume à prefion & à rempé- rature égale, ne s’eft plus trouvé que de 42 à 43 pouces : il y avoit eu par conféquent une diminution de volume d'un fixième environ. D'un autre côté ayant raffemblé foigneufement les parcelles rouges qui s’étoient formées, & les ayant féparces autant qu'il étoit poflible du mercure coulant dont elles étoient baignées, leur poids s’eft trouvé de 45 grains. :

J’ai été obligé de répéter plufieurs fois cette calcination du mercure en vaifleaux clos, parce qu’il eft difficile, dans une feule & même expé-

PAR LE MERCURE, 37

mence , de conferver l'air dans lequel on a opéré, & les molécules rouges-ou chaux de mer- gure qui s’eft formé. Il n'arrivera fouvent de con- fondre ainf , dans un même recit, le réfaltat de deux ou trois expériences de même genre,

L'air qui refloit après cette opération & qui avoit été réduit aux cmq fixièmes de fon vo- lume , par la calcination ‘du mercure , n’étoit plus propre àla refpiration ni à la combufion; car les animaux qu'on y introduifoit y périf- foient en peu d'inftans, & les lumières sy éteignoient fur le champ , comme ff on les eût plongées dans de Peau.

D'un autre côté, j'ai pris les 45 grains de matière rouge qui s’étoit formée pendant l’opé- ration ; je les introduits dans une très-petite cornue de verre à laquelle étoit adapté un ap- pareil propre à recevoir les produits liquides & aériformes qui pourroient fe féparer : ayant ‘allumé du feu dans le fourneau , j'ai obfervé qu'à mefure que la matière rouge étoit échauffée. » fa couleur augmentoit d’intenfité. Lorfqu’enfuite la cornue à approché de l’incandefcence , la matière rouge à commencé à perdre peu à pew de fon volume ; & en quelques minutes elle à entièrement .difparu ; en même temps il s’eft condenfé dans le petit récipient 41 grains = de mercure coulant, & il a pañlfé fous la cloche C 5j |

33 DÉécomeosrTrons

7 à 8 pouces cubiques d’un fluide élaftique beau- coup plus propre que l'air de latmofphère à entretenx la coinbuftion & la refpiration des anuinalix,

Ayant fait paffer une portion de cet air dans un tube de verre d’un pouce de diamètre & y ayant plongé une bougie ; elle ÿ répandoit un éclat éblouiffant ; le charbon au lieu de sy confommer Da Mbi boat comme dans l'air or- dinaire , y brûloit avec famme & une forte de. ce ont à la manière du phofphore, & avec une vivacité de lumière que les yeux avoient peine à fupporter. Cet air que nous avons découvert prefque en même temps, M. Prieftley, M, Schéele & moi, a été nommé par le premier, ar déphl ogifliqué ; par le fecond, air empiréal. Je lui avois d'abord donné le nom d'air éminemment refpirable : depuis, on y a fubflitué celui d'air viral. Nous verrons bientôt ce qu’on doit penfer de ces dénomina- tions.

En réfléchiffant fur les circonflances de eette expérience , on voit que le mercure en fe cal- cinant abforbe la partie falubre & refpirable de l'air, ou, pour parler d’une manière plus ri- goureufe , la bafe de cette partie refpirable ; que la portion d'air qui refle eft une efpèce de mofète , incapable d’entretenir la combuf.

DE L’'Arr ATMOSPHÉRIQUE, 30 tion & la refpiration : l'air de l’atmofphère ef donc compofé de deux fluides élaftiques de nature différente & pour ainfi dire oppofée.

Une preuve de cette importante vérité , c’eft qu'en recombinant les deux fluides élafiques qu'on a ain obienus féparément, c’eft-à-dire, les 42 pouces cubiques de mofète, air non refpirable , & les 8 pouces cubiques d'air refpirable , on reforme de Pair, en tout fem- blable à celui de l’atmofphère, & auieft propre à peu près au même degré, à la combufion, à la calcination des métaux, & à la refpiration des animaux.

Quoique cette expérience fournifle un moyen infiniment fimple d'obtenir féparément les deux principaux fluides élafliques qui entrent dans la compofition de notre atmofphère, elle ne nous donne pas des idées exactes fur la pro- portion de ces deux fluides. L’affiniré du mer- cure pour la partie refpirable de Pair, plutôt pour fa bafe , n’eft pas affez grande pour qu’elle puifle vaincre entièrement les obfiacles qui s’oppofent à cette .combinaifon. Ces obflacles font ladhérence des deux fluides confüitutifs de Pair de Patmofphère & la force d’afinité qui unit la bafe de Fair vital. au ealo- rique : en conféquence la calcination du mer- cure finie, on au moins portée aufli loin/qu’elle

C iv

40 « DÉCOMPOSITION DE L'Art peut l'être , dans une quantité d'air: détermi- née, il refle encore un peu d'air refpirable combiné avec Ha mofète, & le mercure ne peut en féparer cette dernière portion, Je ferai voir dans la fuite que la proportion d'air ref- pirable & d’air non refpirable qui entre dans a compoftion de Pair atmofphérique efl dans Je rapport de 27 à 73, au moins dans les cli- mats que nous habitons : je difcuterai en même temps les caufes d'incertitude qui exiflent en- core fur lexaditude de cette proportion. Puifqu'il ÿ a décompoñtion de Pair dans la çgalcinauon du mercure, puifqu'il:y a fixation | & combinaifon de la bafe de la partie refpi- Table avec le mercure, il réfulte des principes que jai précédemment expolés, qu'il doit y avoir dégagement de-calorique & de lumière ; & Pon ne _fauroit.donter .que ce dégagement -mait lieu en eflet : mais deux caufes-empêchent qu'line foit rendu fenfible dans Pexpérience ont je viens de rendre compte, La première, parce que la calcination durant pendant. plu- feursijours, le dégagement de chaleur & de dumière, réparti. fur un sanffi, long intervalle de temps, eft infiniment foible pour. chaque inflant.en particulier 4 la feconde ; parce que l'opération fe faifant.dans un. fourneau & à l’aide du feu la chaleur occalionnée par la-caleina= ;

+

en RARE | Fisir 4i tion fe confond avec cellé du fourneau. Je pourrois ajouter que la partie refpirable de Pair, ou plutôt fa bafe, en fe combinant avec le mercure, n AR are pas la totalité du calorique qui lui étoit uni, qu’une partie de- meure engagée dans la nouvelle combinaifon ; mais cette difcuflion & les preuves que je ferois obligé de rapporter, ne feroient pas à leur He ici, ;

Il elt au furplus aïfé de Eine fenfible le dégagement de la chaleur & de la lumière en @pérant dune manière plus prompte la décom- poñtion de l'air. Le fer , qui a beaucoup plus d'ainité que le mercure avec la bafe dela partie refpirable de Pair , en fournit un moyen, Tout le monde connoît aujourd'hui la belle expérience de M, Ingenhouz fur la combution sdu fer. On prend un bout de fil de fer très-fin BC, planche IV, figure 17, tourné en fpiale,

L on fixe l’une de fes extrémités B, dans un bouchon de liége A, defliné à boucher la bou- teille DEF G. On attache à l’autre extrêmité de ce fil de ea un petit morceau d’amadoue C. Les chofes ainfi difpofées, on emplit ave de l'air dépouillé de fa partie non relpirable 4 la bouteille DEF G. On allume lamadoue ©, puis on lintroduit promptemcent, ainff que le

il de fer BC. dans la bouteille: & on la bou-

À

42 DÉCOMPOSITIOoN DE L’Arr

che comme on le voit dans la figure que je viens de citer.

Aufi-tôt que l’amadoue ef plongée dans Vair vital, elle commence à brüler avec un éclat éblouiflant ; elle communique Vinflamma- tion au fer, qui brüle lui-même en répandant de brillantes étincelles , lefquelles tombent au fond de la bouteille, en globules arrondis qui deviennent noirs en fe refroidiffant , & qui confervent un refte de brillant métallique. Le fer ainf brük , eft plus caffant & plus fragile, que ne le feroit le verre lui-même ; il fe réduit facilement en poudre & eft encore attirable à Paimant , moins cependant qu'il ne l'étoit avant fa combuftion.

M. Ingenhouz w’a examiné ni ce qui arri- voit au fer, ni ce qui arrivoit à l’ar dans cette opération , en forte que je me fuis trouvé obligé’ de la répéter avec des circonftances différentes & dans un appareil plus propre à répondre à mes vues.

J'ai rempli une cloche À, planche IF, fig. 7, de fix pintes environ de capacité d’air pur, autre- ment dit, de la partie éminemment refpirable de Pair. Jai tranfporté, à l’aide d’un vafe très-plat, cette cloche fur un bain de mercure content dans le baflin B C; après quoi jai féché foigneu- fément avec dun papier gris la furface du mer-

| | |

P AJRIMEUE. -F'ENRA 43 eure, tant dans Pintérieur qu’à l'extérieur de Ja cloche. Je me fuis muni, d’un autre côté, d’une petite capfule de porcelaine D, plate & évafée, dans laquelle jai placé de petits co- peaux de fer tournés en UE & que jai arrangés de la manière qui m'a paru la plus favorable pour que la combuftion fe commu- niquât à toutes les parties. À Pextrémité d’un de ces copeaux, j'ai attaché un petit morceau d'amadoue , & j’y ai ajouté un fragment de phofphore, qui pefoit à peine un feizième de grain. J'ai introduit la capfule fous la cloche en foulevant un peu cette dernière. Je n’ignore pas que par cette manière de procéder, il fe mêlé une petite portion d'air commun avec Vair de la cloche; mais ce mélange, qui eft peu confidérable lorfqwon opère avec adrefle, ne fuit point au fuccès de l'expérience. |

Lorfque la capfule D eft introduite fous la cloche, on fucce une partie de Fair qu'elle contient, afin d’élever le mercure dans fon inté- rieur jufqu'en EF ; on fe fert à cet effet d’un fphon GHT, qu'on pañle par-deffous, & pour qu'il ne fe remplifle pas de mercure, on tortille un petit morceau de papier à fon extrémité. Il y a un art pour élever ainfi en fuçant le mercure fous la cloche : f on fe contentoit d’afpirer Pair avec le poumon, on n’atteindroit qu’à une

44 Décomposition DE L’Arr

très-médiocre élévation, par exemple , d'un pouce ou d’un pouce & demi tout au plus, tançis que par Padion des müfcles de la bou- che on élève, fans fe fatiguer, ou au moins fans rifquer de s’incommoder , le mercure juf- qu'à 6 à 7 pouces.

Après que tout a été ainfi préparé, on fait rougir au feu un fer recourbé MN, planche IV, figure x4, defliné à ces fortes d’expériences ; on le pañle par-deffous la cloche & avant qu’il ait eu le temps de fe refroidir , on l'approche du petit morceau de phofphore contenu dans la capfule de porcelaine D : aufli-tôt le phofphore s’allu- me, 1] communique fon inflammation à lama- doue , & celle-ci la communique au fer. Quand les copeaux ont été bien arrangés, tout Le fer brûle jufqu'an dernier atôme, en répandant une lumière blanche , brillante, & femblable à celle qu'on obferve dans les étoiles d'artifice Chinois. La grande chaleur qui s'opère pendant cette combullion, liquéfie le fer, & il tombe en globules ronds de groffeur différente, dont le“plus grand nombre refle dans la capfule, & dont quelques-uns font lancés au dehors & nagent fur la furface du mercure,

Dans le premier inflant de la combultion il y a une légère augmentation dans le volume de Pair, en raifon de la dilatation occafonnée

SN BA RTE Fete 4ÿ par la chaleur: mais bientôt une diminution rapide fuccède à la dilatation ; le mercure rez monte dans la cloche, & lorfque la quantité de fer eft fuMfante, & que l'air avec lequel on opère eft bien pur, on parvient à labforber prefqu’en entier,

Je dois avertir ici qu’à moins qu’on ne venillé faire des expériences de recherches, il vaut mieux ne brûler que des quantités médiocres de fer. Quand on veut poufler trop loin l'ex: périence & abforber prefque tout l'air, la cap fule D qui nage fur le mercure, fe rapproche trop. de la voûte de la cloche, & la grande chaleur jointe au refroïidiflement fubir ; OCCA- fionné par le contad du mercure, fait éclater le verre : le poids de la colonne de mercure qui vient à tomber rapidement, dès qu'il s’eft fait une félure à la cloche, occafonne un flot qui fait jaillir une grande partie de ce fluide hors du baflin, Pour éviter ces inconvéniens & être sûr du fuccès de l'expérience , on ne doit guère brüler plus d’un gros & demi de fer fous une cloche de huit pintes de capacité. Cette clo- che doit être forte , afin de réfifler au poids de mercure aw’elle eft deflinée à contenir.

Il neft pas polible de déterminer à la fois dans certe expérience, le poids que le fer ac-

quigit, & les’ changemens arrivés à Pair, Si c’eft

46 AUGMENTATION DU POIDS DE L’Aik: l'augmentation de poids du fer & fon rappért avec l’abforpuon de Pair, dont on cherche à con: noître la quantité, on doit avoir foin de marque très-exactement fur la cloche, avec un trait diamant , la hauteur du mercure avant & après lexpérience ; on pafle enfuite fous la clothe le fphon GE, planche IV, figure 3, garni d’un pa: pieï qui empèche qu'il ne s’emplifle de mercure: On met le pouce fur l'extrémité G, & ôn rend Pair peu à peu en fouleyant le pouce. Lorfque mercure eft defcendu à fon niveaü, on enlèvé doucement la cloche ; on détache la capfule les globules de fer qui y font contenus; on raflemble foigneufement ceux qui pourroient s'être éclabouffés & qui nagent fur le mercure; & on pèfe le tout. Ce fer eft dans l'état de que les änciens Chimifles ont nommé é4iops martial; il a une forte de brillant métallique ; il él très caflänt , très-friable,; & fe réduit en poudre fous le ne & fous le pilon. Lorfque l'opération a bien réufi, avec 100 grains fer on obtient 135 à 136 grains d’éthiops. On pent donc compter fur une augmentation poids au moins de 35 livres’ par quintal.

Si lon a donné à cette expérience toute l'attention qu’elle mérite ; Pair fe trouve dimi- nué d’une quantité en poids exactement égale à celle dont le fer eft augmenté, Si donc on a

DimiINUTION DU POIDS DE L’Arr, 44 brûlé 100 grains de fer & que l'augmentation de poids que ce métal a acquife ait été de é grains , la diminution du volume de Pair eft affez exattement de 70 pouces cubiques à raifon d’un demi-grain par pouce cube, On verra dans la fuite de ces Mémoires, que le poids de l'air vital eft en efet, n. exactement , d’un demi-grain par pouce cube.

Je le ici une dernière fois que dans toutes les expériences de ce genre, on ne doit point oublier de ramener par le calcul le volume de Pair au commencement & à la fin de Pexpé. rience à celui qu’on auroït eu à 10 degrés du thermomètre, & à une preflion de 58 pouces : j'entrerai dans quelques détails fur la manière de faire ces corre“ions , à la fin de cet Ouvrage.

Si c’eft fur la qualité de Pair reflant dans la cloche, qw’on fe propole de faire des eXpés rences, on opère d’uñe manière un peu diffé: rente. On commence alors, après que la com: buftion et faite & que les vaifleaux font re- froidis, par retirer le fer & la caplule qui le contenoït en pañlant la main fous la cloche à travers le mercure : enfuite on introduit fous cette même cloche, de la potaffe ou alkali caufhque , diflous dans l’eau , du fulfure de potalfe , ou telle autre fubflance qu’on juge à propos, pour examiner lation qu’elles exer-

48 OBSERVATIONS SUR LES EXPÉRIENCRS:

cent fur l'air, Je reviendrai dans la fuite fui ces moyens d'analyfe de Pair, quand jäu ai fait connoîtré la nature de ces différentes fubz flancés , dont je ne parle qu'accidentellement dans ce moment. On finit par introduire {ous

quoi on paffe deflous un vaifleau ou éfpèce capfule très-platte avec laquellé la tra poôité dans l'appareil pneimato-chimique ordit naire à l’eau, l’on épère plus en grand & avec plus de facilité:

:Lorfqu'’on à employé du fer uès-doux & très-pur , & que la portion refpirable de lait dans lequel seit faite la combufion ; étoit exempte de tout mélange d'air non refpirable Pair qui refte äprès la combullion, fe trouve auf pur qu'il Pétoit avant la combuflion ; mais il eft. rare que le fer fe contiénrie pas üné petite quantité matièré charbonneufe + las cier fur-tout en contient toujouts. Il ef même extrémement difficile d'obtenir la por! tion refpiräble de l'air parfaitement pure ; elle eft prefque toujours mèlée d’une petite portion de la partie non refpirable, mais cette efpèce de mofète ne trouble en rien réfuhat de l'expérience; & elle fe retrouve à la fin ‘er même quantité qu'au commencements

J'ai

ANALYTQUES DE L’AïR DE L'ATMosPx, 49 J'ai annoncé qu’on pouvoit déterminer de deux manières la nature des parties. confli- tuantes de l'air de Patmofshère ; par voie décompoftion & par voie de compofñtion. La calcination du mercure nous à fourni Pexemple de Pune & de Pautre, puifqu? après avoir en- levé à la partie refpirable fa bafe par le mer: œure, nous la lui avons rendue pour reformer de Pair en tout femblable à celui de latniof- phère. Mais on peut éga alement opérer cette | compoftion de lair.en empruntant différens

règnes les matériaux qui ‘doivent le former. On verra dans la fuite que lorfqu” on diffout des matières animales dans de acide nitrique , il fe dégage une (grande quantité d'un air qu éteint les lumières, qui eft nuifible pour les animaux, & qui eft en tout femblable à Ja partie non refpirable de l'air de Patmofphère, Si à 73 parties de ce fluide élafique on en ajoute 27 d'air éminemment refpirable du mercure, réduit en chaux rouge par la calcina- tion, on forme un fluide élañique parfai- tément femblable à éelui de l'atmofshère & qui en a toutés les propriétés.

Il ÿ a beaucoup d’autrés moyens de fépa- rer la partie réfpirable de Pair de la partie on refpirable ; mais je ne pourroiïs les expofer ci fens emprunter des notions, qui, dans.

D

so DissoLUTION DE L'EAU PAR L'Ark. l’ordre des connoïffances , appartiennent aux _ Chapitres fuivans. Les expériences d’ailleurs

que j'ai rapportées, fuflifent pour un Traité Elémentaire ; & dans ces fortes de matières, le choix des preuves eft plus important que leur nombre.

Je termineraï cet article en indiquant une propriété qu'a l'air de Patmofphère & qu'ont | en général tous les fluides élafliques gaz que nous connoïflons ; c’eft celle de diffoudre Veau. La quantité d’eau qu’un pied cube d'air de l’atmofphère peut diffoudre , eft fuivant les expériences de M. de Sauflure , de 12 grains: d’autres fluides élafliques, tels que l'acide car bonique , paroïflent en difoudre davantage ; mais on n’a point fait encore d'expériences | exactes pour en déterminer la quantité, Cette éau que contiennent les fluides élafliques aéri- | formes, donne lieu dans quelques expériences | à des phénomènes particuliers qui méritent beaucoup d'attention, & qui ont fouvent jetté | les Chimiftes dans de grandes erreurs.

\

Noms DES ÉLÉMENS DE L'ÂTMOsPHERx, çi

&

CHAPITRE, IV Nomenc clature des différentes parties confliruz tives de l'air de l'atmofphere,

sde rGr jai été forcé de me fervir de périphrafes pour défigner nature des diffé- rentes fubllances qui compofent notre atmof phère, & j'ai àdopté provifoirement ces éx- prellions, partie rejpirable | partie non refpirable “de l'air. Les détails dans lefquels je vais entrer, ben que je prenne une marche plus rapide, & qu'après avoir chérché à donner des idées fimples des différentes fubftances qui éntrent dans la compofñition de l’air de Fatmofphère , je les exprime également par des mots fimples, + La température de la planette que nous ha- bitons fe trouvant très - voifine du degré Veau pañle de l’état liquide à Pétar folide, & réciproquement , & ce phénomène s’opérant fréquémment fous nos yeux, il n’eft pas éton- nant que dans toutes les langues, au moins dans les climats lon éprouve une forte d'hiver, on ait donné un nom à l’eau devenue folide par Pabfence du calorique.

.. Mais il n’a pas en être de même de l’eau réduite à Fétat de vapeur par une plus grandé

D ji;

52 Noms DÉS ÉLÉMENS DE L'ATMOSPHÈRE:

addition de calorique. Ceux qui n’ont pas fait une étude particulière de ces objets, ignorent encore, qu'à un dégré un peu füpérieur à celui de l’eau bouillante, l’eau fe transforme en un fluide élafique aériforme , fufceptible comme tous les gaz, d'être reçu se contenu dans des vaifleaux, & qui conferve fa forme gazeufe tant qu'il éprouve une température fupérieuré à 80 degrés, jointe à une preflion égale à celle d’une colonne de 28 pouces de mercure. Ce phénomène ayant échappé à la multitude, aucune langue n’a défigné l’eau dans cet état par un nom particulier; & il en eft de même de tous les fluides, & en général, de toutes les fubftances qui ne font point fufceptibles de

fe vaporifer au degré habituel de température

& de preflion dans lequel nous vivons.

Par une fuite de la même caufe on n’a point donné de nom à la plupart des fluides aérifor- mes dans l’état liquide ou concret ; on ignoroït que ces fluides fuffent le réfultat de la combi- paifon d’une bafe avec le calorique ; & comme on ne les avoit jamais vus dans l'état de liquide

ni de folide, leur exiflence fous cette forme étoit inconnue même des Phyficiens.

Nous n'avons pas jugé qu'il nous fût permis de changer des noms reçus & confacrés dans la focicté par un antique ufage. Nous avons

1

Noms DES ÉLÉMENS DE L'ATMOSPHÈRE, $3

donc attaché au mot d'eux & de glace, leur fignification vulgaire ; nous avons de même exprimé par le mot d'air la colle@ion des flui- des élafiques qui compofent notre atmofphères mais nous ne nous fommes pas cru obligés au même refpet pour des dénominations très- modernes nouvellement propofées par les Phy- ficiens. Nous ayons penfé que nous étions en droit de les rejetter & de leur en fubfituer d’autres moins propres à induire en erreur; &lors même que nous nous fommes déterminés à les adopter, nous n'avons fait aucune difficulté de les modifier & d’y attacher des idées mieux arrêtées & plus circonferites. C’eft principalement du Grec que nous avons uré les mots nouveaux , & nous avons fait en forte que leur étymologie rappelât Pidée des chôfes que nous nous propofñons d'indiquer 3 nous nous fommes attachés fur-tout à n’ad- mettre que des mots courts, & autant qu'il étoit poflible, qui fuffent fufceptibles de for- mer des adjedifs & des verbes, E, D’après ces principes, nous avons confervé à l'exemple de M. Macquer, le nom de gaz employé par Vanhelmont , & nous avons rangé fous cette dénomination , la clafle nombreufe - des fluides élafliques aériformes, en faifant ce- pendant une exception pour Pair de lPauno-

D ii

54 NOMS GÉNÉRIQUES ET PARTICULIERS fphère. Le mot gaz eft donc pour nous un nom générique , qui défigne le dernier degré de fatu- tation d’une fubftance quelconque par :e calo- rique ; c’eft lexpreflion d’une manière d’être des corps. I s’agifloit enfuite de fpécifier chaque efpèce de gaz, & nous y fommes parvenus en: empruntant un fecond nom de celui de fa bafe. Nous appellerons donc gaz aqueux , Peau com- binée avec le calorique, & dans l’état de fluide élaftique aériforme : la combinaifon de léther avec le calorique, fera le gaz éthéré ; celle de Vefprit-de-vin avec le calorique , fera le gaz

alkoolique ; nous aurons de même le gaz ic muriatique , le gaz ammoniaque, & aïnfi de tous des autres, Je m'étendrai davantage fur cet | article quand il fera quefion de nommer les ifférentes bafes.

On a vu que Pair de Patmofphère étoit principalement compolé de deux fluides aéri- formes ou gaz, lun refpirable , fufcepuble d'entretenir la vie des animaux , dans lequel les métaux fe calcinent & les corps combufli- bles peuvent brüler; l’autre qui a des proprié- tés: abfolument oppolées, que les animaux ne peuvent refpirer, qui ne peut entretenir la combuftion , &c. Nous avons donné à la bafe de la portion refpirable de Pair le nom d'oxy= gène, en le dérivant de deux mots Grecs c£ves

DES FLUIDES AÉRIFORMES acide | & vasque, j'engendre , parce qu’en effet. une des propriétés les plus générales de cette bafe eft de former des acides, en fe combinant avéc la plupart des fubftances. Nous appelle- rons donc gaz oxygène la réunion de cette bafe avec le calorique. : fa pefanteur dans cet état. eit affez exactement d'un demi-grain poids de marc , par pouce cube , ou d’une once & demie par pied cube, le tout à 10 degrés de tempéra- ture, & à 28 pouces du baromètre, |

Les proprictés chimiques de la partie non refpirable de Pair de latmofphère n'étant pas encore très-bien connues, nous nous fommes -contentés de déduire le nom de fa bafe de la

propriété qu'a ce gaz de priver de la vie les _ animaux qui le. refpirent : nous Pavons donc nommé azote, de l’x privatif des Grecs, & de Qui, vie, ainfi la partie non refpirable de Pair fera le gaz azotique. Sa pefanteur eft d’une once, 2 gros, 48 grains le pied cube, ou de O5? 4444 le pouce cube. -

Nous ne nous fommes pas difimulé que ce nom prélentoit quelqüe chofe d’extraordinaire; mais c’elt le fort de tous les noms nouveaux ; ce nelt que par l'ufage qu'on fe familiarife avec eux. Nous en avons d’ailleurs cherché long-temps un meilleur, fans qu'il nous ait été pofible de le rencontrer : nous avions été

D à

6 Du GAZ AZOTIQUE.

tentés d’abord de le nommer gaz alkaligène parce qu'il elt prouvé, par les expériences de M. Berthollet , comme on le verra dans la fuite, que ce gaz entre dans la compofition de alkali volatil ammontaque : mais d’un

autre côté, nous n'avons point encore la preuve

Ke *l foit un dés principes conflitutifs des au- es alkalis : il eft d’ailleurs prouvé qu'il entre également dans la combinaifon de Pacide ni- La rique ; on auroit donc été rout aufh fondé à

‘le nommer principe nitrigène. Enfin nous avons |

rejetter un nom qui comportoit une idée fyflématique , & nous wavons pas rifqué de ‘nous tromper en adoptant celui d'agore & de

842 azotique, qui n’exprime qu'un fait ou plu.

tôt qu'une propriété, celle de priver de la vie les animaux qui refpirent ce gaz. J'anticiperois fur des notions réfervées pour des articles fubféquens, ft je n’étendois davan- “tage fur la nomenclature des différentes efpèces de gaz, Il me fuit d’avoir donné ici, non dénomination de tous, mais la méthode de les nommer tous. Le mérite de la nomenclature que nous avons adoptée, confifte principale ment en ce que la fubftance fimple étant nom- imce, le nom de tous fes compolés découle néceffairement de ce premier mot:

EN

PRINCIPES SURVLES EXPÉRIENCES, $Y

CHAPITRE V.

De la décompofition du gaz oxygène par le Joufre, Le phofphore & le charbon, & de la formation des acides en général,

Ux des principes qu’on ne doit jamais per= dre de vue dans Part de faire des expériences, eft de les fimplifier le plus qu'il eft polfible & d'en écarter toutes les circonflances qui peu-

vent en compliquer les effets. Nous n'opére-

Jons donc pas , dans Îles expériences qui vont fairé l’objet de ce Chapitre, fur de l'air de Patmofphère, qui n’eft point une fubflance fimple. Il efl bien vrai que le gaz azotique,

qui fait une partie du mélange qui le conflitue,

"paroît être purement paflif dans les calcinations & les combuftions : mais , comme il les ral- Jentit, & comme il n’eft pas impofñible même qu’il en altère les réfultats dans quelques cir« conflances , il m'a paru néceflaire de bannir cette caufe d'incertitude.

J’expoferai donc, dans les expériences! dont je vais rendre compte, le réfultat des com- buflions tel qu’il a lieu dans l'air vital ou gaz

| oxigène pur, & j’avertirai feulement des différen-

$8 Décomrositrron pu Gaz oxYGÈNE

ces qu'elles préfentent quand le gaz oxygène ef

mêlé de différentes proportions de gaz azOtiquee Jai pris une cloche de eriftal À , planche IF,

figure 3 y de cinq à fix pintes de capacité 3 je l'ai emplie de gaz oxygène fur, de Feau , après quoi je lai tranfportée fur le bain de mercure au moyen d’une capfule de verre que j'ai pañlée par deffous ; j'ai enfuite feché la furface du mercure & j'y a introduit 61 grains 3 de phofphore de Kunkel, que j’ai divifés dans deux çapfules de porcelaine , femblable à celle qu'on voit en D, figure 33 fous la cloche À ; & pour pouvoir allumer chacune de ces deux portions féparément, & que l’infammation ne fe communiquât pas de l’une à l’autre, j’ai re- couvert l’une des deux avecrun petit carreau de verre. Lorfque tout a été ainft préparé , j'a élevé le mercure dans la cloche à la hauteux EF, en fuçant avec un fiphon de verre GHI, même figure , qu'on introduit par - deffous la cloche : pour qu'il ne fe remplifle pas en paffant à travers le mercure, on tortille à fon extrè= mité [, un petit morceau de papier. Puis avec un fer recourbé rougi au feu , repréfenté figure 16, j'arallumé fucceflivement le phofphore des deux capfules , en commençant par celle qui m'étoit point recouverte avec un carreau de VEITÉ:

EPS D.

PAR LE PHOSPHORE, 59

La combuftion s’eft faite avec une grande rapidité , avec une flamme brillante & un dé= gagement confdérable de chaleur & de lumière, Il y a eu dans Le premier inftant une dilatation confidérable du gaz oxygène, occafionnée par la chaleur ; maïs bientôt le mercure a remonté au-deffus de fon niveau, & il y a eu une ab- forption confidérablé : en même temps tout Pintérieur de la cloche s'eft tapillé de flocons blancs, légers, qui n’étoient autre chofe que de l'acide phofphorique concret.

La quantité de gaz oxygène employée, étoit, toutes corrections faites , au commencement de Fexpérience , de 162 pouces cubiques ; elle s’eft trouvée à la fin feulement de 23 pouces £: la quantité de gaz oxygène abforbée avoit donc été de 138 pouces + > OGC QT

La totalité du phofphore r’étoit pas brûlée ; il en refloit dans les capfules quelques por- tions , qui, lavées, pour en féparer Pacide, & féchées , fe font trouvées pefer environ 16 grains :: ce qui réduit à peu près à 4$ grains la quantité de phofphore brülée : je dis à peu près, parce qu’il ne feroit pas impofhble qu'il n’y eût eu un ou deux grains d'erreur fur le poids _ du phofphore reflant après la com- buftion,

Aïnf dans cette opération, 45 Fr de

60 Dicomposrrion pu Gaz oxvGiNE

phofphore fe font combinés avec 69, me -doxygëne ; & comme rien de pefant ne paffe à travers le verre, on a droit d’en conclure que le poids de la fubfance quelconque qui a réfulté de cette combinaifon & qui s’étoit rafflemblée en flocons blancs, devoit s'élever à la fomme du poids de l'oxygène & de celui du phofphore, c’eft-à-dire , à 114,5 37 On verra bientôt que ces flocons blancs ne font autre chofe qu’un acide concret, En rédui- fant ces quantités au quintal , on trouve qu'il faut employer 154 liv. d'oxygène pour faturer 100 liv. de phofphore, & qu'il en réfulte 2$4 liv. de flocons blancs ou acide phofpho- rique concret.

Cette expérience prouve d’une mañière évi- dente, qu'à un certain degré de température, loxygène a plus d'affinité avec le phofphore qu'avec le calorique ; qu’en conféquence le phofphore décompofe le gaz oxygène, qu'il s'empare de fa bafe , & qu’alors le calorique, qui devient libre, s'échappe & fe diffipe em fe répartiffant dans les corps environnans.

Mais quelque concluante que fût cette expé- rience , elle n’étcit pas encore fuffifamment rigoureufe : en effet, dans l’appareïl que j'ai employé & que je viens de décrire, il n’eft pas pofible de vérifier le poids des flocons

PAR LE PHOSPHORE : ét blancs ou de l’äcide concret qui s’eft formé : on ne peut le conclure que par voie de calcul & en le fuppoïant égal à la fomme du poids de l'oxygène & du phofphore : or quelqu’évi- dente que füt cètte conclufon , il neft jamais permis en Phyfique & en Chimie , de fuppofer ce qu'en peut déterminer par des expériences directes. J’ai donc cru devoir refaire cette ex- périence un peu plus en grand, & ayec un appareil différent.

J'ai pris un grand ballon de verre À, planche IP, figure 4, dont l'ouverture EF avoit trois pouces de diamètre. Cette ouvérture fe recou- vroit avec une plaque de criflal ufée à l’'émeril, laquelle étoit percée de deux trous pour le pafla- ge des tuyaux yyy, xxx.

Avant de fermer le ballon avec fa plaque, jy ai introduit un fupport BC furmonté d’une capfule de porcelaine D, qui contenoit 150 grains de phofphore : tout étant ainfi difpofé , j'ai adapté la plaque de criflal fur louverture du matras, & j'ai lutté avec du luc gras, que j'ai recouvert avec des bandes de linge imbibées de chaux & blanc d'œuf : lorfque ce lut a été bien féché, j'ai fufpendu tout cet appareil au bras d’une balance , & j'en ai dé- terminé le poids à un grain ou un grain & denn près, Jai enfuite adapté le tuyau xxx,

——_—

62 Décomposition pu Gaz OXYGÈNE à une petite pompe pneumatique, & j'ai fait le vuide ; après quoi euvrant un robinet adapté au tuyau y 5, j'ai introduit du gaz oxygène dans le ballon. J’obférverai que ce genre d’ex- périence_fe fait avec aflez de facilité & fur: tout avéc beaucoup d’exaditude , äu noyer de la machine hydro-pneumatique dont nous. avons donné la defcription, M. Meufnier & moi; dans les Mémoires de l’Académie , année 1782 ; page 466, & dont on trouvera uné explication dans la dernière Partie de cet Ouvrage; qu’on peut à l’aide de cet inflrument , auquel M: Meufnier a fait depuis des additions & des corrections importantes, connoître d’une imanièré rigoureufe , la quantité de gaz oxygène introduite dans le ballon, & Lol qui s'eft confommée pendant le cours de opérations

Lorfque tout a été aïnfi difpofé, j'ai mis le feu au phofphore avec ün verre ardent. La combufhion a été extrêmement rapide, accom- pagnée d'une grande: flamme & de beaucougs de chaleur : à mefuré qu’elle s’opéroit ; il fe formoit une grande quantité de flocons-blancs qui s’attachoient fur les paroïs intérieures du vafe , & qui bientôt l'ont obfcurci entièrement. L’abondance des vapeurs étoit même telle, que quoiqu'il rentrât continuellement de nou- “Veau gaz oxygène qui auroit entretenir la

PAR LE PHosPorE 63 tombufñion, le phofphore s’eft bientôt éteint, Ayant laiffé refroidir parfaitement tout l’appa: reil , j’ai commencé par m'aflurer de la quan« “té de gaz oxygène qui avoit cté employée ; & par pefer le ballon avant de l'ouvrir. FPai enfuite lavé, féché & pelé la petite quantité de phofphore qui étoit reftée dans la capfüle, & qui étoit de couleur jaune d’oére , afin de la déduire de la quantité totale de oo employée dans Pexpérience. Il eft clair qu’à _ laide de ces différentes précautions , il n'a été facile de confiater, 1°. le poids du phofphore brûlé ; 2°. celui des flocons blancs obtenus par la combuftion; 3°, le poids du gaz oxygène qui s’étoit combiné avec le phofphore. Cette expérience m'a donné à pe près les mêmés réfulrats que la précédente : il en a également réfulté que le phofphore en brûlant, abforboïit un peu plus dune fois &-demie fon poids d'oxygène, & j'ai acquis de plus la certitude que le poids de la nouvelle fübftance produite étoit égal à la fomme du poids du phofphore brûlé & de l'oxygène qu'il avoit abforbé : ce quil étoit au furplus facile de prévoir à priori,

Si le gaz oxygène qu'on à employé dans cette expérience étoit pur , le réfidu qui refle après la combuftion eft également pur ; ce qui | prouve qu'il ne s'échappe rien du phofphore

6& CALORIQUE DÉGAGÉ BE LA Comäusr, qui puille altérer la pureté de Pair, & qu'il Wagit qu'en enlévant au calorique fa bafe, c’eft-à-dire , loxygèné qui y étoit unt,

Jai dit plus haut que fi 6n brûloit un cofps combufible quelconque dans une fphère creufe de glace ou dans tout autre appareil cohftruié fur le même principe, la quantité glacé fon due pendant la combultion, étoit une mefure éxacte de la quantité de calorique dégagé. On peut confulter à cet égard le Mémoire que nous avons donné en commun à l’Acadéinié, M. de la Place & moi, année 1780, page 3554 Ayant foumis la combuftion du phofphore à cette épreuve ; nous avons reconnu qu'une livre de phofphore en brûlant ; fondoit un peu plus de roc liv. de glace.

La combufñion du phofphore réuflit te ment dans l'air de l'aimofphère, avec ces deux différences feulement ; 1°..que la combufion eft beaucoup moins rapide, attendu qu’elle eft rallentie par la grande proportion de gaz azo- tique qui fe trouve mêlé avec le gaz oxygène : 2°, que le cinquième de Fair, tout au plus, eft feulement abforbé, parce que cette abforption fe faifant toute aux dépens du gaz oxygène, la proportion du gaz azotique devient telle vers la fin de Popération, que la combuftion

ne peut plus avoir lieu, Le

DU PHoSPHoRrr | 6 L Le _phofphore par fa’tombuflion, foit dans Vair ordinaire, foit dans le gaz oxygène, fe transformé, commé je l'ai déjà dit, en une maticre blanche floconneufe très-légère, & il acquiert des propriétés toutes nouvelles. : d’in- foluble qu'il étoit dans l’eau, non-feulement il devient foluble |; maïs il attire l'humidité con- tenué dans l'air avec une étonnante rapidité , & Al,fe réfout én une liqueur beaucoup plus denfe que l’eau, & d’üné péfanteur fpécifique beaucoup plus grande. Dans lPétat de phof. phore, & avant a combufion, il navoit pref- qu'aucun goût ; par réunion avec l'oxygène Abprend un goût extrémemént aigre & piquant: enfin, de la café des combuftäiblés, il pañle . ndars celle des fubftances incombufibles, & il devient ce qu’on appelle un acide. Cette converfibilité d’une fubflance combuf- tible en un acide par l'addition de l'oxygène,

eft; comme nous le verrons bientôt, une pro- priété commune à un grand nombre de corps: or en bonne logique, on re peut fe difpenfer de défigner fous un nom comimun toutes les opérations qui préfentent des réfultats änalo- gues ; c’eft le feul moyen de fimplifier l'étûde des Sciences, & il feroit impoñfible d’en rete- jir tous les détails , fr: on ne s’attachoit à les clafler. Nous nommerons donc oxygénation la

E

66 CoMBUSTION DU SourrE. converfon du phofphore en un acide, & en général la combinaifon d’un corps combuftiblé quelcorique avec Poxygène.

Nous adopterons également Gi d'oxygéner, & je dirai en conféquence qu’en oxy: génant le phofphore, on le convertit en un acide.

Le foufre eft également un corps combufñtible, c’eft-à-dire, qui a la propriété de décompofer l'air, & d'enlever l'oxygène au calorique. On peut s’en affurer aifément par des expériences toutes femblables à celles que je viens de détail ler pour le phofphore ; mais je dois avertir qu'il eft impoflible, en opérant de la même manière fur le foufre , d'obtenir des réfultats aufli exads

que ceux qu'on obtient avec le phofphore; par

la raifon que l'acide qui fe forme par com- bufion du foufre eft difficile à condenfer , que le foufre lui-même brûle avec beaucoup de dificulté, & qu'il eft fufceptible de fe diffoudre dans les différens gaz Mais ce que je puis aflurér , d’après mes expériences, c’eft que le

foufre en-brülant, abforbe de l'air ; que l'acide !

qui fe forme eft beaucoup plus pefant que métoit le foufre ; que fon poids eft égal à la

fomme::du poids du foufre, & de loxygène. !

aw’il a abforbé ; enfin, que cet acide eft pefant,

combufäble , fufceptuible de fe combiner avec #

|

\

| | |

COMBUSTION DU CHARBON, Veau en toutes proportions : il ne reflé d’in- * certitude qué fur quantité de foufre & “d'oxygène qui conflituent cet acide, Le chaïbon, que tout jufqu'à préfént porté faire regarder comme une fübflancé com- - bufiblé Gmple ; à également propriété vidécompofer gaz oxygène & d'enlever fa bafe au calorique : mais Pacide qui rélulte de cetré combuilion ne fe condenfe pas au degré “preffion & de témpérature dans lequel nous “vivons ; il demeure dans l’état de gaz , & il | faut une grande quantité d’eau pour ue “Cet acide, au furplus, à toutés les propricrés fcommunes aux acides , mais dans un degré plus foible , & il s’unit comme eux à toutes les Mbafes fufceptibles de former des fels neutres. | On peut opérer la combuflion du charben, Lcomme celle du phofphore , fous une cloché de verre À , planche IV, figure 3, remplie de Baz oxygène, & renverfée dans du mercure *

fmädoue & un petit atome de phofphore. On

lume facilement le phofphoré avec ün fer

buge ; linflammaätion fe communique enfuité

MPamadoué, puis au charbon.

‘On trouve le détail de “cette expérience ; E ij

63 ComBUsTION DU CHAREON.

Mémoires de l'Académie, année178x, page 445. On y verra quil faut 72 parties d'oxygène en poids, pour en faturer 28 de charbon, & que lacide aériforme qui eft produit, a une pefanteur juftement égale à la fgmme des poids du charbon & de l’oxygène qui ont fervi à le former. Cet acide aériforme a été nommé air fixe, Ou air fixé par les premiers Chimifles qui l'ont découvert; ils ignoroient alors fi c’étoit | de l'air femblable à celui de Patmofphère ou ! un autre fluide élaflique, vicié & gâté par la. combuflion ; mais puifquil eft confiant aujour= d’hui que cette fubflance aériforme efl un acide, qu'il fe forme comme tous.les autres. acides, par lPoxygénation d’une bafe, il eft af de voir que le nom d’air fixe ne lui convient

point, | Ayant eflayé, M..de la Place & moi, de! brûler du charbon dans lappareil propre à déterminer la quantité de calorique dégagée ,! nous avons trouvé qu'une livre de charbon ent brûlant, fondoit 96 liv. 6 onces de glace : 2 liv, 9 onces, I gros, 10 grains d'oxygène fe com-! binent avec le charbon dans cette opération, & il fe forme 3 liv. 9 onces, 1 gros, 10 grains de gaz acide: ce gaz pèle 0,5" 695$ le pouce cube, ce qui donne 34242 pouces cubiques pour le volume total de gaz acide qui fe

DE LA FORMATION DES ACIDE, 69 forme par la combufion d’une livre de charbon. |

Je pourroïs multiplier beaucoup Des les exemples de ce genre, & faire voir par une fuite de faits nombreux, que fa formation des acides s'opère par loxygénation d’une fubflance quel- corque; mais Ja marche que je me fuis engagé à fuivre & qui confifte à ne procéder que du connu à Pinconnu , & à ne préfenter au Ledeur que des exemples puifés dans des chofes qui Jui ont été précédemment expliquées , m’empêche d'anticiper ici {ur les fans. Les trois exemples d'ailleurs que je viens de citer, fufifent pour donner une idée claire & précife de la manière dont fe forinent les acides. On voit que loi gène eft un principe commun à tous, & que c’eft lui qui conftiue leur acidité ; qu'ils font enfuite différenciés les uns des, autres par la hature de la fubflance acidifiée. Il faut done diflinguer dans tout acide, la bafe acidifiable à faquelle M. de Morveau a donné le nom de

radical, & le principe ’acidifiant , c'eft-à-dire, l'oxigène.

AT

7 NOMENCLATURE DES ÂGIDES,

CHAPITRE VAI

De la nomenclature des Acides en général, particulièrement de ceux tirés du falpétre & du, Jet marin |

Ris n'eft plus aïfé, d’après les principes pofés dans le Chapitre précédent, que d’éta- blir une nomenclature méthodique des acides : le mot acide fera le nom générique; chaque acide fera enfuite différencié dans le langage comme il left dans la nature, par le nom de bafe de fon radical. Nous nommerons donc acides eu général, le réfultat de la combuftion ou de Voxygénation du phofphore, du foufre & du charbon, Nous nommerons le premier de ces réfultats acide phofphorique, le. fecond acide fulfurique, le troifième acide carbonique. De mÊme, dans toutes les occafions qui pourront fe préfenter, nous emprunterons du nom de. la bafe la défignation fpécifique de “haque acide. Mais une circonftance remarquable que pré fente Poxygénation des corps combulübles, & en général, d’une partie des corps qui fe tranf- forment en acides, c'eft qu'ils font fufcepti-

DiFFÉRENS DEGRÉS D'OXIGÉNATION, 71

bles de différens degrés de faturation : & les acides qui en réfultent , quoique formés de la combiuaifon des deux mêmes fubftances, ont des propriétés fort différentes, qui dépendent de la différence de proportion. L’acide phof- phorique, & fur-rout lacide fulfurique, en fourniflent des exemples. Si foufre eft com biné avec peu d'oxygène , il forme à ce pre- mier degré d’oxigénation un acide volatil, d’une odeur pénétrante , & qui a des propriétés tou- tes particulières. Une plus grande proportion d'oxygène le convertit en un acide fixe , pefant, fans odeur, & qui donne dans les combinaïfons des produits fort différens du premier. Ici le principe de notre méthode de nomenclature fembloïit fe trouver en défaut, & il paroïfoit difficile de tirer du nom de la bafe acidifiablé deux dénominations qui éxprimaflent, fans cir- conlocution & fans périphrafe , les deux degrés de faturation. Mais la réflexion, & plus encore peut-être la nécefité ; nous ont ouvert de nou- velles réflources , & nous avons cru pouvoir nous permettre d'exprimer les variétés des aci- des par de fimples variations dans les termi- naïfons, L’acide volatil du foufre avéit éré dé- figné par Stahl fous le nom d’acide fulfureux : nous lui avons confervé ce nom , & nous avons donné celui de fulfurique à l'acide du foufre Eiv

72 ACIDES EN EUX ET EN FQUES, complettement faturé d'oxygène. Nous dirons donc , en nous fervant de ce nouveau langage, que le foufre, en fe combinant avec Poxygène, eft fufcepuble de deux degrés :de faturation 3 le premier conflitue Re fulfureux , qui eft. pénétrant & volatil ; le fecond confitue l'acide fulfurique , queflinodore & fixe. Nous adop- terons ce même changement de terminaifon pour tous les acides qui préfenteront plufeurs degrés de faturation ; nous aurons donc égale- ment un: acide phofphoreux & un acide.phof- phorique, un acide acéteux & un acide acéti- que, & ainfi des autres,

Toute cette partie de chimie auroit été extrèmement fimple , & la nomenclature des. acides n’auroit rien préfenté d’embarrafant, f, lors de la découverte de. chacun. d’eux , on eut connu fon radical ou fa bafe acidifiable. L’a- çide phofphorique, par exemple, n’a été dé- couvert que pollérieurement à la découverte. du phofphore , & le nom qui li a été donné. a été dérivé en conféquence de celui de Ja bafe acidifiable dont il ef formé. Mais lorfqu’au con- traire l’acide a été découvert avant la bafe, ou plutôt lorfqu’à Pépoque l'acide a été décou- vert, om ignaroit quelle étoit la bafe acidifia- ble à laquelle il appartenoït, alors on a donné à lacide, & à la bale des noms qui n’ayoiens

RADICAUX INCONNUS ‘#73 aucun rapport entr'eux, & non- feulement on a furchargé la mémoire de dénominations muti- les, mais encore on a porté dans lefprit des commençans & même des Chaimiftes confommés, des idées fauffes que le tems feul & la réflexion peuvent effacer.

Nous citerons pour exemple l'acide du fous fre. C’eft du viriol de fer qu’on a retiré cet acide dans le-premier âge de la Chimie ; & on Pa sommé acide vitriolique , en empruntant fon nom de celui de la fubflance dont il étoit tiré, On. ignoroit alors que cet acide fût le même que Deus qu’on obtenoiït du foutre par la com: bufion.

Il en eft de même de Pacide aériforme au- quel on a donné origmairement le nom d'air fixe ; on ignoroit que cet acide fût le réfultat de la combinaifon du carbone avec Poxygène, De-là une infinité de dénominations qui lui ont été données & dont aucune ne tranfmet des idées juftes. Rien ne nous a été plus facile que de corriger & de modifier l’ancien langage à Végard de ces acides : nous avons converti le nom d'acide vitriolique en celui d'acide fulfu- rique, & celui d'air fixe en celui d'acide car- bonique ; mais il ne nous a pas été poflible de fuivre le même plan à lPégard des acides dont la bafe nous étoit inconnue, Nous nous fom-

1

va. ÀCIDE MURITATIQUE,

mes trouvés alors forcés de prendre une mar

che inverfe ; & au lieu de conclure le nom

de Pacide de celui de bafe , nous avons

nommé au contraire la bafe d'après la déno-

nunation de l'acide. C’eft ce qui nous eft ar-

rivé pour l'acide qu’on retire du fel marin ow

fel de cuifine. Il fuffit, pour dégager cet acide,

de verfer de Pacide fulfurique fur du fel ma-

nn; auflitôt il fe fait une vive effervefcence ,

il s'élève des vapeurs blanchés d’une odeur

très-pénétrante, & en faifant légèrement chauf-

fer, on dégage tout lacrde. Comme il eft na-

turellement dans Pétat de gaz au degré de

température & de preflion dans lequel nous vivons, il faut des précautions particulières pour

retenir. L'appareil le plus commode & le plus fimple pour les expériences en petit, con ffle en une petite cornue G, planche F7, fig. 5, dans faquelle on introduit du fel marin bien fec ; on verfe deflus de läcide fulfurique con- centré, & auffi-1ôt on engage le bec de la cor- nue fous de petites jarres ou cloches de verre À , méme figure, qu'on à préalablement rem-

plies de mercure. À mefure que le gaz acide fe dégage , il pafle dans la jarre & gagne le haut en déplaçant le mercure. Lorfque le dés gagement fe rallentit, on chauffé légèrement & on augmente le feu jufqu'à ce qu'il ne pale

BASE. MURIATIQUE. 7$ | plus rien, Cet acide a une grande affinité avec Peau, & cette dernière en abforbe une énorme quantité. On peut s’en aflurer en introduifant une petite couche d’eau dans la jarre de verre qui le contient ; en un inftant l’âcide fe coms bine avec elle & difparoît .en-entier, On pro- hte de cette circonflance dans les laboratoires & dans les arts, pour obtenir l'acide du fel marin fous la forme de liqueur. On fe fert à cet effet de l'appareil repréfenté planche IF, figure premiere. Il confife 1°, dans une. corne A, l’on introduit le fel marin, & dans la- quelle on verfe de Pacide fulfurique par la : tubulure H ; 2°, dans un ballon e deftiné à recevoir la petite quantité de liqueur qui fe dégage ; 3°. dans une fuite de bouteilles à deux gouleaux LL'L'L", qu'on remplit d’eau à moitié, Cette eau eft deflinée à abforber le gaz acide qui fe dégage pendant la difillation. Cet appareil eft plus amplement décrit dans la der- nière partie de cet Ouvrage, :

Quoiqu'on ne foit encore parvenu ni à com- pofer , nià décompofer lacide qu'on retire du fel marin, on ne peut douter cependant qu'il ne foit formé , comme tous lesautres, de la réu- nion d’une bafe acidifiable avec oxygène. Nous avons nommé cette bafe inconnue ba/fe muria- tique , radical muriatique 5 empruntant ce

06 :.: ACTYDE MER TATIQUÉ.

nom, à l'exemple de M. Bergman & de M: de Morveau, dumot latin muria, donné ancien- nement au féf marin, Aïnfi, fans pouvoir terminer quelle eft Same la compoñtion de Pacide muriatique | nous déf ignerons fous cette dénomination un acide volatil, dont l’état naturel. eft d’être fous forme gazeufe au degré de chaleur & de preffion que nous éprouvons., qui fe combine avec l’eau entrès- -grande quan: tité & avec beaucoup de facilité :’enfin dans lequel le radical acidifiable tient fi fortement à Poxygène , qu’on ne connoît jufqu'à préfene aucun moyen: de les fépares:

Si un TH on vient à rapporter le Het muriatique à quelque fubflance connue , il fau- dra bien alors changer fa dénomination & lut donner ui nom:analogue à celui de la bafe: dont la nature aura été découverte.

L'acide muriatique préfente au farplus une circonflance très-remarquable ; il eff, comme: Pacide du foufre & comme plüfeurs autres, fufceptible de différens degrés d’oxygénation 3 mais l'excès d'oxygène produit en lui un effet tout contraire à celui qu'il produit dans l'acide du foufre. Un premier degré d’oxygénation: transforme le foufre en un acide gazeux vola- til, qui ne fe mêle qu'en petite quantité avec Peau : c’eft celui que nous défignons avec Stahk

AGIDE MURTATIQUE OXVGÉNÉ, : 7 Tous le nom d'acide fulfureux, Une dofe plus forte d'oxygène le convertit en acide fulfuri- que, cefl-ä-dire en un acide qui préfente des qualités acides plus marquées, qui eft beaucoup plus fixe: qui ne peut exifter dans l'état de gaz qu'à une haute température, qui n’a point d’o: deur, & qui s’unit à l’eau en très-grande quan- tiré. C’eft le contraire dans Pacide muriatiques l'addition d'oxygène le rend plus volatil, d’une odeur plus pénétrante, moins mifcible à Peau, & diminue-fes qualités acides. Nous avions d’a: bord été tentés d’exprimer ces deux degrés de faturation , comme nous l’avions fait pour Pa- cide du foufre , en faifant varier les terminaia fons. Nous aurions nommé l'acide le moins faturé d'oxygène acide muriareux , & le plus faturé acide muriarique; maïs nous ayons cru que cet acide qui préfente des réfultats parti- culiers , & dont on ne connoît aucun autre exemple en Chimie, demandoit une exception, & nous nous fommes contentés de le nommer acide muriatique oxygéné.

Il eft un äutre acide que nous nous çonten: terons de définir , comme nous l'avons fait pour l'acide muriatique , quoique fa bafe foit mieux connue : c’eft celui que les Chimifles ont défigné jufqu’ici fous le nom d'acide mtreux. Cet acide fe tire du nitre ou falpétre par des

F8 ACIDE NiThiqué procédés analogues à ceux on on emploie pout obtenir l’acide mutiatique, C’eft également pät l’intermède de l’acide fulfurique qu’on le chaffe de la bafe à laquelle il eft uni, & l’on fe fert de même à cet eflet de Parpacel repréfenté planche IV, fig. 1. À mefure que l'acide pafé il eft abforbé par l’eau dés bouteilles L L} L' g/l qui devient d’abord verte, puis bleue, & enfi jaune, fuivant le degré de concentrition l'acide. Il fe dégage pendant cette Opération üne grande quantité de gaz oxygène mêlé d’un peu de gaz azotique.

L’acide qu’on tire ainfi du falpêtre,, ef com: pofé , comme fous les autres , d'oxygène üni à une bafe acidifiable , & c’eft même le pre= mier dans lequel iénée de l'oxygène ait été bien démontrée, Les deux principes qui confütuient uennént peu enfémble ; & on les fépare aifément en préfentant à Poxygène üne fabfiance avec laquelle il ait plus d'afinité quil n’en a avec bafe acidifiable qui confitue l'acide du nitre. C’efl par des expériences de ée: genre qu'oneft parvenu à reconnoître que la- zote ou bafe de la mofète entroit dans fa com: poñition , qu’elle-étoit fa bafe acidifiable. L’a: zote eft donc véritablement le radical nitrique, ou l'acide du nitre eft un véritable acide azo- tique, On voit donc que pour être d’accord:

ACIDE NITRIQUE #9 avéc nous-mêmes & avec nos principes , nous aurions adopter l’une ou l’autre de ces ma- nières de nous énoncer, Nous en avons été détournés cependant par différens motifs ; d’a- bord il nous a paru difficile de changer le nom de nitre ou de falpêtre généralement adopté dans les arts, dans la fociété & dans la Chi: mie. Nous n'avons pas Cru, d’un autre côté , devoir donner à l'azote le nom de radical ni trique, parce que cette fubflance eft également la bafe de l'alkali volaril ou ammoniaque , comme la découvert M. Berthollet. Nous con- tinuerons donc de défigner fous.le nom d’azote la bafe de la partie non refpirable de Fair ate mofphérique, qui eft en même tems le radical nitrique & le radical ammoniaque. Nous con- ferverons également le nom de nitreux & de nitrique à l'acide tiré du nitre ou falpètre. Plu- fieurs Chimiftes d’un grand poids ont défap=. prouvé notre condefcendance pour les ancien» nes dénominations ; ils auroient préféré que nous euflions dirigé uniquement nos efforts vers la perfe@ion de la nomenclature, que nous euffions reconftruit l'édifice du langage chimique de fond eucomble, fans nous eme. barrafler de Le raccorder ayec d’anciens ufages, dont le tems effacera infenfiblement le fouves .

ir : & cet ainf que nous nous fomines

80 ACFDE NI TREIQUE:. trouvés expofés à la fois à la critique & aux plaintes des deux partis oppofés.

L’acidédu nitre eft faféeptible de fe pré- fénter dans un grand nombre d'états qui dépen- dent du degré d’oxÿgénation qu'il a éprouvé, c’eft-a-dire, de la proportion d’äzote & d’oxy- gène qui entre dans fa coimpofition. Un premier degré d’oxygénation de läzote conflitte ui gaz particulier que nons continuerons de défi gnér fous le nom de gaz nitreux : il eft com- pofé d'environ 2 parties en poids d’oxygèné & d’une d'azote, & dans cet état il eft imimaifci- ble à l'eau. Il s’en faut beauconp que l'azote dans ce gaz foit faturé d'oxygène , il” lui refté au contrairé une grande affinité pouf ce principe, & il Pattire avec une telle adivité, qu'il Penlève même à Pair Patmofphère fitôt qu'il eit en contad avec Îni. La éombinaifon du Gaz ni- tieux avec l'air de l’atmofphère eft même de: venue un des moyens qu'on emploie pour dé- terminer la quantité d’oxigèné contenu dans dernier, & pour‘ juger de fon degré de falu- brité. Cette addition d'oxygène convertit le gaz nitreux er un acide puilfant qui a une grande affinité avec l’eau, & qui eft fufceptible lui- même de différens degrés d’oxygénation, Si proportion de l'oxygène & de lazote eft au- deflous de trois parties contre une, l'acide eft

rouge

Drsrérens ÉtATS DR L'AIDE NIŸRIQUE. 8F

rouge & fümant + dans cet état nous le nom: mons acide nitieux ; on peut en le faifant légè- rement chauffer ; ‘en dégager du gaz nitreux Quatre parties d'oxygène contre une d’azote donneñt un dcide blanc & fans couleur, plus fixe au feu que le précédent , qui a moins d’o- deur » & dont les deux principes coritutifé font plus folidement: combinés : nous Jui avons . donné, d’après les principes expolés ci-defluss le nom.d’acide nitrique.

Ainf l'acide nitrique eft l'acide du Ditre furchargé d'oxygène ; Pacide nitreux ef l'acide du nitré furchargé d'azote, où, ce qui eft Ja même chofe , gaz nitreux ; enfin le gaz nitreux ef Pazote qui n’eft point aflez faturée ‘d'oxygène pour avoir les propriétés des acides,

C’eit ce que nous nommerons plus bas ur: oxide,

82 CALCINATION DEs MÉrAatx.:

CEA RL OUR EE. VU

De Va décompofition du Gag oxygène par les métaux , & de la formation des Se Me talliques.

| RAP les fubflances métalliques font “échauffées à un certain degré de tempétature, l'oxygène a plus d’afinité avec elles, qu'avec le calorique : en conféquence toutes.les | fubf- tances- métalliques, fi on en excepte l'or, l’ar- gent & le platine, ont la propriété de décom- pofer le gaz oxygène, de s’emparer de fa bafe & d’en dégager le calorique, On a déjà vu plus haut comment s’opéroit cette décompoftion de l'air par le mercure &, par le fer ; on a obfervé que la première ne pouvoit être regardée que. comme une combultion lente; que la dernière au contraire étoit très-rapide, & accompagnée d’une flamme brillante, S'il eft néceffaire d’em= ploy er un certain degré de chaleur dans ces opérations , c’eft pour .écarter les unes. des autres les molécules du métal, & diminuer leur affinité d’aggrégation, ou ce qui ef la même chofe, l’attradion qu’elles exercent les unes fur les autres. | Les fubftances métalliques pendant leur-ealci-

"|

LEUR COMBINAISON AVEC L'OXVGÈNF, 82

‘’naton augmentent de poids à proportion de

l'oxygène qu'elles abforbent; en même-temselles perdent leur éclat métallique & fe réduifent en une poudre terreufe. Les métaux dans cet état ne doivent point être confidéres comme entiè- rement faturés d'oxygène ; par la raifon que leur adion fur ce principe eft balancée par la force d'attradion qu’exerce fur luile calorique, Loxy gène dans la calcination des métaux, obéir

‘donc réellément à deux forcés, à celle exercée

par le ait à celle exercée pes le métal ;

“il ne tend à sunir à ce dernier qu’en raifon de lardifférence de ces deux forces ; de l'excès de lune far Pautre, & cet excès en général n’eft pas fort conf dérable. Auñi les fübflances mé- talliques , en s’oxygénant dans l'air & dans le gaz oxygène, ne fe convertiffent - elles point en âcides, comme le foufre, le phofphore & le charbon: il fe forme des fubftances intermé: diaires qui commencentà fe rapprocher de l’état

falin , mais qui n’ont pas encore acquis toutes ‘les propriétés falines. Les anciens ont donné

nom de chaux; non-feulément aux métaux

‘amenés à cet état, maïs encore à toute fubflance

quiravoit été expolée long-tems à lation du

feu fans fe fondre: Ils ont fait en conféquence

du mot chaux un nom générique , & ils ont

confondu fous ce nom , & la pierre calcaire, | | F ij

84 Drs Oxrnes mérArrrques, qui d’un felineutre qu’elle étoit avant la calcis naton, fe converütau feu én un'alkalirerreux, en perdant moitiéde-fon poids, &les métaux qui isaflocient par la mème opération une nou velle fübfance : dont ‘la quantité excède quel: quefois moitiéde leur poids ;-&'qui les'rapa proche l'état d'acide, Irauroit’été contraire à nos principes de ‘clafler founs‘uñiméime noi des fubltances f'différentes ; &1 fur tout”de conferver aux métaux une dénomination fi pros pre à faire naître des idées faufles. (Nous avons en conféquence iprofcrit l'expreéMionde chaux métalliques , :&nous y! avons! fubfitué celui d’oxides , du grec vs On voit d’après cela combien le: langage que nous avons adopté eft fécond & -exprellif; lun premier degré d’oxygénation conflitue les ox des; un fecond degré confüitueles acides ter- aminés en eux , comme l'acide nitreux, Pacide fulfureux ; un‘trôifièmendégré conflitue les aci- des en ique, tels que acide nitrigue, l'acide fulfurique ; enfin nous pouvons ‘exprimer un quatrième degré d’oxigénation des fubftances, en ajoutant lépithète d oxypéré, conmenous “Pavons admis pour l'acide muriatique oxygéné. Nous ne nons formes pas contentés de dés fSoner fous le nom d'oxides la combinaifon des métaux avec l’oxygêne ; nous n'avons fait-au<

Des. OxrDes MÉTADLIQUES. 8$

cine. difficulté de nous en: fervir pouf exprimer le premier degré d'oxygénation de:toutes les fubftances: ,-Celui qui, fans les conftituertacides, les rapproche, de Pétat fin. Nous-appellerons donc, oxide. de Joufre. -le :foufre devente mou par un commencement .de combuftions:-nous appellerons oxide de phofphore la fubflancé jaune.que Jaiffe le phofphore! quand il a brûlé.

Nous dirons de même que le gaz nitreuxs. qui.eft Je premier degré d’oxygénation de l'a« zote.. efl, un oxide d'azote, Enfin le règne VÉ= gétal.&c. lesrègne animal auront leurs oxides, &\je ferai, voir.dans la fuite combien ce nou veau langage jettera de lumières fur toutes les opérations: dei Part & dela nature.

Les oxides métalliques ont, comme nous l'avons. déjà fait obierver , prefque tous des couleurs.qui leur font propres, & ces couleurs varient non-feulement pour les différens mé- taux, mais encore fuivant Je degré “d'oOxygÉna= tion du mêmemétal, Nous. hois’ fommes donc

trouvés obligés d ajoüter. à chaque oxide deux épithètés , l’une qui. indiquât le métal oxidé, Vautre.fa couleur ; ainf nous'dirons oxide noir de fer, oxide rouge de fer, oxide jaune de’ fer ;-& ces expreflions répondront à celles d’é- thiops martial, ;de <olçorhars de rouille de fer ox doses

F uj

| 86 Des OxIDES MÉTALTIQUES,

Nous dirons de même oxide gris-de.plomb, éxideaune de plomb, oxide rouge de plomb; & ces éxpreflions défigneront la cendre de plomb , le maflicot & le HN,

Ces dénominations feront quelquefois un peu longues , fur- tout quand: on voudra: exprimer fr le métal a étéoxidé à Pair, sil Pa été par la détonation avec le nitre ou par-Padion- des acides ; mais au moins elles feront toujours juftes & feront naître l’idée précife " FER qui y correfpond. hi Les tables jointes à cet AR Ma ct En re

geci plus fenfible,

s

DÉCOMPOSIFION DE L'EAU, 87

CH À PLTR EN LIL.

Du principe radical de l'Eau, 6 Ja décom- pofition par le: charbon &-par le -fer.

} USQU’A lces derniers tems on avoit regardé Peau comme une fubflance fimple, & les an- ciens mavoient: fait aucune difficulté:de la qua= lifier du nom d’élément : c’étoit fans doute une fubflance élémentaire pour eux, puifqu’ils né- toient point parvenus à la: décompofer , au moins puilque des décompoftions de l'eau

_ qui s’opéroïient journellement fous leurs veux, avoient échappé à leurs obfesvations : mais on va voir que eau weft plus un élément pour nous. Je ne donnerai point ici l’hifloire de. cette découverte qui eft très-moderne , & qui même eft encore contéflée. On peut confulter à cet égard les Mémoires de PAcadémie des Sciences, année 1781.

Je me contenterai de rapporter les principales preuves de la décompofition & de la recom- poftion de l’eau; j’ofe dire que quand on vou- ra bien les pefer fans partalité, on les trous

| vera démonflratives. | Fiv

85 L'EAU N'EST.POINT. UNE suesm. SIMPLES EXPÉÉIENCE PREMIÈRE * Préparation.

On prend un tube de verre EF planche VIE, fig. 11, de 8 à 12 lignes de diamètre qu ‘on

fait paflér à travers un foumeau,-en lui dons.

nant une légère inclinaifon.de-E en FA. Pexe. trémité {u périeure E de. ce-tube , on. ajuite une

cornue de verre À , qui contient une quantités

eau difillée.bien confue, & à fon extrémité infrieure F, un ferpentin SsS' qui sadapte en S: au gcuwleau dun facon EL.à deux tubulures;

enfin à l’une des deux tubulures duflacoms’adapte.;

un tube de verre recourbé KK:4 deflirié à cons

duire. les fluides aéniformes ou. gaz:dansrun'aps | pareil propre, à en. déterminer Ja qualité, &c: lan

quantité,

Il eft nécel es pour aargt fuccès:de.:

cette expérience , que le tube £ EF foirde verre.

ert bien cuit &, d’une fufon : Fcile ; on l'en: Y

duit en outre Œn lut: d'argile, mêlée avécidy

-giment fait ayec des poteries de :grès réduites.en:

poudre ; 3. & dans la crainte qu'il ne, fléchifle pai.

le ramolli ilement, on, le foutient dans fon/milieu… avec une barre de fer qui traverfeile, fourneau:

Des tuyaux de porcelaine. font, préférables ul ceux de vérre ;. mais il ef difficile ‘de s’en pros

SON PASS, PAR UN TUBE DE VERRE ROUGE. 89 eurer qui ne foient pas poreux, &, prefque toujours on y découvre quelques trous! qui donnent pallage 2 a l'ai ou aux vapeurs,

_ Lorfque tout a été aïnfi difpofé , On allume du feu dans le fourneau E FCD, & on l’en- tretient .de manière à faire rougir le tube de verre ÊF , fans le fofdre; en même tems on allümelaflez de feu dans ke fourneau V VXX, pour “eéntretérir ie MAN Peau de la côrniue A

". Efre

: A 1mefure ‘que Peau de la commue A fe va- -

3

n ponfe par Pébullition, elle remplit l’intérieur

dustube-ER ; &' elle en chafle Pair commun qui s’évacue! par de tube KK ; le gaz aqueux ell enfuite condenfé par le refroidiffement dans le ferpentin SS', & il tombe de l’eau goutte à goutte dans le flacon tubulé H,

En continuant cette opération jufqu’à ce que . toute Peau. de la cornue À foit évaporée, & ni laïffant bien égoutter 1 vaifleaux ; on re- trouve dans le flacon H une quantité d’eau tigoureufement égale: à celle qui étoit dans la » cornue A , fans qu'il y aît eu dégagement d’au- gun gaz ; én forte que cette opération fe ré- duit à une fimple difüllation ordinaire , dont ke réfultat ef abfolument le même que f l’eau

go ÊLEE EST DÉCOMPOSÉE PAR LE CARBONE.

p'eût point. été portée à l’état incandefcent, en traverfant le tube intermédiaire EF,

ÉxPÉRIENCE SECONDE,

Preparation.

On difpofe: tout comme. dans, l'expérience précédente. , avec cette différence feulement qu’on introduit dans le tube EF vingt huit grains de charbon concafé en: morceaux! de: médiocre groffeur , & qui préalablement a été fong-tems, expofé à une chaleur! incandefcente dans des vaifleaux fermés. On fait, comme: dans l’expérience précédente , bouillir l’eau de: la cornue À jufqu’à évaporation totale.

L’eau de la cornue A fe difille ‘dans cette: Expérience comme dans la précédente ; elle fe: condenfe dans le ferpentin, & coule goutte à goutte dans le flacon H ; mais en même tems il fe dégage une quantité confidérable de gaz, qui s’échappe par le tuyau KK, &iqu'on re- cueille dans un appareil convenable.

L'opération finie, on ne retrouve plus dans: le tube EF que quelques atômes de cendres les vingt-huit grains de charbon ont totalement difpauux.

FORMATION D'ACIDE CAREONIQUE. of “Les gaz qui font dégagés examinés avec foin, fe trouvent péfer SEAT 113 grains -=(a)s ‘ils font de deux efpèces, favoir Ta4 pou- ces cubiques de gaz acide carbonique , pe- fant 100 grains, &. 380 pouces cubiques d’un gaz extrèémement léger, pefant ‘13 gräins Z, &'qui s'allume par Fapproché d'un corps en= flamme Torfqu’il a le contad de Pär. Si on vérifie enftite le poids Peau paflée dans le flacon, on la trouvé diminuée de 85 grains Z. | Aïnfdans cette expérience, 85 grains = d’eau; plüs28 grains de charbon ont formé 100 grains d'acide carbonique , plus 13 graîns 7 d'un . Saz ‘particuher fufceptible de, s’enflammer. Mais j'ai fait Voir plus haut, que pour for- ) mer 100 grains de gaz acide carbonique , il falloit unir 72 grains bye à à 28 grains de charbon; donc lés 28 grains de charbon placés dans le tube de verre ont enlevé à l’eau 72 grains d'oxygène ; donc 85 grains Z' d’eau ae de 72 grains d'oxygène & de 13 grains = dun gaz ne de s’en- flammer. On verra bientôt qu’on ne peut pas fuppofer que ce gaz ait été dégagé du charbon,

| (a) On trouvera dans la dernière partie de cet Ouvra: ge, le détail des procédés qu'on emploie pour féparer les différentes efpèces de gaz & pour les pefer.

92 FORMATION D'ÂCIDE CARBONIQUE:

& qu'il eft conféquemmentun-produir de l'eau.

J'ai fupprimé: dansi lexpolé de cette ‘expez rence quelques détails quin’auroient fervi qu'à la compliquer & à jetter de Pobfcurité dans les idées des ledteurs : le gaz infamimable, par exemple ; diflout un peu. de charbon, & cette circonftance en augmente le poids & diminue

au contrare ceku de l'acide carbonique; Pal

- tération qui en réfulte dans.les quantités. m’eft pas très-confidérable;. mais j'ai cru: devoir les rétablir. par. calcul, :&c:,préfenter: Pexpérience: dans toute fa fimplicité | .&: comme: ff :cette: circonfiance n’avoit pas heu. :Aufarplus ; sit refloit quelques nuages fur Ja: vérité des confé: quences que je tire de cette expérience ; ils: feroient bientôt diffipés par les autres expé» nences que je vais rapporter à. l'appui.

TROISIÈME ERPÉRIENCES

Préparations

On difpofe tout Pappareil comme dans l'ex périence précédente , avec:cette différence. feu lement , qu'au lieu des 28 grains de charbon;

on met dans le tube EF, planche VII, fig. 11, 274 grains de petites lames de. fer très-doux

roulées en fpirales. On fait rougir le tube comme. dans les expériences précédentes ; .on allume:

ELLE EST DÉCOMPOSÉE PAR LE FER, 9 du feu fous la cornue À, & on entretient l’eau qu'elle Contient: toujours bôuillante ; jufqu’à ce quelle foit entièrement évaporée , qu'elle at

paflé en totalité dans le tube EF , & va ’ellé fe foit condenfée dans le flacon H,

Effet. |

Ïl ne fe dégage point de gaz acide carbo2 hique dans cette expérience ; maïs feulément un! gaz inflammable 13 fois plus léger que Pat de latmofphère:: le poids total qu’on en ob- tentreft derrs'erains, & fon volume eft d’en: Viron 416 pouces cubiques. Si on compare la _ quamtité-d’eau primitivement employée avec . celle reftante; dans le facon H , on trouve ‘un déficit de 100 grains. D'un autre côté, les 274 grains de fer renfermés dans le tube EF fe trouvent pefer 8$ grains de plus que lorfqu’on _ les y a introduits ; & leur volume fe trouve confidérablement augmenté : ce fer n’eft prefqué » plus attirable à aimant , il fe diffout fans effer: _ vefcence danses acides ; en un imot, il eft dans Vétat d’oxide noir, précifément comme celui quiratété brülésdans le gaz oxygène, | Réflexions:

Le réfultat de cette expérience préfenté uné vérrable oxidation du fer par! Peau : oxide

C4 DÉGAGEMENT DE GAZ HYDROGÈNE: tion toute femblable à celle qui s'opère dans l'air à l'aide de la chaleur. Cent grains d'éau ont été décompolés; 85 d'oxygène fe font unis au fer pour le conflituer dans Pétat d’ oxide noir, & il s’eft dégagé IS 8 orains d’un gaz inflame mable particulier : donc l’eau ef compolée d'oxygène & de la bafe d’un gaz inflammable, dans la proportion de 8$ parties contre 15. Ainff Peau indépendamment de oxygène qui eft un de fes principes, &'qui lui! ef commun avec beaucoup d’autres fubitances ; en contient un autre qui lui eft propre, qui eft fon radical confltutif, & auquel nous nous fommes irouvés forcés de donner ün nom. Aucun ne nous a paru plus convenable que: celui d’hy- drogène , c’eft-à-dire, principe générateur de l'eau, de vd eau, & de yaris J'engendres | Nous appellerons gaz hydrogène la combinaifon. de ce principe avec le calorique, & le mot d'hydrogène feul exprimera la bafe de ce même gaz, le radical de Peau, F5] Voïlà donc ün nouveau corps combuftible, c’eft-à-dire, un corps qui. a aflez d'aflinité avec l'oxygène pour l'enlever au cälorique & pour | décompoler l’air ou le gaz oxygène. Ce corps combulüible a lui-même une telle afnité avec ! calorique, qu'à moins qu'il ne foit engagé dans üne combinaifon ; il ef toujours: das

ComBUSTION DU GAZ HYDROGÈNE. 0$ l'état aériforme ou de gaz au degré habituel de preifion & de température dans: lequel nous vivons. Dans, cet état de gaz, il eft environ 13 fois plus! léger que Pair: de Patmofphère, il n’eft\ point abforbable : par l’eau , mais il eft fufceptible d’en diffloudre une petite quantité ;

enfin il ne peut fervir à la refpiration des |

animaux,

La propriété de brûler & de s’enflammer métant pour ce gaz comme pour tous les aus tres.combuftibles, que la propriété de décom- pofer l'air &: d'enlever loxygène au Fe on conçoit qu'il ne peut brûler qu'avec ‘le

.contaû de lair ou du gaz oxygène, Auffi lorf.

qu'on emplit une bouteille de ce gaz & qu'on | Pallame ; il brûle paifiblement au gouleau de la bouteille & enfuite dans fon i intérieur, à me- fure que l'air extérieur y pénètre; mais la com- buftion eft fucceflive & lente, elle n'a lieu qu'à la furface le contat des deux airs gaz s’opère. [Il n’en eft pas de même lorfqnw'’on mêle enfemble les deux airs avant de les allumer‘: f par exemple après avoir introduit dans une : bouteille à gouleau étroit une partie de gaz | oxÿgène, & enfuite deux de gaz hydrogène, on approche de fon orifice un cor ps enflammé, tel qu'une bougie ou un morceau de papiet allumé , la combuflion des deux gaz fe fait

b6 ComEusTION PU GAZ HYDROGENE: d’une manière inflantanée & avec une forté explofñon. On ne doit faire cette ‘expérience que dans une bouteille de verre vert très-forte qui excède pas une pinte de capacité. & qu’on enveloppe même dun linge, autrement on s’expoferoit à des accidens füuneflés par la ruüpa ture de la bouteille dont les fragmens pour roient être lancés à de grandes diflances;

Si tout ce que je viens d’expofer fur la dé- compofition de l’eau eft exat & vrai, fi réels lement cette fubflance éft compofée , comme j'ai cherché à l'établir, d’un principe qui lui eft propre ; d'hydrogène combiné ävec l’oxy- gène ; il en réfulte qu'en réuniflant ces deux principes , on doit refaire de l’eau, & c’eftce qui arrive en effet , comme on va en juger par l'expérience fuivante;

D ExPÉRIENCE - Recompoftion de l'eau: _ Préparations On rend un ballon À de criflal liiéès ri F3 P s P Fig. 5 » à large ouverture; & dont la capacité. foit de 30 pintes environ ; on y mäflique une"! platine de cuivre B « percée de quatre trous!

auxquels aboutiffent quatre tuyaux, Le premier HA

RecombostTioN. DE L'EAU: 97

4 eft definé à s’adapter par fon,extrêmité à une pompe preumätique .par le moyen. de laquelle on peut-faire le vuide:dans le ballon, Un fecond tuyau 2 g communique par. fon extrémité MMsavec.nn réfervoii de gaz .oxy- gène, & eft defliné à Pamener. dans le.ballons Un:troifième Z D 4’ communique par fon :ex= _trêmité d NN avec un réfervoir.. de gaz hy- | drogène : extrémité d'de ce tuyau fe terminé paisuné ouverture très-petité.& à travers la quelle.uné très-fine aiguille peut à peine pañer, C’eft par cette.petite ouverture. que doit fortir le.gaz hydrogène contenu dans le réfervoirs & pour. qu'il ait une.vitefle fuMfante, on doit lui faire éprouver, une preflion de un ‘où deux pouces d'eau. Enfin la platine B C ef percée d'un quatrième trou, lequel'eft garni d’un tube de verre maftiqué , à travers lequel pafle un. fil de métal G L, à l'extrémité L duquel eft adaptée une petié boule, afin de pougoir tirer ne étincelle éle&rique de L en 4! pour allumer comme on-le vérra bientôt, le gaz hydrogène. Le fil de métal G L eft mobile dans le tube de verreafn de pouvoir éloigrier-la boule L de Ll’extréimité d’ de lajutoir Da, Les trois tuyaux d,D d', gg. H 4 font chacun sans de leur

robinet. +: Pour que le gx scie & le gaz

G

08 RECOMPOSITION DE LEA,

gène arrivent bien fecs par les tuyaux refpec: fs qui doivent les amener au ballon À, & qu'ils foient dépouillés d'eau autant qu'ils le peuvent être, on les fait pafler à travers des tubés MM, NN d’un pouce environ de dia- mètre qu'on remplit d'un {el très-déliquefcent ,

c’eft-à-dire, qui attire l’humidité de Pair avec

beaucoup d’avidité, tels que lacétite de poralfe,

le muriate ou le nitrate de chaux. Voyez quelle : eft la compoftion -de ces fels dans la feconde |

|

h

partie de cet Ouvrage. Ces fels doivent être |

€n poudre groffière afin qu'ils ne puiffent pas

faire malle, & que le gaz pale facilement à tra vers les interflices que laiflent les morceaux. !

On doit s'être prémuni d'avance d’une pros vifion fufifante de gaz oxygène bien pur; & | pour saflurer qu'il ne contient point d’acide | carbonique, on doit Je laïffer long-tems en con-! ta avec de la pôtafle diffoute dans de l’eau, & qu'on a dépouillée de fon acide carbonique |

par de la chaux : on donnera plus bas quelques _ détails fur les moyens d'obtenir cet'alkali.

On prépare avec le même foin le double de gaz hydrogène. Le procédé le plus sûr pour

lobtenir exempt de mélange, confifte à le tirer

dela décompofition de l’eau par du fer bien |

dudile & bien pur.

Lorfque ces deux gaz font ainfi préparés, on |

CNET

5j

RECOMPOSTTION DE L'EAU 09, ‘ädapte la pompe pneumatique au tuyau H 4, ‘& on fait le vüide dans le grand ballon A on ÿ introduit enfuité lun l’aûtré des deux gaz, maîs de préférence le gaz oxygène par tuyau gg, puis on oblige par un certäin degré de prefliôn le gaz hydrogène à entrer dans le -même ballon par le tuyau 2 D d', dont l'extré- mité d' fe terminé en pointe. Enfin on allume ce gaz à l’aide d'une étincelle éledrique. En -fourniffant aivf de chacun des deux äirs; on parvient à Continuer très-long-temis combuf tion. J'ai donné ailleurs la defcription des ap pareils que j'ai employés pour cette expérience: : & j'ai expliqué comment on parvient à mefurer les quantités de gaz confommés avec une rigou= ‘reufe exactitude. #’oyez la troifième partié ‘cet Ouvrage.

Effr. |

À mefüre que la combuftion s'opère , il 11 :dépofe de l’eau fur les parois imtérieures du -ballon :matras : Ja quantité de cette eau aug2

mente peñ à peu ; elle réunit en Ne ÿoutés qui coulent & fe raffemblent dans fond du vafe.

En pefänt mattas avant: aps a opération äl eft facile de connoûtre quantité d'eau qui s’elt ainf raffembléé. On à done dans cette éxpc- .G: 1j

300 RECOMPOSITION DE L'EAU:

rience une double vérification ; d’une -pait le poids des gaz employés, de l'autre celui de:

Veau formée, & ces deux quantités doivent être égales, C’eft par une expérience de ce genre que nous avons reconnu, M, Meufnier & moi, qu'il falloit 85 parties en poids d’oxy= gène ; & 15 parties également en poids d’hy-

.drogène, pour compofer 100 parties d’eau. .

Cette expérience qui n’a point encore été pu- bliée , a été faite en préfence d’une Commif- fion nombreufe de l'Académie ; nous y avons apporté les attentions les plus fcrupuleufes, & nous avons lieu de la croire exacte à un deux- centième près tout au plus.

Ainf, foit qu'on opère par voie de décom- polition de recompofition , on peut regarder comme confiant & auffi bien prouvé qu’on puifle le faire en Chimie & en Phyfique, que l’eau n’eft point une fubftance fimple ; qu’elle eft compofée de deux principes, Poxygène & lhy- ‘drogène , & que ces deux principes féparés lun de l’autre, ont tellement d’affinité avec le ca-

lorique , qu’ils ne peuvent exifter que fous forme

‘de gaz, au degré de température & de preffion dans lequel nous vivons.

Ce phénomène de la décompofition & de la ‘recompofuion de Peau s’opère continuellemeïit fous nos yeux, à la température de l’atmofphère

<

1

FERMENTATION ET VÉGÉTATION. 107

& par l'effet des affinités compofées C’efl à cette :

décompofrion que font dus, comme nous le verrons bientôt, au moins jufqu’à un certain point, les phénomènes de la fermentation fpi- ritueufe , de la putréfadion , & même de la . végétation. [left bien extraordinaire qu’elle ait échappé jufqu'ici à l'œil attentif des Phyficiens

& des Chimifles, & on doit en conclure que

| dans les fciences comme dans la morale il eft

difficile de vaincre les préjugés dont on a été

originairement imbu , & de fuivre une autre route que celle dans laquelle on eft accoutumé de marcher.

Je terminerai cet article par une expérience LT moins probante que celles que j'ai précédemment rapportées , mais qui Ma paru cependant faire plus d’impreflion qu'aucune | autre fur un grand nombre de perfonnes, Si on brûle une livre ou feize onces Gone vin ou alkool dans un appareïl propre à re- cueillir toute l’eau qui fe dégage pendant la combuftion, on en obtient 17 à z8 onces(1) Or une matière quelconque ne peut rien fournir

dans une expérience au-delà de la totalhé de

(x) Voyez la defcription de cet appareil dans la #roifième partie de cet Ouvrage.

Gi

ah

102 COMBUSTION DE L'ALKooOL.

fon poids; il faut donc qu'il s'ajoute une autre: fubfance à Pefprit-de- vin pendant fa combuf.. on: or j'ai fait voir que cette autre fubftance.

étoit la bafe de Pair, loxy gène. L’efprit-de-

vin contient donc un des principes de l’eau,

Paydrogène ; & c’elt l'air de l’atmofphère qué fournit l'autre, Poxygéne : nouvelle preuve que Veau eft une fubftance compofée.

MESURE DE LA QUANT* DE CALORIQUE. 103

CHAT E NT x. De la quantité de Culorique qui fe dégage des

différentes efpèces de ‘combuftion.

N OUS ayons vu qu'en opérant une combuf ton quelconque dans une fphère de glace creufe, & en fournifflant pour lentretenir de Pair à zéro du thermomètre, la quantité de glace fondue dans Pintérieur de la fphère , donnoit une mefure, finon abfolue, du moins relative des quantités de calorique dégagé. Nous avons donné, M. de la Place & moi, la defcription de Pappareil que nous avons em- ployé daïs ce genre d’expériences. Voyez Mé- moiïres de PAcad. des Sciences, année 1780, page 355 Voyez auf la partie de cet Ouvrage. Ayant effayé de déterminer les quan- tités de glace qui fe fondoient par la combuf- tion de trois des quatre fubflances combuftis bles fimples, favoir, le phofphore, le carbone & l'hydrogène, nous avons obtenu les réfultats qui fuivent. |

Pour la combuftion d'une livre de phof-

phore, ….,......... 100 livres de glace.

Pour la combuflion d’une livre de carbo-

Ms cosemeeseerese 96 iv... 8 once G iv

104 MESURE DE LA QUANT. DE CALORIQUES Pour la combuflion d’une livre de gaz hy4

drogène:, 29$ livres 9 onces 3 gros & demi. La fubflance qui fe forme par le réfultat de

la combuftion du phofphore, étant un acide

concret , il eft probable qu'il refe très-peu de

calorique dans cet acide, & que par confé- quent cette combuflion fournit un moyen de connoître, à très-peu de chofe près , la quan- de calorique contenue dans le gaz OXY= gène. Mais quand on voudroit fuppofer que Pacide phofphorique retient encore une quan- tité confidérable de calorique , comme le phof:

phore en contenoïit auffr une portion avant Ja

gombufion ; Perreur ne pourroit jamais être que de la différence , & par conféq: uent de peu æimportance.

J'ai fait voir, page 60, qu’une Hvre de phof- phore en brûlant abforboit 1 Hvre 8 onces

d'oxygène; & puifqu’il y a en même tems 100.

hvres de glace fondue, il en réfulte que la quantité de calorique contenue dans une livre

de gaz oxygène, eft capable de faire fondre

66 livres 10 onces $ gros 24 grains de glace. Une livre de charbon en brûlant ne fait fon dre que 96 livres 8 onces de glace; mais il

s’abforbe en même tems 2 livres 9 nces r gros.

10 graîns de gaz oxygène. Or, en partant des

rfultats obtenus dans la combultion du phoË

MESURE DE LA QUANT. DE CALORIQUE. r0$ phore, 2 liv. 9 onc. r gros 10 grains de gaz oxygène , devroïent abandonner affez de calo- rique pour fondre 171 livres 6 onces $ gros de glace. Il difparoît donc dans cette expérience une quantité de calorique qui auroit été fufi- fante pour faire fondre 74 iv. I4 ONC, 5 gros Le glace ; ; mais comme l'acide carbonique neft point, comme le phofphorique, dans l’état concret après la combuftion, qu’il eft au con- traire dans Pétat gazeux, il a fallu néceflaire- ment une quantité de calorique pour le porter à cet état, & c’ell cette quantité qui fe tronve manquante dans la combuflion ci-deflus. En la divifant par le nombre de livres d'acide car- bonique qui fe forment par la combuftion d’une livre de charbon , on trouve que la quantité de calorique nécefläire pour porter une livre d'acide carbonique de létat concret à l’état gazeux , feroit fondre 20 iv. JS onces $ gros de- glace.

On peut fairé un femblable_ calcul fur la combufion de Phydrogène & fur la formation de l’eau; une livre de ce fluide élaftique ab=. forbe en brülant $ liv. 10 onc. ÿ gros 24 grains d'oxygène , & fait fondre 209$ livres 9 onces 3 gros & demi de glace.

. Or, $ liv. 10 onces $ gros 24 grains de gaz exygène, en pañlant de l'état aériforme à Pétat

\

106 MEsURE DE LA QUANT, PE CAzORroUr.

folide , perdroient, d’après les réfultats obtenus dans lacombuftion du phofphore, aflez de calori- que pour fare fondre une quantité de glace égale à

tte, iv. onc. gros,

| | A7 12050 Il ne s’en dégage dans la

combufüon du gaz hydrogène, que 208 27 El en refte donc dans l’eau

qui fe forme, lors même qu’elle eft ramenée à zéro du thermo- mètre , 820 190 TE Or, comme ilfe forme 6 Hv. xo onc. $ gros 24 grains d’eau dans la combuftion d’une livre de gaz hydrogène , il en réfulte qu’il refte dans chaque livre d'eau , à zéro du thermomètre, une quantité de calorique égale à celle nécef. faire pour fondre 12 liv. $ onc. 2 gros 48 grains. de glace, fans parler même de celui content dans le gaz hydrogène , dont äl eft impoñible: de tenir compte dans cette expérience , parce que nous n’en connoïflons pas la quantité. D'où. Pon voit que l'eau , même dans Pétat de glace , contient encore beaucoup de calorique, & que: Poxygène en conferve une quantité très-confi- dérable en paflant dans cette combinaifon. De ces diverfes tentatives on peut réfumer- les réfulrats qui fuivent,

DANS EA COMBUST. DU PHOSPHORE, 107

Combuflion du Phofphore.

liv. onc. 810, gra

Ouanee de phofphore MEN EMEA Quantité de gaz oxygène nécefaire pour la combuftion, 1 8 »

Quantité d'acide phofphorique obtenu, 2 VOIE ANR

Quantité de calorique dégagé par la combuftion _ d’une livre de phofphore, exprimé par la quantité de livres de glace qu’il peut fon- dre; | 190,00000 Quamité de calorique dégagé de chaque livre de gaz oxygène dans la combuñion du phofphore, - 66,66667 Quantité calorique qui fe dégage dans la formation d’une livre d’a- . cide phofphorique 2 À 40,00009: Quantité de calorique refté dans chaque livre d'acide phofphori- . que, | | 6,00000. On fuppofe ici que Pacide phofphorique ne conferye aucune portion de calorique , ce qui melt pas tigoureufement vrai: mais la quantité : (comme on Fa déjà obfervé plus haut) en ef probablement très-petite, & on ne la fuppofe nulle pus faute de la pouvoir évaluer.

X08 DANs LA comBustTron pu CHARBON. Combuflion du Charbon.

liv. onc. gros gré.

Quantité de charbon brûle, I » » », Quantité de gaz oxygène abforbé ‘pendant la combuftion , 2 9 I 10 | 1. Quantité d'acide carbonique for- mé, | un 3 9 I 10 , = een encntens À

Quantité de calorique dégagé par la combuftion . d'une livre de charbon, exprimé par la quantité de livres de glace qu'il peut fon- dre, 96,50000

- Quantité de calorique dégagé de chaque livre de gaz oxygène, 37:52823

Quantité de calorique qui fe dégage dans la formation d'une livre de: gaz acide carbonique , 27,02024

Quantité de calorique que conferve une livre d'oxygène dans cette combuflion , : 20,13844

Quantité de calorique néceffaire

pour porter une livre d’acide carbonique à. l'état de gaz, 20,97960:

Dans LA COMB. DU GAZ HYDROGÈNE, 109 Combuflion du Gaz hydrogène, liv, onc. gtos pis

Quantité de gaz hydrogène brûlé, 1 à» à Quantité de gaz oxygène.employé

pour la combuition , S 10 $ 24 a

Quantité d’eau formée, 6 10 5 24 s mme

Quantité de calorique dégagé par la combuftion d'une livre de gaz hydrogène, 295,58950 Quantité de calorique dégagé par chaque livre de gaz oxygène, f2,16280 Quantité de calorique qui fe dégage - pendant la formation d’une livre d'eau, R L 4433840 Quantité de calorique que conferve “une livre d'oxygène dans fa com-

buflion avec lhydrogène, 14,50386 Quantité de calorique que conferve une livre d’eau à zéro, 12, 32823

De la Formation de l'Acide nitrique. Lorfque l’on combine du gaz nitreux avec, du gaz oxigène pour former de Pacide nitrique ou nitreux, il ya une légère chaleur produite; mais elle eft beaucoup moindre que celle qui

aïo DANS LA FORMAT. DE L'AGIDE NiTéic: a lieu dans Les autres combinailons de l'oxy= gène ; d'où il réfulte par une conféquence né- ceffaire que de gaz oxygène, en fe fixant dans Pacide nitrique , rétient une grande pärtie du calorique qui lui étoit combiné dans l’état gaz. I neft point impoffible fans doute de déterminer quantité de calorique qui fe dé= gage pendant la réumion des deux: ‘Saz, & on en concluroit facilement enfüuite celle qui de- imeure engagee dans [a combinaifon, On par- viendroit à obtenir la première de ces données; en opérant la combinaifon du gaz nitreux & du gaz oxygène ‘dans un appareil énvironné glace : mais comme il fe dégage peu de calo: rique dans cette combinaifon, on pourroit séuflir à en déterminer la quantité ; qu'autant qu'on opéreroit très en grand avec des appas reils embarraffans & compliqués ; & c’éft quinous à empêchés jufqu'ici, M; de la Place & moi, de la tenter. En attendant ; on peut déjà y fuppléer par dés calculs qui ne peuvent pas s’écarter beaucoup de la vérité

Nous ayons fait détonner, M, dela Place & moi, dans un appareil à glace üne proportion convenable de falpêtre & de charbon, & nous avons obfervé qwane livre de falpêtre pouvoit; en détonant ainff, fondre 12 livres glace:

Mais une livre de falpêtre , comme on

Daxs ia ForMAT. DE L'ACIDENITRIQ, trt le verra dans la fiüite ; contient:

| onc. gross. grains Stains; Potae 7 O6 sida =a5is84 Acidefec 8 1, 20,16 4700, 16.

Et les 8 oncesr gros 20 grains 16 d'acide, font eux-mêmes compolés de

| onc, gros grains grains,

Oxygène 6 3 66,34 = 3738,34« - Mofète I ÿ 25,82 = 961,82.

Or a donc réellement brûlé dans cette opéra: tion 2 gros 1 grain + de charbon, à l'aide de 3738,"""34, ou 6 onces 3 gros 66,24 d'oxygène ; & puifque la quantité de glace fon: due dans cette combuftion a été de 12 livres, il en réfulte qu'une livre de gaz oxygène brûle de la même manière, fondroit 29,58320

À quoi ajoutant pourda quantité | de calorique que conferve une livre d'oxygène dans fa combinaifon avec le charbon, pour conflituer l'acide carbonique dans état de gaz, & qui eft, comme on la vu plus haut, de | 29,15844

On a pour la quantité totale de, calorique que contient une livre d'oxygène, lorfqu'il ‘eft combiné dans Facide nitrique, 58,72764

act

14 Dans LA FORMAT: DE L'AcIBE NITRIS.

On a vu parle réfultat de la combufñtion phofphore , que dans l'état de gaz oxygène il en contenoit äu fois 66,66657

Donc, en fe combinant avec l’a- zote pour former de l'acide. nitri- que , il n’en perd qué dr 7.904502

Des expériences ultérieures apprendront fi ce réfultat déduit par le calcul, s accorde avec des opérations plus directes,

Cette énorme quantité de calorique que loxy:

gène porte avec lui dans l'acide nitrique, ex=

plique pourquoi dans toutes les détopations du

nitre , ou pour mieux dire , dans toutes les :

occañons Pacide nitrique fe décompofe, il ÿ à un fi grand dégagement de calorique,

Combuflion de la Bougie:

‘Après avoir examiné quelques cas de com: bufions fimples , je vais donner des exemples de combuftions plus compofées ; je commence par la cire. |

Une livre de cette fubftance , én brûlant pai- fiblement dans l'appareil à glace deftiné à me- furer les quantités de calorique, fond 133 lv, 2 onces $ gros + de glace.

Or une livre de bougie, fuivant les expé-.

riences

RS

Dans TA COMBUSTION DE LA Crné, 113

riences que j'ai rapportées , Mém de VAcad, année, 1784, page 606, contient :

‘once. Bros |gtains,

Charbon CAP CRETE:

Hydrogène 2 6 49 Les ï 3 oncés I gros 23 grains de charbon, d'après les expériences ci-deflus rapportées ; -

liv. de glacé.

devoient fondre : | 79339390 Les 2 onces 6: gros 49 grains

d'hydrogèné , deÿoient fondre 52,3760$

Total ; 131,7099$

On ÿoït par ces réfultats, que la quantité de calorique qui fe dégage de bougie qui brûle, | eft aflez Le enent Hibe à celle qu’on obtien- droit en brûlant féparément un poids de char: _ bon & d'hydrogène égal à célui qüientre dans fa combinaifon. Les expériences fur la com- bufion de la bougie ayant été répétées pluñieurs fois , j'ai lieu de en qu’elles font exactes,

pe À Combuflion de PHuïle d’élives.

Nous avons enfermé dans l'appareil ordinaire une Jampe qui contenoit une quantité d’huile d’olives bien connue ; & l'expérience finie , nous avons, déterminé exactement le poids de Vhuile qni avoit été confommée, & celui de É M:

114 DANS LA COMBUSTION DE L'Huirr, Ja-glace qui avoit été fondue ; le: réfultat a été qu'une livre d'huile d'olives en brülant- pou- voit fondre-148 “hvr. 14 onc. x gros de glace. Mais une livre d'huile d'olives, d’après les expériences que j'ai rapportées, Mémoires de l’Acad. ännée 1784, & doht on trouvera un extrait dans le chagitre fuivant, contient:

| x once gros grains,

Charbon 12 $ s

Hydrogène 3 2 67

La con 1buflion de 12 onces ÿ gros $ grains

liv, de glaces

de charbon, ne devoit fondre que _ 76,18723 Et celle de 3 onces 2 gros 67 | |

sa dy drogène ? 62, 1053 : Total, 138,33776 “1 s'en. ef fouidu ae 148, 88330

de dégagement de calorique a donc été plus confidérable qu'il ne devoit Pêtre d’une quantité équivalente à L 10,$45$4 24 Cette différence qui n'eft pas au furplus très- confidérable peut tenir ou à des erreurs 1névi: tables dans les expériences de ce genre, ou à ée que la compoftion de l'huile n'eft pas en- core aflez rigoureufement connue. Mais il en

PrAN D'EXPÉRIENC. SUR LE Car ôki@, EYÉ

réfulte : toujours qu'il y à déjà béaucoup. d'en: | femblé & d'accord dans marche des éxpé- riences relatives à la combinaifon & au déga- gement du cälorique, | |

Ge qui refte à faire dans moment & dont nous fommes occupés, eft de déterminer ée que Poxygène conférvé de calorique dans com: binaifon ayec lés métaux pour les convertir en oxides ; ce que l’hydrogène éèn contient dans les différens états dans léfquels | peut exilter ; enfin de connoïtre d’une maniere plus exacte a quautité de calorique qui fe dé- gage dans la formation de l’eau. Il nous refle fur cetté détermination une incertitude aflez grande qu'il éft néceflaire de levér par de hors velles expériences, Ces diflérens points bien connus, & noûs éfpérons qu'ils le feront bien- tÔt, nous nous trouverons vraifemblablement obligés de fairé des corrections, peut être même aflez confidérables , à la plupart dés rélulrats qué je viens d’éxpoler; mais je nai pas cru que füt uue raïfon de différer d’en aider ceux qui pourront propoler de travailler für même objet, Il ef difficile quand on chers che les élémens d’une fciénce nouvelle , de ne pas commencer par des à-peu- -près; & il eff jare qu'il foit polfible de la porter dès le pre- imiér jet à fon état de perfedion.

Hi

116 Des COMBUSTISLES COMPOSÉ,

CHAPITRE X.

De la combinaifon des Subflances combufbles

des urnes avec les autres.

ES fubflances combuflibles étant en géné ral celles qui ont une grande appétence pour l'oxygène , il en réfulte qu’elles doivent avoir de l'afinité entrelles, qu’ellés doivent tendre à combiner les unes avec les autres: que funteadèm

uni tertio funt eadem inter fe; & c'elt ce qu'on

obferve en effet. Prefque tous les mécaux, par

exemple, font fufceptibles de fe combiner les uns avec les autres, & il en réfulte un ordre de compofés qu'on nomme älliage dans les ufages de la fociété. Rien ne s’oppofe à ce que nous adoptions cette expreffion: ainfi nous dirons que la plupart des métaux s’allient les uns avec les autres ; que les alliagés , comme toutes les combinaifons, font fufceptibles d'un ou de plufieurs degrés de faturation : que les fubitan- ces métalliques dans cet état font en général plus caffantes que lès métaux purs , fur-tout lorfque les métaux alliés diffèrent beaucoup par leur degré de fufibilité; enfin nous ajouterons que c’eft à cette différence des degrés de fu-

Des AELYAGES MÉTALLIQUES. 117 fibilité des métaux que font dus une partie des phénomènes particuliers que préfentent les al. liages, tels, par exemple, quela proprité qu'ont - quelques efpèces de fer d’être caffans à chaud.

Ces fers doivent être confidérés comme un al- hage de fer pur, métal prefqu'infufible , avee une petite quantité d’un. autre métal, quel qw'il joit, qui fe liquéfie à une chaleur beaucoup plus douce. Tant qu'un alliage de cette efpèce eft froid , & que les deux métaux font dans Vétat folide, il peut être malléable : mais fi on le chaufle à un degré fuffant pour quéfier celui des deux métaux qui eft le plus fufible, des. parties liquides interpofées entre les folides doivent rompre la olution. de continuité , & le fer doit dévente caffant.

À Pégard “des alliages. du- mercure avec les métaux, on a coutune de les défigner fous le nom d’amalgame , & nous n'avons vu aucun in- convénient à leur conferver cetie dénomination.

Le foufre, le phofphore, le charbon font également fufceptibles- de fe combiner avec les métaux ; les combinaifons. du foufre ont été _en général défignées. fous le nom. de pirites ;

les autres n’ont point été nommées , ou du moins elles ont recu des dénominations fi mo- dernes que rien ne s’oppole à ce qu’elles foient changées. e

El ni}

ÿx8 Des Surrurrs, PHo:nnures, &c.

Nous avons donié aux premières de ces combinaifons le nom de fulfures , aux fecondés celui de phofphures, enfin aux troifièmes celui de carbures Ainfi le foufre, le phofphore, le charbon oxygénés forment des oxides ou des acides ; mais lorfqu'ils entrent dans des com- binaifons fans s'être auparavant oxygénés, ils forment des fulfures,; des phofphures & des carbures. Nous étendrons même ces dénomina- tons aux combinaifons alkali ines ; ainft nous défignerons fous le nom de Rire de potafle , h combinaifon du foufre avec la potafle cu alkali fxe végétal, & fous le nom de fulfuré d'ammoniaque combinaifon du foufre avec Falkal volatil ou ammoniaque,

L’hydrogène, cette fubflance éminemment combufible eft aufli fufceptible de fe combiner: avec un grand nombre de fubltances combufz tibles, Dans l’état de gaz il diffout le carbone, te foufre , le phofshore & plufeurs métanx. ct défignerohs ces combinaifons fous le nom

e gaz bydrogène carbonifé, de gaz hydrogène Mc , de gaz hydrogène shéfsharité Ee fécond de ces gaz, le gaz hydrogène füulfurifé eft celui que les chimifles ont défigné fous le nom de gaz hépatique, & que M. Schéele a DOMMÉ gaz puant du Joufre ; c'eft à lui que quelques eaux minérales doivent leurs venus;

Du GAZ HYDROGÈËNE PHOSPHORISÉ 119

c'eft aufMfi à fon émanation que les déjedions animales doivent principalement leur odeur in< fede. À l'égard du gaz hydrogène phofphorifé,. il eft remarquable par Ja propriété qu'il a de s’enflammer fpontanément lorfqul a Le conta& de Pair mieux encore celui du gaz oxigène 4 comme Pa découvert M. Gengembre. Ce gaz a l’odeur du poiffon pourri, & il eft probable | qu'il s’exhale en effet un véritable gaz hydro- gène phofphorifé de la chair des poiffons par: la putréfa&ion.

Lorfque l'hydrogène & le carbone s ’unifent enfemble fans que l’hydrogène ait été porté à Pétat.de gaz par le calorique , il en réfulte une combinaifon partieulière connue fous. le non

“d'huile, & cette huile eft ou fixe ou volatile, fuivant pe PrOpo ONE de l'hydrogène & du carbone.

Il ne fera pas inutile d’obferver ici qu’un des

principaux caradères qui difingue les huiles fixes retirées des végétaux par exprellion d'avec les huiles volatiles ou effentielles, e’eit que les DURÉE contiennent un excès de carbone qui s'en fépare lorfqu’on les échaufe au-delà du degré de Peau bouillante : les huiles volatiles _ au contraire étant formées d’une plus jufte pro- portion de carbone & d’hydrogène , ne font point fufceptibles d’être décompofées à un degré de Hiv

ÿ20 DEs ComBrNArSONSs HUIrEUSES. chaleur fupérieur à l’eau bouillante ; les deux principes qui les conflituent dE unis s ils fe combinent avec le calorique pour fraise ün gaz, & C'eft dans cet état que ces huiles paffent dans a difüllation. : J'ai donné la preuve que les huiles étorent ainfi compofées d'hydrogène & carbone dans, un mémoire fur la combinaifon de l'efprit de. vin & des huiles avec Poxygène , imprimé dans le recueil de P Académie, année r784, page 503. On ÿ verra que les huiles fixes en brülant dans le gaz oxygène fe convertiffent en eau & en âcicle carbonique , & qu'en appliquant le calcul à expérience , elles font compofées de 21 LUS d'hydrogène & de 79 parties de carbone. Peut-être les fubflances huileufes folides:, telles que la cire, contiennent-elles en outre un peu d’oxigène auquel elles doivent leur état folide, Je fuis au furplus occupé dans ce- moment d expériences qui donneront un grand re pement à toute cette théorie. . C'eft une queflion bien digne d’êtré exami- née , de favoir fi l'hydrogène et fufceptible de: fe combiner avec le foufre, le phofphore &: même avec les métaux dans Pétat concret, Rien | n'indique fans doute à priorr que ces combi= naifons foient impoffibles; car puifque les corps eombuñlibles font en général fufeeptibles de fe

\

_ Des ComBiN. HYDROGENO-MÉTAELIQ. 725

combiner les uns avec les autres, on ne voit pas pourquoi hydrogène feroit exception. Mais en même-tems aucune expérience direde ne prouve encore ni la poñfibilité ni Pimpofhbilité de cette union. Le fer & le zinc font de tous les métaux ceux dans lefquels on feroit le plus en droit de foupçonner unie combireifon d’hy- drogène : mais en même-tems ces métaux ont la propriété de décompofer Peau ; & comme dans les expériences chimiques il eft difficile de fe débarraffer des derniers vefliges d’humi- dité, il n'eft pas facile de s’aflurer fi les petites portions de gaz hydrogène qu'on obtient dans quelques expériences far ces métaux leur étoient combinées , bien ff elles proviennent de la décompofition de quelques molécules d’eau. Ce qu'il y a de certain, c’eft que plus on prend foin d’écarter l’eau de ce genre d'expérience, plus la quantité de gaz hydrogène diminue, & qu'avec de très-grandes précautions on parvient à n’en avoir que des quantités prefque infen- fibles. | ‘ras

Quoi qu'il en foit, que les corps combuftibles, notamment Je: foufre , le phofphore & les mé- taux, foient fufceptibles ou non d’abforber de l'hydrogène, on peut affurer au moins qu'il ne sy combine qu'en très-pétite quantité ; & que cette combinaifon loin d’être effentielle à leur

122 RAR HYDROGENO- -MÉTALESS

conflitution » He peüt être regardée que comme une addition FAngeres -qui en altère la pureté. C’eft au furplus à ceux qui ont embraffé ce fyflême à prouver par des expériences décifives lexiftence de cet hydrogène, & jufqu’à pré= fent ils n’ont donné que des conjeclures ap- puyées fur des fuppoñiions.

D:s ActDEs À PLUSIEURS BASES. 123

CHAPITRE XI

Confidérations fur les Oxides & Les Acides à plufieurs bafes ; & fur compofirion des . matières végétales & animales. N OUS avons examiné dans le chapitre cin- quième & dans le chapitre huitième quel étoit ‘le réfultat de la combuftion & de l’oxygénation des quatre fubllances combuftibles fimples, le phofphore, le foufre, le carbone & l’hydro- gène : nous avons fait voir dans le chapitre dixième que les fubfances combuftibles finples étoient fufceptibles de fe combiner les unes avec les autres , pour former dés corps combuftibles compolés, & nous avons obfervé que les huiles . en général, principalement deshuiles fixes des végétaux, appartenoient à cette claffe, & qu’elles étoient toutes compoféés d'hydrogène & de carbone. Il me refte à traiter dans ce chapitre de Poxygénation des corps combufibles com- pofés, à faire voir qu'il exifle des acides & des oxides à bafe double & triple, que la nature nous en fournit à chaque pas des exemples, & que c’efl principalement par ce genre de come binaïfons qu'elle eft parvenue à former avec

124 ACIDE NITRO-MURIATIQUE. un aufli petit nombre d’élémens .ou .de cOtps fimples une auffi grande varicté de réfultats. On avoit très-anciennement remarqué qu’en mélant énfemble de l'acide muriatique & de Facide nitrique, il en ré@ltoit un acide mixte qui avoit des propriétés fort différentes de celles des deux acides dont il étoit compofé. Cet acide a été célébre par la propriété qu'il a de difoudre l'or ; Ze Roi des méraux: dans le lan- gage alchimique, &c’eft de-là que lui a cté donnée la qualification brillante d’eau régale. Cet acide mixte, comme l’a très-bien prouvé M. Berthollet, a des propriétés paräiculières dépendantes de l’adion combinée de fes deux bafes acidifiables, & nous avons cru par cette’ raifon devoir lui conferver un nom particulier... : Celui d'acide nitro-muriatique nous.a paru le plus convenable, parce qu'il exprime la nature des deux fubflances qui entrent dans fa coin :poftion, Mais ce phénomène qui n’a été obfervé que pour l'acide nitro-muriatique fe préfente con: tinuellement dans le règne végétal : il eft infi- piment rare d’y trouver un acide-fimple, c’eft: à-dire qui ne foit compofé que d’une feule bafe acidifiable: Tous les acides de ce règne ont pour bafe l'hydrogène & le carbone, quelque. fois l'hydrogène , le carbone & le phofphore,,

=:

\

ACIDES VÉGÉTAUX ET ANIMAUX, jf

le tout combiné avec une proportion plus ou - moins confidérable d'oxygène. Le règne Végé=

tal a également des oxides qui font formés des mêmes bafes doubles & triples, mais moins Oxygénés,

Les acides & oxides du règne atimal font encore plus compolés ; il entre dans la com2- binaïfon de la plupart quatre bafes acidifiables

l'hydrogène, le carbone, le phofphore & Pazote. _ Je ne m'étendrai pas beaucoup ici fur cette matière fur laquelle il n’y a pas long-tems que je me fuis formé des idées claires & métho- diques : je la traiterai plus à fond dans des Mémoires que je prépare pour l'Académie, La plus grande partie de mes expériences font faites, mais il eft néceffaire que je les répète & que je les multiplie davantage, afin de pouvoir donner des réfultats exaûs pour les quantités. Je me contenterai en conféquence de faire une courte énumération des oxides & acides végé- taux & animaux , & de terminer cet article par quelques réflexions fur la conflitution végétale & animale.

Les oxides végétaux à deux bafes font le fucre, les différentes efpèces gomme que nous avons réunies fous le nom générique de muqueux, &Vamidon. Ces trois fubffances ont pour radical Fhydrogène & le carbone com:

336 ÔXIDES HYDRO-CARBONEU x? binés enfenible , de manière à ue former qu'uné feule bafe, & portés à l’état d’oxide par une portion d'oxygène ; ils ne diffèrent que pai la proportion des principes qui compofent la bafe. Oùi peut de l'état d’oxide les fäire pates à celui d’acidé en leur combinant uié nouvelle quantité d'oxygène, & on forme aioft, fuivant le degré d’oxggénation & la proportion lhydrogène & du carbone , les différens aci- dés végétaux, k

Il ne s’agiroit plus pour äppliquer à la no- imenclature ne acides & des oxides végétaux les principes que nous avons précédemment établis pour les oxides & les acides minéraux; que de leur donner des noms relatifs à la na- ture des deux fübflances qui compolent leur

bafe..Les oxides & les acides végétaux feroïent

alors des oxides & des acides hydro-carboneux+ bien plus on auroïit encore dans cette méthodé l'avantage de pouvoir indiquer fans périphrafes quel eft.le principe qui-éft en excès, comme M. Rouelle lavoit imaginé pour les extraits végétaux : il appeloit extracto-réfineux celui l'extrait dominoit ; & réfino-extradif.celui qui participoit davantage de la réfines

. En.partant des.mêmes principes, & en va

xiant fes terminaifons pour donner ‘encore plus détendue à ce langage, on.auroit pour défigner

| INOMENCLATURE 27 les acides & les oxides végétaux, les dénomi- Hations fuivantes :

Oxide hydro-carboneux. Oxide hydro-carbonique.

Oxide carbone-hydreux. Oxyde carbone-hydrique,

Acide hydro-carboneux. Acide hydro-carbonique. Acide hydro-carbonique oxÿgénés

Acide carbone-hydreux. Acide carbone-hydrique. Acide carbone-hydrique oxygéné. se

Il ef probable que éetté variété de lahpagé fera fuffifante pour indiquer toutes les variétés que nous préfente la nature ,:.& qu'à mefure que les acides végétaux feront ‘bien connus, ils fe rangeront naturellement & pour, aïinfr dire d'eux-mêmes dans le cadre que nous ve- . nons de préfenter. Mais il s’en faut bien qué nous foyons encore en état de pouvoir faire une claMification méthodique de ces fubftances + nous favons quels font les principes qui les compolent, & il me refte plus aucun doute à cet égard ; mais Les proportions font encore inconnues. Ce font ces confidérations. qui nous ent déterminés à conferver provifoirement les

428 NoMENCLATURE PROVISOIRE, noms anciens ;.& maintenant encore que je fuis un peu plus avancé dans cette carrière que je ne l’'étois à l’époque notre elfäi de nomen- clature a paru, je me reprocheroiïs de tirer des conféquences trop décidées d'expériences qui ne font pas encore aflez précifés ? mais en con- venant que cêtte partie de la Chimie refte en fouffrance , je puis y ajouter lefpérance qu’ellé fera bientôt éclaircie.

Je me trouve encore plus impériéufement for- de prendre le même parti à égard des oxides & des acides à trois & quatre bales , dont le règne animal préfente un grand nombre. d'exem- ples ; & qui fe rencontrent même quelquefois dans le règne végétal. L’azote; par exemple, en- tre dans la compoñtion de l'acide pruffique; ils y trouve joint à l'hydrogène &au carbone; pour former une bafe triple ; ilentre également ; à ce qu'on peut croire ; dans lacide gallique. Enfin prefque tous les acides animaux ont pour bafe l'azote, le phofphore ; hydrogène & le car+ bone.. Une nomenclature qui entreprendroit d'exprimer à la fois ces quatre bafes & feroit méthodique fans doute ; elle auroit l'avantage d'exprimer des idées claires & déterminées : mais cettécumulation de fubftantifs &d’adjectifs grecs & latins, dont les Chimifles même n'ont'point

encore admis généralement l’'ufage , fembleroit préfenter

NOMENCLATURE PROVISOIRE. 129 préfenter un langage barbare, également difficile à retenir & à prononcer. La perfe&ion d’ailleurs de la fcience doit précéder celle du langage, & il s’en faut bien que cette partie de la Chimie foit encore parvenue au point auquel elle doit arriver un jour. Îl eft donc indifpenfable de conferver, au moins pour un tems, les noms anciens pour les acides & oxides animaux, Nous nous fommes feulément permis d’y faire quel« ques légèrés modifications ; par exemple, de ter- miner én eux la dénomination de ceux dans lef- quels nous foupconnons quie le principe acidifia- ble eft en excès, & de terminer au contraire em ique nom de ceux dans lefquels nous avons lieu de croire que l’oxygène eff prédominant.

Les acides végétaux qu’on connoît jufqu'à préfent, font au nombre de treize ; fayoir :

_ L’acide acéteux. |

. L’acide ACÉT/QU Es L’acide oxalique. L’acide tartareux. L'acide pyro - tartareux, L’acide citrigue: L’acide malque. 4 L’acide pyro-muqueux, Lacide pyro - ligneuxe . L’acide gall:que. L’acide benzoïque. \

230 ÉQUILIERE ENTRE LES PRINCIPES, L’acidé camphorigue. L’acide fuccinique.

Ouoique tous ces acides FIenEl comme je Pai dit, principalement & prefqu’uniquement compolés d'hydrogène , de carbone & d’oxy- gène, ils ne contiennent cependant, à propre- ment parler, ni eau, ni acide carbonique, ni huile ; mais feulement les principes propres à les former. La force dattraction qu’'exercent réciproquement l’hydrogène, le carbone & l'oxy- : gène, ef dans ces acides dans un état d’équi- libré qui ne peut exifier qu'à la température dans laquelle nous vivons : pour peu qu’on les échauffe au-delà du degré de l’eau bouillante, léquibre eft rompu ; Foxygène & l’hydrogène fe réuniflent pour former de Peau ; une portion

u éarbone s’unit à l'hydrogène pour produiré de l'huile ; il fe forme aufli de l'acide carboni- que par la combinaifon du carbone & de l’oxy- gène ; enfin il fe trouve prefque toujours une quantité excédente de charbon qui refle libre. C’eft ce que je me propofe de développer un peu davantage dans le Chapitre fuivant.

Les oxides du règne animal font encore moins connus que ceux du règne végétal, . & leur nom- bre même eft encore indéterminé. La partie rouge du fang, la lymphe, prefque toutes les fécrétions font de véritables oxides ;-& c’eft

_ACIDES ANIMAUX ri Tous ce point de vue qu'il ft important de les étudier.

Quañt aux acidés animaux , nombre de ceux qui font connus fe borne aduellement à fix; encore efl-il probable que plufieurs de ces acides rentrent les uns dans les autres , OU au moins ne diffèrent que d’une manière peu fene fible, Ces acides font:

#4 L’acide Ja&ique. F’acide faëcho-ladiqué. L’acide bombique, L’acide formique, L’acide fébacique. L’acide prufique,

Je ne place pas l'acide phofphorique au rang dés acides animaux, parce qu'il appartient éga- lement aux trois règnes.

La connexion des principes qui Co eueut les acides & les oxides animaux, n’eft pas plus folide que celle des acides & dés oxides végé- taux ; un très-légér changemént dans la tempé- rature fuffit pour la troubler, & c’elt ce que j'efpère rendre plus fenfible par les obferva- tions que je vais rapporter dans le Chapitre fuivant,

4

Fur

132 DÉcComrosiTroN Des VécérAux,

CHAPITRE XIE

De la décompofition des Matières végétales Ê animales par l'aélion du feu. |

La bien concevoir ce qui fe pañle dans Ja décompofition des fubflances végétales par le feu, il faut non-feulement confidérer la na- ture dés principes qui entrent dans leur com- pofition , mais encore les différentes forces d’attraion que les molécules de ces principes exercent les unes fur les autres, & en même- tems celle que le calorique exerce fur eux.

Les principes vraiment confitutifs des végé- taux fe réduifent à trois ; comme je viens de Vexpofer dans le Chapitre précédent ; l’hydro- gène , l'oxygène & le carbone. Je les appelle 1 confliutifs, parce qu'ils font communs à tous les végétaux, qu'il ne peut exifler de végétaux | fans eux ; à la différence des autres fubflances qui ne font effentielles qu’à la conftitution de tel végétal en particulier , mais non pas de tous les végétaux en général. |

De ces troïs principes, deux, Phydrogène & l'oxygène , ont une. grande tendance à s’umis au calorique & à fe converti en gaz; tandis

DéCOMPOsITION DES VÉGÉTAUX. 133 que le carbone au contraire eft un principe fixe & qui a très-peu d’affinité avec le calorique.

. D'un autre côté , Foxygène qui tend avec un degré de force à peu près égale à s'unir, foit avec l’hydrogène , foit avec